Après 37 ans d’activités, le CJARC est tourné vers de nouvelles perspectives,

A l’ORIGINE Octobre 1984, rencontre de coco Bertin et de Martin Luther à la Réhabilitation Institut for the Blind (RIB) DE Buea sud-ouest Cameroun Avril 1986 naissance d’une idée de création d’une association d’encadrement des aveugles entre Coco Bertin et Martin Luther Juin 1986, Coco Bertin et Martin Luther rencontrent le philosophe et écrivain René PHILOMBE pour la création d’une association à Yaoundé. À la sortie de cet échange, le nom coopératif des jeunes aveugles réhabilités de Yaoundé (COJARY) est trouvé. 04 Août 1988, assemblée Générale du COJARY qui devient CJARC dans le bureau de Monsieur OKO MENGUE à la CNPS à Yaoundé. Le 20 septembre 1990, le CJARC est légalisé sous le numéro 001263/20 par le ministère de l’administration territoriale.   LES PREMIERS PAS 1994, le CJARC construit son tout premier siège en bois dans l’enceinte des services des affaires sociales à ESSOS-Yaoundé. 1995, création des deux premières antennes du CJARC à NDJOMBE et à DOUALA dans le littoral Cameroun. 1997, le CJARC initie le projet de création de l’association sportive des aveugles et mal voyants du Cameroun (ASAMC), grâce à une idée de René MINKONG. Martin Luther est le président et Coco Bertin le premier secrétaire. 1998, le CJARC accueille ses tous premiers bénévoles, qu’il appelle les bénévoles de l’espoir, de nationalité française. Il s’agit de Carole DECODIN et Jacky LEMOING.   L’ENVOL 05 juillet 2001, lancement des travaux de construction de l’immeuble siège du CJARC à EKIE, à Yaoundé 15 juillet 2002, le CJARC aménage dans son nouveau siège. 05 septembre 2003, autorisation de création de l’école inclusive Louis Braille du CJARC par le ministre de l’éducation nationale. 30 décembre 2003, S.E. Madame Chantal BIYA inaugure l’immeuble siège du CJARC en présence de Madame Cécile MBOMBA NKOLO, ministre des affaires sociales. 2005, signature de la convention de partenariat entre le CJARC et le ministère de la jeunesse pour le projet d’alphabétisation fonctionnelle des aveugles au Cameroun 2009, la visite de Madame le Ministre de l’éducation de base et Mr l’ambassadeur de suisse pour la présentation de la contribution du CJARC à l’éducation inclusive au Cameroun. 19 février 2013, arrêté du ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation portant agrément du CJARC au statut d’ONG.   UNE ONG EN PLEIN ESSOR 2014, Obtention du statut consultatif de l’ECOSOC. 2015, COCO BERTIN est nommé administrateur de L’UFA en charge de l’Afrique centrale. 2017, le CJARC obtient le statut D’OSP (œuvre sociale privée) du ministère des affaires sociales. 2018, le CJARC, en collaboration avec ELECAM, transcrit les bulletins de vote en braille pour les élections présidentielles. 2019, construction en matériaux définitifs de l’école. 2018-2019, construction du centre nationale de l’inclusion. 2019/2020, première promotion de l’ENIEG privée bilingue inclusive Louis braille. 2019, Signature d’une convention de partenariat avec ICT University, convention par laquelle les bénéficiaires et le personnel du CJARC reçoivent une bourse de formation, A ce jour, 06 personnes en ont bénéficié. 04 en master et 03 en PhD, 2020, le CJARC en collaboration avec ELECAM, transcrit les bulletins de vote en braille pour les élections législatives et municipales. 2020, mise en place du centre multimédia inclusif avec le financement du gouvernement camerounais à travers le Minpostel   AU SERVICE DE LA NATION 2020 mises en place du projet HANDIPROTECT RIPOSTE COVID 19 (2020/2021) Distribution des Kits alimentaires et sanitaires et des moyens de locomotion dans toutes les 10 régions du Cameroun. Financement de 10 microprojets de développement avec le partenariat d’INTERACTION Mise sur pied de la plateforme OPENDATACAM Septembre 2020, mise en place des ateliers d’insertion socioprofessionnelle pour enfants à besoins spéciaux Octobre 2020, Accord de partenariat avec l’ENS de Bertoua Mai 2022, Audit d’accessibilité a GUINNESS CAMEROUN Depuis janvier 2022 projet SUPEH Mars 2022 Renouvellement du statut d’ONG du CJARC par le MINAT Mai 2023 Mise en Œuvre du Projet HANDIKRIBI pour la participation des Personnes Handicapées dans la protection Des écosystèmes et la sécurité alimentaire Mai 2024, lancement de la toute première promotion de l’IFPICB De janvier à octobre 2024 construction et inauguration de 4 nouvelles salles de classe offert par l’ambassade du Japon   SOLLICITATION A L’INTERNATIONAL ACTION A L’INTERNATIONALE (2021-2023) Participation au sommet du numérique de Bruxelles/NAMUR  2021) Décembre 2021 Tournée de distribution des cannes blanches en Afrique centrale. Janvier 2022 formation en transcription braille au CONGO Brazzaville Septembre 2023 Réception de distinction de Doctorat Honorifique Honoris Causa par le DG du CJARC Coco Bertin en Californie aux Etats Unis Avril 2023 visite de la Grace Church de Philadelphie en Pennsylvanie aux Etats unis en remerciement des dons des cannes blanches offertes au CJARC Juillet 2023 participation à la convention Nationale de la Fédération des aveugles des Etats unis au Texas Juin 2025, participation séjour d’été à Oberbronn en France

