Alliance Droits et Santé : 13 ans de lutte contre les violences basées sur le genre, des résultats probants dans six pays d’Afrique de l’Ouest

Abidjan, le 10 décembre 2025 – Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a organisé, le mercredi 10 décembre 2025, un webinaire de haut niveau en collaboration avec le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS), autour du thème : « Réseau Alliance Droits et Santé, 13 ans d’existence : acquis, défis et perspectives ». Cette rencontre virtuelle a permis de mettre en lumière les actions menées et les résultats obtenus par l’ADS dans ses six pays membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal, dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et pour la promotion des droits et de la santé des femmes et des filles. Un réseau engagé depuis 2013 Intervenant en ouverture, la présidente du Réseau Alliance Droits et Santé, Mme Caroline Tapsoba, également cheffe du département projets et programmes de l’Association Songui Manégré / Aide au Développement Endogène (ASMADE) au Burkina Faso, a présenté l’historique et les missions de l’ADS ainsi que le projet Alliance Transformative mis en œuvre dans les pays membres. Créé en 2013 à Ouagadougou, le Réseau Alliance Droits et Santé est né de la volonté d’acteurs engagés à défendre les droits des femmes et des filles, en particulier celles issues de milieux vulnérables. Le réseau adopte une approche participative et inclusive, impliquant directement les bénéficiaires dans l’identification des besoins et la définition des axes d’intervention. Ses actions ciblent notamment les jeunes filles, les femmes vulnérables et les personnes en situation de handicap, avec un fort accent sur le plaidoyer aux niveaux national, sous-régional et régional. Des avancées significatives Dans l’ensemble des six pays notamment le Niger, il y a eu des avancées significatives. Le coordonnateur du projet Alliance Transformative au Niger, M. Amadou Lawali, a présenté les actions mises en œuvre dans son pays. Il a souligné que les interventions sont contextualisées selon les réalités de chaque pays membre, chaque État ayant développé sa propre stratégie de plaidoyer. Au Niger, la stratégie repose sur deux axes majeurs : la lutte contre les violences basées sur le genre, le mariage d’enfants et le mariage forcé ; la promotion des droits et de la santé sexuelle et reproductive des femmes et filles en situation de handicap. Selon M. Lawali, les VBG demeurent très répandues au Niger, avec un taux de prévalence national estimé à 29 %, atteignant 38,2 % chez les femmes, contre 16,3 % chez les hommes. Par ailleurs, 63,6 % des femmes ont été en union avant l’âge de 18 ans. Il a salué les efforts du gouvernement nigérien, notamment à travers l’adoption de la Stratégie