Allaitement maternel : le Cameroun peut mieux faire

  Le pays est encore en deçà des objectifs mondiaux fixés pour l’année 2025. La célébration de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (Smam) qui s’est étalée du 1er au 7 août 2025 a permis de passer en revue la situation de l’allaitement maternel au Cameroun et les principaux défis. L’évènement a également été une opportunité stratégique pour sensibiliser les médias sur l’importance de l’allaitement maternel pour la survie, la croissance et le développement sain des enfants. Le café média organisé par l’Unicef à cet effet a été un cadre d’échanges entre les la vingtaine de journalistes mobilisés et les spécialités nutrition et communication de l’Unicef, les responsables du Ministère de la Santé Publique et les représentants des organisations de la sociétés civile.  Lesdits échanges ont tourné autour du thème de la Smam 2025 à savoir : « Prioriser l’allaitement : créer des systèmes de soutien durables ». De cette rencontre, il ressort qu’au Cameroun, bien que plus de 90 % des femmes allaitent leurs bébés, la pratique de l’allaitement maternel exclusif reste insuffisante. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2018, seulement 39,7 % des enfants de moins de six mois sont allaités exclusivement. Ce chiffre est en deçà des objectifs fixés par l’Assemblée mondiale de la santé, qui visent 50 % d’ici 2025 et 60 % d’ici 2030. Par ailleurs, la mise au sein immédiate après la naissance est encore faible : 43,1 % dans les formations sanitaires et 35 % à domicile. De plus, seulement 23 % des femmes poursuivent l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans.  Des défis persistants Les défis majeurs incluent entre autres le manque de soutien dans les établissements de santé, l’’absence de politiques favorables à l’allaitement sur les lieux de travail, la persistance de pratiques culturelles et sociales qui nuisent à l’allaitement exclusif. Et la commercialisation agressive des substituts de lait maternel. Pour répondre à ces défis, le Plan Multisectoriel de Développement de la nutrition 2024–2030 prévoit des actions pour améliorer les taux d’allaitement, notamment à travers la formation du personnel de santé, la sensibilisation communautaire, et le renforcement des politiques publiques. Créer des systèmes de soutien durable Selon Nadine Perrault, Représentante de l’Unicef au Cameroun, l’allaitement maternel est une affaire de tous.  Les hommes doivent s’impliquer au même titre que les autres membres des communautés.  Au rang des mesures, il y a l’amélioration des politiques nationales et du cadre juridique. Le gouvernement doit encadrer les congés de maternité pour les femmes qui travaillent, promouvoir l’égalité du genre, mettre en place des politiques qui visent la création dans les entreprises les espaces où les femmes peuvent allaiter leurs bébés. Il faut revoir les dispositions du code de travail, appliquer le code international de commercialisation des substituts du lait maternel, interpeller le secteur privé et le ministère en charge du commerce. Le deuxième système repose sur l’amélioration des infrastructures de santé. Il faut à cet effet créer des structures de santé adaptées où la promotion de l’allaitement maternel est présente dès l’accueil, les maternités et les services de vaccination et de consultation prénatales. Il faut encourager les hôpitaux amis des bébés, institutionaliser l’allaitement maternel dans tous les services. Le troisième pilier d’un système durable de l’allaitement maternel est celui du renforcement du système communautaire et familial. Il faut engager les membres de familles et de la communauté à soutenir la femme et mettre en place des groupes de soutien.  La Protection sociale est aussi essentielle à travers la création des filets de protection sociale des familles vulnérables telles que les réfugiés et les déplacés internes. Il y a un nécessité de faire des changements dans la législation et le soutien. Il y a également lieu de sanctionner les infractions, sensibiliser les personnels de santé au conflit d’intérêt, surtaxer les substituts du lait maternel afin d’amener les mamans à privilégier l’allaitement au sein. Allaiter c’est aimer, protéger et nourrir. L’allaitement maternel est reconnu comme une pratique essentielle pour la santé du nourrisson et de la mère, contribuant à la réduction de la mortalité infantile, à la prévention des maladies et à la prospérité des communautés. Chaque dollar investi dans l’allaitement génère jusqu’à 35 dollars de retombées économiques.   Selon le Pr Anne Esther Njom Nlend, pédiatre, représentante régionale du Centre de l’Ordre National des médecins du Cameroun, « il s’agit de la lutte contre la survie de la maman et du nouveau-né ».  Elle soutient par ailleurs que le Vih/Sida n’est pas un problème pour l’allaitement maternel. Les évolutions scientifiques ont permis de mettre en place une solution à travers un vaccin qui doit être administré en salle d’accouchement, plus précisément dans les 24h après l’accouchement. C’est la raison pour laquelle il faut bâtir des environnements favorables à l’allaitement, à travers des politiques, des financements et des services adaptés.  Les Média doivent se mobiliser autour de ces enjeux pour renforcer la couverture médiatique et le plaidoyer en faveur de l’allaitement maternel. Ils doivent par conséquent rapporter régulièrement et de manière efficiente sur les droits de l’enfants et de faire un meilleur traitement des faits d’actualité liés aux droits de l’enfant.                                                                               Prince Mpondo  

Adoption d’une majorité sanitaire au Cameroun : Un impératif pour protéger la jeunesse

« Nous, les jeunes, sommes vulnérables, exposés aux relations sexuelles à risque, aux liaisons intergénérationnelles, au phénomène des Suger daddies, aux drogues et aux autres substances, et souvent privés de la bonne information. Pourtant nous sommes sexuellement actifs et nos parents continuent de l’ignorer. C’est pourquoi il est urgent d’instaurer une majorité sanitaire », plaide Laure Lontsi, chargée des programmes du Recaj+ (Réseau camerounais des adolescents et jeunes positifs). Elle a fait entendre la voix des jeunes lors du Café média organisé le 20 Août 2025 au siège de l’Onusida à Yaoundé. C’était à l’initiative de la Coordination Nationale -Cameroun du Réseau des Média Africain pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).  Cette organisation professionnelle des médias sous la conduite de son Coordonnateur pays, Prince Mpondo accompagne le RECAJ+ et l’Onusida dans la mise en œuvre des activités de communication médiatique des différents projets. Une jeunesse fragile face aux défis de Santé Les adolescents et les jeunes traversent une période de transformation physique et psychologique qui les rend particulièrement exposés. Leur immaturité et leur manque de repères en matière de Santé, notamment sexuelle et reproductive les placent dans une position de grande vulnérabilité. La santé reproductive qui englobe la santé maternelle, la planification familiale, la fertilité, la prévention des infections sexuellement transmissibles et le bien -être des adolescents, est au cœur du droit à la santé. Elle est reconnue par des textes internationaux et régionaux que le Cameroun a ratifiés notamment le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.  Le VIH/SIDA : Un défi toujours présent Malgré les progrès réalisés, le VIH/Sida reste une menace sanitaire majeure. En 2022, le Cameroun comptait près de 480.000 personnes vivant avec le virus, dont 9mille 905 nouveaux cas enregistrés la même année. Chez les adolescents de 15 à 19 ans, la prévalence se situe entre 2,5 et 3,8%.  Face à ce constat, le Gouvernement s’est engagé dans l’atteinte des objectifs de la stratégie 95-95-95 de l’Onusida et a mobilisé divers organes spécialisés comme le Comité National de Lutte contre le Sida ou la Direction de la Santé familiale. La société civile avec des associations RECAJ+, AFASO, ou encore ICWEA, joue également un rôle essentiel sur le terrain Des obstacles persistants Cependant, les jeunes continuent de rencontrer de nombreux freins à l’exercice effectif de leur droit à la santé. Des barrières juridiques, liées à l’absence d’une majorité sanitaire clairement définie.  Des contraintes économiques et financières, des pesanteurs socioculturelles et des tabous, une insuffisance d’infrastructures et services adaptés. Ces obstacles les maintiennent dans une situation d’impuissance face à des risques réels croissants. Pour une reforme audacieuse La mise en place de la majorité sanitaire apparait comme une réponse concrète et nécessaire. Elle permettrait d’offrir aux jeunes l’accès à des services de santé adaptés, une éducation complète à la sexualité et une meilleure protection face aux dangers qui les guettent. Adopter une majorité sanitaire, c’est responsabiliser les jeunes et leur donner les outils pour rester en bonne santé. C’est aussi renforcer la cohérence des politiques publiques et mobiliser davantage des ressources budgétaires dans un contexte où l’appui des bailleurs traditionnels tend à diminuer. Une approche inclusive La protection des droits sexuels et reproductifs des jeunes doit reposer sur une synergie entre l’Etat, les Collectivités locales, le secteur privé et la société civile. Il s’agit non seulement d’un enjeu sanitaire, mais aussi d’un investissement pour l’avenir. Car une jeunesse en bonne santé est une jeunesse capable d’assumer son rôle de fer de lance de la nation.

Allaitement maternel se raconte et se révèle protecteur à vie

  « Tant que l’enfant est au sein il ne connait ni la faim ni la maladie ».  La phrase lancée avec un sourire par le Dr Siméon Nanama, résonne comme une évidence et un proverbe de sagesse africaine. Ce mercredi 6 Août 2025, derrière les écrans, une soixantaine de journalistes Africains écoutent attentivement. Le Webinaire du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) en collaboration avec le Bureau régional l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est lancé. Le thème du Jour : « et si l’allaitement maternel m’était conté ? ».  L’allaitement maternel : Un héritage culturel avant d’être une recommandation.   « Contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’allaitement maternel ne serait pas une invention des organisations internationales. C’est une tradition que nos arrières-grands -parents pratiquaient, un lien profond entre les ancêtres et l’enfant », affirme le Dr Badarou, medecin en santé publique et spécialiste de la Santé maternelle et infantile. A l’écran, il diffuse une vidéo de contes Yoruba, où la voix chaude d’un narrateur raconte la force et la vitalité contenues dans le lait maternel. Un bouclier protecteur dès les premiers instants C’est le Dr Siméon Nanama, Conseiller régional en nutrition pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui a détaillé la dimension de « bouclier protecteur » de l’allaitement maternel. Il a expliqué qu’un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois constitue une protection sur tous les plans. Sur le plan nutritionnel, il apporte 100% des besoins en protéines, matières grasses, vitamines, minéraux et eau, dans des proportions idéales pour le système digestif encore immature du bébé. Sur le plan immunitaire, le colostrum. Ce premier lait jaune et épais agit comme le premier vaccin naturel, prévenant les infections respiratoires et les diarrhées, causes majeures de mortalité infantile. Mais la protection va bien au-delà.  « Des évidences scientifiques montrent que l’allaitement réduit, à long terme le risque de diabète, d’obésité, d’hypertension et contribue à former des générations en meilleure santé », a souligné Dr Nanama avant d’ajouter que : « Chez la mère, il diminue les risques de cancers du sein et de l’utérus, facilite la récupération après l’accouchement et peut même contribuer à l’espacement des naissances ». Un geste qui nourrit aussi le cœur Le webinaire a aussi mis en avant le rôle affectif de l’allaitement qui tisse un lien émotionnel fort entre la mère et l’enfant, créant une sécurité mutuelle. « Les six premiers mois sont la priorité où le cerveau se développe le plus vite », a rappelé Dr Nanama, en soulignant que le lait maternel contient les acides gras essentiels nécessaires à ce processus et qu’il améliore la concentration et les capacités d’apprentissage. Des obstacles à lever Malgré ses bienfaits, l’allaitement maternel fait face à des freins. Il s’agit de la promotion agressive des laits artificiels, parfois jusque dans les maternités, semant le doute chez les mères.  Il y a aussi le manque de soutien en structures de santé, avec la séparation mère-enfant ou l’absence de mise au sein précoce.  L’autre obstacle et pas le moindre est le déficit de personnel formé pour accompagner et rassurer les nouvelles mamans.  Echanges riches avec les journalistes A l’issue des présentations, Dr Nanama et Dr Badarou ont répondu aux nombreuses questions des journalistes, revenant sur les aspects pratiques, culturels et scientifiques de l’allaitement. Les échanges ont permis de renforcer la compréhension du rôle vital de cette pratique, au croisement de la Santé Publique et de l’héritage culturel.                                                                           Prince Mpondo

Santé des adolescents : De grands vides juridiques qui interpellent

L’un des vides soulignés dans le rapport d’évaluation des obstacles juridiques au droit à la santé des adolescents et jeunes au Cameroun, est l’absence d’une définition juridique des notions de jeune etadolescent. Les notions de jeune et d’adolescent ne sont pas réceptionnées en droit positif. Une revue de la législation et de la réglementation fait en effet ressortir trois (03) notions, à savoir : le mineur,  personne âgée de moins de vingt-et-un (21) ans (article 388 du Code civil), le majeur, personne âgée d’au-moins vingt-et-un (21) ans (article 488 du Code civil)  et l’enfant, personne âgée de moins de dix-huit (18) ans (article 3 de la loi n° 2023/009 du 25 juillet 2023 portant Charte de protection des enfants en ligne au Cameroun ; article 3 de la loi n° 2024/016 du 23 décembre 2024 portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil au Cameroun). Bien plus, il n’existe pas une position commune sur ces notions entre les différentes agences des Nations Unies. A cet effet, la notion de jeune est différemment perçue. L’OMS (20-24 ans) ; l’ONUSIDA (15-24 ans), l’UNICEF (20-24 ans). En outre, le discours politique au Cameroun et la stratégie nationale de la jeunesse positionnent la jeunesse dans la tranche d’âge 15-35 ans. L’on évoque également l’absence de fondement juridique de la « majorité sanitaire » appliquée par certains services de santé sexuelle et reproductive.  Suivant le rapport, il a été donné de constater que la plupart des formations sanitaires ont pour barème le seuil de dix-huit (18) ans pour offrir à un adolescent un service de santé sexuelle et reproductive sans autorisation parentale. Ces dernières se fondent sur les Directives du Comité National de Lutte contre le SIDA pour appliquer cette « majorité sanitaire ». Or, la revue de la législation et de la réglementation en vigueur au Cameroun ne consacre pas cette majorité. En effet, il n’existe au Cameroun que trois (03) majorités, à savoir : la majorité pénale, fixée à 18 ans : article 80 de la loi n° 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal, modifiée et complétée par la loi n° 2019/020 du 24 décembre 2019 ; la majorité électorale, fixée à 20 ans : article 45 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 et par la loi n° 2019/005 du 25 avril 2019  et la majorité civile, fixée à 21 ans : article 488 du Code civil et article 4 de la loi n° 1968/LF/3 du 11 juin 1968 portant Code de la nationalité camerounaise. Cette situation expose les Agents de Santé Communautaire qui proposeraient des services de SSR à des jeunes de moins de vingt-et-un (21) ans à des poursuites judiciaires de leurs parents, sur le fondement de certaines dispositions du Code pénal. Il s’agit notamment de l’article 344 dudit Code qui parle de la corruption de la jeunesse : « est puni d’un emprisonnement d’un (01) à cinq (05) ans et d’une amende de vingt mille (20.000) à un million (1.000.000) de francs, celui qui excite, favorise ou facilite la débauche ou la corruption d’une personne mineure de vingt-et-un (21) ans. L’article 347 quant à lui renvoie à l’outrage à la pudeur sur une personne mineure de seize à vingt-et-un an avec une peine d’emprisonnement pouvant aller de douze (12) mois à dix (10) ans. Parlant de la barrière du secret professionnel sur le statut sérologique , le principal problème  posé est le suivant : le personnel médical ayant connaissance du statut sérologique d’un patient est tenu de ne pas divulguer les informations sur l’état de santé de ce dernier, au risque de s’exposer aux sanctions prévues par le décret n° 83/166 du 12 avril 1983 portant Code de déontologie des médecins et l’article 310 du Code pénal : emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans et amende de vingt mille (20.000) à cent mille (100.000) francs CFA. Certes en règle générale, les médecins font appel aux Assistants psychosociaux pour accompagner le patient séropositif à dévoiler son état de santé à son partenaire. Cependant, il peut arriver, dans certains cas, que le partenaire infecté s’obstine à ne pas informer l’autre de son statut sérologique. Dès lors, ce silence (du patient, tout comme celui du médecin), auquel s’ajoute le fait que le partenaire infecté ne suive pas régulièrement son traitement, met en danger la vie du partenaire sain. Ce dernier en vient souvent à être infecté et, ne se doutant aucunement de la nature de sa maladie, ne suit pas le traitement approprié, toute chose qui l’expose à la mort. Il en est de même des parents qui ont transmis le VIH/SIDA à leurs enfants, et se refusent de le leur avouer. Il conviendrait de modifier la législation et la réglementation en vigueur, en autorisant, à titre exceptionnel, le médecin à dévoiler le statut sérologique de son patient infecté, sous la quadruple condition suivante : le patient infecté ne suit pas régulièrement son traitement ; la charge virale du partenaire infecté est encore détectable et donc transmissible ; le partenaire infecté poursuit des rapports sexuels avec le partenaire sain ;  le partenaire infecté refuse de dévoiler son statut sérologique au partenaire sain. Absence de texte national internalisant les clauses du protocole de maputo Le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, en son article 14, paragraphe 2.c, prévoit le droit à « l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ». Toutefois, depuis la ratification dudit Protocole par l’Etat du Cameroun en date du 13 septembre 2012, aucun texte juridique national n’a réceptionné les clauses de ce Protocole, notamment afin de préciser concrètement la procédure administrative, judiciaire ou juridictionnelle permettant de mettre en œuvre cet article. Bien plus, le Code pénal

Accès des adolescents aux services de santé : le RECAJ+ mobilisent les parties prenantes en vue d’une amélioration

La ville de Mbalmayo a abrité les 15 et 16 avril 2025, un atelier de restitution nationale du rapport d’analyse du contexte juridique camerounais relatif aux droits humains, avec un focus particulier sur les barrières qui entravent l’accès aux services de Santé.  Les travaux tenus sous l’égide des services du premier Ministre ont mobilisé les représentants des administrations concernées et des formations sanitaires les partenaires au développement, les organisations de la société civile et les médias. L’objectif était de permettre aux participants de prendre connaissance du rapport produit par un expert national, de l’examiner, de valider collectivement les recommandations en vue d’une réforme juridique inclusive. De manière spécifique, il était question de présenter les principaux résultats et recommandations de l’évaluation, faciliter des discussions techniques sur les obstacles identifiés (lois, politiques, pratiques discriminatoires) et recueillir les contributions des parties prenantes pour enrichir le rapport et d’élaborer une feuille de route concertée pour le plaidoyer et la mise en œuvre des réformes juridiques et politiques.  Il était aussi question de mettre en place un groupe de travail multi-acteurs pour le suivi des actions post-atelier. Le rapport présenté s’inspire de l’état des lieux qui ressort clairement que l’accès des adolescents et jeunes, en particulier des filles et des jeunes femmes, aux services de santé, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive, reste limité en raison de divers obstacles juridiques et socioculturels. Pour répondre à ces défis, l’ONUSIDA a initié le projet « La réponse communautaire à la stigmatisation, la discrimination et la réforme législative en Afrique de l’Ouest et du Centre », déployée dans six pays, notamment le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République Centrafricaine (RCA), le Sénégal et le Togo, en collaboration avec des organisations communautaires. Au Cameroun, le Réseau Camerounais des Adolescents et Jeunes Positifs (RéCAJ+), avec l’appui technique et financier de l’ONUSIDA, œuvre à améliorer l’accès des adolescents, filles et jeunes femmes à des services de santé inclusifs et respectueux des droits humains. Dans cette optique, un consultant expert juridique a été recruté pour mener une évaluation des obstacles juridiques au droit à la santé des adolescents et jeunes au Cameroun, avec un accent particulier sur la santé sexuelle et reproductive. Cette étude a abouti à un rapport qui met en évidence les principales barrières existantes et formule des recommandations en vue d’une réforme juridique, législative et réglementaire adaptée. Les principaux obstacles identifiés sont notamment l’absence d’une définition juridique des notions de jeune et adolescent, l’ absence de fondement juridique de la « majorité sanitaire » appliquée par certains services de santé sexuelle et reproductive,  la barrière du secret professionnel sur le statut sérologique,  l’ absence de texte national internalisant les clauses du protocole de Maputo, l’ absence d’un statut juridique formel applicable aux agents de santé communautaire et  les sanctions pénales insuffisamment dissuasives en matière de mutilations génitales . Au rang des obstacles socioculturels, le rapport souligne les stéréotypes de genre, les tabous et secrets, l’Influence des chefs traditionnels, l’ignorance des droits sexuels et reproductifs par les adolescents et jeunes, les perceptions des IST comme des maladies de la honte sociale, la perception du sexe comme tabou, la perception de certaines interventions de SRA, notamment la planification familiale, comme une voie vers l’infertilisation des jeunes filles. L’on note aussi l’ancrage de certaines pratiques socio-culturelles néfastes, le relâchement de l’encadrement familial, la faible scolarisation de la jeune fille dans certaines Régions et l’implication insuffisante des leaders religieux, traditionnels et culturels dans la santé reproductive. Le rapport évoque aussi les obstacles économiques avec notamment la pauvreté, le manque de ressources, les coûts élevés des services de santé sexuelle et reproductive peuvent être, le manque de moyens financiers des jeunes qui ne disposent pas encore d’autonomie financière, la précarité des familles, le coût élevé des prestations, examens et médicaments. Parmi les obstacles idéologiques, il y a les idées conservatrices, les croyances religieuses et les stéréotypes de genre. Les obstacles psychologiques également identifiés sont entre autres la Stigmatisation, la honte et la culpabilité, le manque de confiance, la méfiance envers le personnel médical et la Peur de la réaction des autres. Le rapport relève aussi des obstacles institutionnels qui caractérisés par l’accessibilité géographique limitée des Unités de Santé Reproductive des adolescents, l’insuffisante prise en compte de la santé mentale des jeunes vivant avec le VIH/SIDA, l’offre sanitaire insuffisante, la pénurie de personnel qualifié et en nombre suffisant et le déficit de communication sur l’existence et l’offre des services. Pour adresser ces nombreux problèmes identifiés, plusieurs recommandations ont été formulées. Entre autres : l’adoption d’une loi nationale sur la santé sexuelle et reproductive au Cameroun, l’adoption d’un texte réglementaire sur le statut d’Agent de Santé Communautaire pour conférer à ces acteurs qui occupent une place de choix dans le système de santé, le statut de travailleur temporaire, occasionnel ou saisonnier, selon les cas, la prise d’un arrêté du Ministre de la Santé publique pour donner force de droit au Guide du Comité National de Lutte contre le SIDA (Recueil des Directives), et  le renforcement de la sensibilisation/information/éducation sur la santé sexuelle et reproductive.                                                                              Prince Mpondo

Accidents de la circulation routière : le Cnrph sensibilise sur les conséquences dévastatrices

La conférence organisée sur la question le 17 avril 2025 à la salle de conférence du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile Leger (Cnrph) a mobilisé plusieurs parties prenantes.  Sous la houlette de la sous-direction de l’action sociale et la supervision du Directeur général du Centre, les représentants des Ministères des affaires sociales et des transports, les leaders des syndicats du secteur des transports routiers et les représentants des organisations de la société civile se sont fortement mobilisés aux côtés du personnel et des pensionnaires du Cnrph pour soutenir une cause qui concerne tout le monde, les accidents de la Circulation routière.  Un problème dont les causes sont clairement identifiées. Le représentant du Ministère des transports à la rencontre a souligné    les comportements humains (70%), le mauvais état de l’infrastructure routière (20%), l’état des véhicules (10%). Les causes environnementales telles que le brouillard, les pluies, les chutes d’arbres sont elles aussi responsables de nombreux accidents de la route qui engendrent les pertes économiques et en vies humaines. Les victimes qui ont un peu de chance s’en tirent avec un handicap parfois irréversible. Car par exemple de Patrick Talom, consultant sur la thématique accident et handicap, et président de l’association Rayon du sourire.  Sa présence et celle de tous les autres participants ont été appréciées par le Dr Alexandre Manga, Directeur Général du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile Leger. « Votre soutien témoigne d’une conscience collective grandissante, face à une réalité trop souvent ignorée ou banalisée ; il s’agit des conséquences dévastatrices des accidents de la route sur la vie et l’intégrité physique de nos concitoyens« , a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture des échanges qui cadrent avec les missions du Cnrph et qui s’inspirent du contexte national qui appelle à l’action.  Dr manga a en effet souligné que : « Dans une publication de Cameroon Tribune du 12 juin 2023, on peut lire que, (… D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, chaque année, environ 1,3 million de personnes perdent la vie dans un accident de la route. On recense en plus 20 à 50 millions de blessés, nombre d’entre eux gardant une invalidité à la suite de leurs blessures)« . Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au plan national, le bilan des accidents de la circulation au cours du premier semestre de 2024 est très effrayant, à en croire le Ministre de l’Administration Territoriale (Minat), Paul Atanga Nji. Citant les différentes données obtenues de diverses unités de police et de gendarmerie, il a, au cours de la première conférence semestrielle des gouverneurs de région du 04 juillet 2024, affirmé que le Cameroun a enregistré 3 400 accidents de la route, ayant fait 256 morts et 254 blessés. « En effet, chaque année, un nombre incalculable de personnes est victime d’accidents de la route, laissant derrière elles des vies brisées, des familles endeuillées et, trop souvent, des handicaps permanents. Ces handicaps ne sont pas seulement des limitations physiques ; ils sont aussi des défis sociaux, économiques et psychologiques considérables pour les personnes concernées et leurs proches« , soutient le patron du Cnrph avant de poursuivre:  » Faut-il le rappeler, par son Décret N°2019/145 du 20 Mars 2019, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA a réorganisé le Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile LEGER, initialement Etablissement Public Administratif (EPA) en 2009, il en fait un Établissement Public à caractère Social. En lui reconnaissant un statut social, cet acte présidentiel a relevé l’importance de la dimension sociale de la réhabilitation des personnes handicapées, tout en rappelant la nécessité de la prévention sociale du handicap qui, aux termes de l’article 12 de la Loi N°2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées, l’entend des mesures de sécurité ayant pour objet d’éviter les accidents dans différents milieux ».  L’article 15 de la même Loi invite à l’action pour des résultats tangibles en ces termes : « l’État et les collectivités territoriales décentralisées prennent toutes les mesures nécessaires pour prévenir les handicaps résultant des violences domestiques ; du fait des édifices publics ; de la pollution de l’environnement ; des catastrophes naturelles ; de la circulation ferroviaire, routière, aérienne et maritime ; des conflits armés ; des violences de toute autre nature ». Pour faire passer le message de prévention et réduire les conséquences des faits ci-dessus, la loi en son article 13 engage l’État et les collectivités territoriales décentralisées à organiser des campagnes d’information, d’éducation et de communication en vue de la prévention des maladies invalidantes. En droite ligne de cette importante interpellation, « le CNRPH aligne son budget-programme sur la protection sociale des personnes handicapées qui constitue une priorité du Gouvernement et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’inclusion sociale prescrite par le Chef de l’État. Aussi l’inscription dans notre Plan de Travail Annuel de cette activité se justifie-t-elle, d’autant plus que de nombreuses victimes d’accidents de la route s’en sortent avec des handicaps permanents », a tenu à expliquer Alexandre Manga. L’institution qu’il dirige est quotidiennement témoin des difficultés rencontrées par les personnes handicapées, dont un nombre significatif a vu leur vie basculer à la suite d’un accident de la route. « Nous voyons leur courage face à l’adversité, leur détermination à reconstruire leur vie ; mais nous sommes aussi profondément conscients du coût humain et sociétal de ces tragédies évitables », a-t-il ajouté pour  interpeller  la conscience collective en ces termes: « Parce que chaque vie compte, chaque handicap évité est une victoire pour l’individu, sa famille et la société dans son ensemble, et parce qu’il s’agit d’une question de responsabilité collective, nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette problématique. Oui, nous sommes tous concernés : autorités publiques, forces de l’ordre, professionnels de la santé, éducateurs, médias, organisations de la société civile, entreprises et chaque citoyen. Ensemble, nous pouvons faire la différence. La prise de conscience par tous des impératifs liés à la prévention routière permettra de prévenir ces handicaps consécutifs aux accidents de la route, qui impactent des vies à jamais« . En droite ligne de cette

VIH/SIDA : l’hommage du RECAP+ aux personnes décédées

le Cameroun se souvient, s’engage et agit pour l’élimination du VIH. Le 25 mars 2025, le pays a célébré la Journée internationale de commémoration des personnes décédées du Sida. Instituée depuis 1983 sous le nom de Candlelight mémory day, cette journée se célèbre chaque année le 3ème dimanche du mois de mai. Il s’agit d’un moment fort dédié à la mémoire des personnes disparues du sida, mais aussi à la solidarité envers les personnes vivant avec le VIH, à la mobilisation et à l’engagement des communautés pour l’élimination du VIH. À travers des gestes symboliques et des échanges stratégiques, cet évènement   a été organisé par le Réseau Camerounais des Associations des Personnes vivant avec le VIH/SIDA (RECAP+) en collaboration avec le Comité National de Lutte Contre e Sida (CNLS) avec le soutien du bureau pays de l’Onusida. Il a réuni acteurs institutionnels, communautaires et partenaires au Développement autour d’une vision commune : “se souvenir, vivre, s’engager” Candlelight : une mémoire vivante, un moteur d’action Chaque année, Candlelight rassemble les communautés touchées par le VIH pour honorer les vies perdues, célébrer celles qui continuent malgré la maladie, et raviver l’engagement envers l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien. Le 25 mai 2025, la cérémonie organisée à Yaoundé, capitale du Cameroun, s’est inscrite dans cette triple mission. La journée a débuté par une marche sportive inclusive, suivie d’une conférence de presse, d’un recueillement silencieux, de l’allumage de bougies et d’un lâcher de ballons en hommage aux victimes. Un livre d’or a permis aux participants de consigner leurs souvenirs et leur engagement personnels et collectifs. Lucie Zambou, présidente du conseil d’administration du RéCAP+, a rappelé avec émotion la symbolique de cette journée : « Cette commémoration nous rappelle nos leaders, nos communautaires que nous avons perdus. Elle nous rappelle aussi la douleur liée à l’ignorance, qui a parfois conduit à des situations désastreuses. Cette journée nous motive à continuer de lutter, pour que ceux qui sont encore dans l’isolement aient accès à la bonne information, et sachent qu’on peut vivre avec le VIH sans honte ni peur ». Un état des lieux stratégique : entre progrès et défis La conférence de presse organisée dans le cadre de cette commémoration a permis de faire le point sur la situation du VIH au Cameroun. Taoufik Bakkali, Directeur pays de l’ONUSIDA, a salué les avancées notables du pays. « Le Cameroun n’est pas loin des objectifs 95-95-95. On est à environ 93 %. Mais ce sont les derniers pourcentages qui sont les plus difficiles, car il s’agit souvent de personnes qui ignorent leur statut », a-t-il déclaré. « Heureusement, la disponibilité des traitements n’est pas affectée par la crise financière liée au financement américain. Nous devons continuer à améliorer nos stratégies, notamment pour les groupes les plus marginalisés. » a-t-il souligné à l’occasion, le rôle clé des organisations communautaires pour aller vers les populations vulnérables, briser les barrières de la stigmatisation et de l’accès aux soins, et permettre un diagnostic et un traitement rapides. Une vision structurée pour l’avenir Dr Joseph Fokam, Secrétaire permanent du CNLS, a présenté les dix priorités nationales dans la riposte au VIH, parmi lesquelles l’élimination de la transmission mère-enfant, la Recherche active des enfants séropositifs dans les communautés, la triple élimination VIH/syphilis/hépatite B et un meilleur dépistage par trois tests de confirmation. D’autres priorités sont la prévention des maladies avancées, l’accès à la PrEP pour les populations clés, le renforcement de la pharmacovigilance, l’optimisation des stocks de médicaments, l’anticipation du retrait des bailleurs et la coordination renforcée avec les partenaires. Dr Fokam a surtout salué les avancées jusqu’ici obtenues grâce à la participation des parties prenantes.  Cet engagement permet au pays d’avancer vers l’atteinte des trois 95, les objectifs mondiaux qui visent l’élimination du Sida en 2030.  On note à ce propos que 92% de personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 96% des personnes qui en ont besoin sont sous traitement ARV, 93% de personnes qui observent le traitement ont une charge virale indétectable.  Des avancées à consolider à travers des efforts qui méritent encore d’être effectuer pour atteindre l’objectif escompté de Zéro décès lié au VIH/SIDA et Zéro nouvelle infection.  Le Gouvernement souhaite à cet effet que au moins 30% des bénéficiaires des prestations soient pris en charge au niveau de la communauté où la recherche active des enfants vivant avec le VIH doit s’accentuer. Une récente action de cette nature menée en 3 et 5 mois a permis de détecter 1000 enfants qui sont pris désormais en charge, soit un gain de 16 points pour le pays. Candlelight : au cœur de la riposte communautaire Au-delà des chiffres, Candlelight rappelle que chaque vie compte, et que les communautés restent le pilier de la réponse. Le Cameroun a renouvelé son engagement non seulement à atteindre les cibles 95-95-95, mais aussi à mettre fin à la transmission du VIH d’ici 2030, en ne laissant personne de côté.                                                                             Prince Mpondo

AEA : le Rév Dr Jean Libom Li Likeng désormais aux commandes

Il a été élu le 22 mai 2025 à Nairobi au Kenya, au cours de la 13ème Assemblée générale de cette organisation, un important mouvement évangélique en Afrique avec 300 millions de membres et un siège au niveau de l’Union Africaine.  Présente dans 51 pays Africains, l’Association des Evangéliques d’Afrique (AEA) siège à l’Onu et à la Commission des Droits de l’Homme. Elle a deux institutions théologiques, FATEB à Bangui et à Yaoundé qu’il convient d’ériger en    institutions universitaires au même rang que la grande université à Nairobi au Kenya. L’élection du Camerounais à la tête de l’AEA vient repositionner l’Afrique francophone au sein de l’organisation.  Elle symbolise aussi la reconnaissance du leadership et de l’engagement de l’heureux élu pour la cause évangélique en Afrique.  Le pasteur d’une très grande notoriété bien établie tant au plan national qu’international est un théologien, un stratège, un leader et un rassembleur qui a toujours œuvré pour l’unité des chrétiens.  Son ouverture vers l’œcuménisme constitue un grand espoir pour la mission évangélique dans un continent qui fait face à des crises diverses. Rév Dr Libom Li Likeng accède à cette nouvelle fonction, deux semaines seulement après le symposium théologique sur la christologie tenu le 10 mai 2025 à Douala sous son égide. De par ses réflexions et ses actions le nouveau président de l’AEA est crédité d’une maturité spirituelle. Pour l’accomplissement de sa mission à la tête de l’AEA, il aura à ses côtés un vice-président, Bishop Never Miparutsa du Zimbabwé, un secrétaire général, Rév Dr Master O. Matlhaopee du Botswana et une trésorière générale, CPA Phyllis Mutua du Kenya. C’est avec cette équipe que ce grand leader religieux camerounais devra relever de nombreux défis qui les interpellent à savoir : affermir l’unité de l’église, équiper les pasteurs, structurer les reseaux, affronter les crises morales, politiques et spirituelles qui minent le continent. Pour y parvenir, le Rév Dr Libom Mi Likeng devra également mettre à contribution sa riche formation, sa forte expérience et ses qualités humaines.  Formé au London Institute for Contemporary Christianity, le Rév DR Jean Libom Li Likeng est Pasteur de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise.  Il est expert en résolution de conflits, en santé mentale et en gestion des traumatismes. Il accompagne de nombreuses œuvres chrétiennes et conseille des Eglises à travers le monde.                                                                             Prince Mpondo

Maladies Tropicales Négligées : la problématique au cœur du Prochain forum des médias à Abidjan

Dans le cadre de l’organisation du forum annuel des médias, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) se propose d’instruire les journalistes de 35 pays africains sur la situation des maladies tropicales négligées en Afrique. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse le vendredi 30 mai à Abidjan. Selon Bamba Youssouf, Président du Conseil d’administration du REMAPSEN, « l’organisation de ce forum est une opportunité de sortir les MTN ne leur état de négligence et les placer au rang des sujets prioritaires dans le traitement de l’information par les médias en Afrique ». Placé sous le thème « Contribution des médias pour le positionnement de la lutte contre les maladies tropicales négligées en Afrique », le Forum des médias va mobiliser les journalistes africains des pays francophones, anglophones, lusophones, hispanophones et arabophones qui se retrouveront à Abidjan du 25 au 27 novembre 2025 pour comprendre les enjeux et défis des maladies tropicales négligées. Pour Coulibaly Zié Oumar, Directeur Exécutif du REMAPSEN, ce forum vise à briser le silence médiatique autour des MTN. L’un des temps forts de cette conférence de presse de lancement du Forum des médias 2025 a été la participation des Directeurs Coordonnateurs des programmes nationaux de lutte contre les MTN en Côte d’Ivoire. Tour à tour, le Docteur Djè Ngoran Norbert, Directeur Coordonnateur du programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées à chimiothérapie préventive et le Dr Dizoé, Directeur coordonnateur du programme national de l’élimination de la lèpre ont instruit les journalistes sur la situation des MTN en Côte d’ivoire avant de se féliciter du choix des MTN comme thème Central du prochain Forum des médias. Ils ont tous reconnu le rôle important des médias dans la sensibilisation des communautés et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics et des partenaires avant de s’engager à faire du rendez-vous d’Abidjan, un véritable succès. Si le REMAPSEN peut organiser ce 4ème Forum des médias, c’est grâce à l’appui technique et financier de ses partenaires dont certains ont renouvelé séance tenante leur soutien au REMAPSEN dans l’organisation de cette grande messe annuelle du REMAPSEN. Il ‘agit de Speak Up Africa et Sightsavers deux organisations fortement impliquées dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et dont des déclarations d’appui et de soutien ont été lues au cours de la cérémonie. En marge de ce forum, le REMAPSEN organisera la 4ème édition des Awards dotés des prix Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union Africaine pour l’Agence du médicament. Dans un entretien vidéo, Madame Line Renée Batongué, Journaliste à la CRTV au Cameroun, Vice -Présidente du REMAPSEN en charge de l’Environnement et Directrice des Awards et a rappelé que ces prix récompensent chaque année, les efforts des meilleurs journalistes africains dans les domaines de la santé et de l’environnement ainsi que les pays les plus productifs dans la réalisation des programmes d’activités du REMAPSEN. Les Awards du REMAPSEN bénéficient chaque année de l’appui technique et financier de BRANDS ON A MISSION, dont le chef de mission Professeure Myriam Sidibé, s’est engagée encore cette année à soutenir le REMAPSEN. Dans son adresse, Daniel Yao, sous-Directeur chargé de la presse au District Autonome d’Abidjan s’est félicité du choix de Cissé Ibrahima Bacongo, Ministre Gouverneur du District Autonome d’Abidjan comme Président de la soirée des Awards du REMAPSEN qui aura lieu le jeudi 27 novembre 2025 à Abidjan. En clôturant cette conférence de presse de lancement, Alphonse Renaud Agnéro, responsable des MTN à la Direction de la Communication du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la couverture maladie universelle et représentant le Directeur de la communication dudit Ministère, a dit toute la satisfaction du Ministre Pierre N’Gou Dimba, Président du forum des médias à accueillir les 70 journalistes étrangers, à l’occasion du forum des médias sur les maladies tropicales négligées. Un grand rendez-vous qui devrait permettre d’avoir un plan d’action des médias africains contre les MTN, les maladies bien présentes avec leurs lots de conséquences mais qui malheureusement, ne font pas l’objet d’une grande attention au même titre que les autres maladies.                                                                                Prince Mpondo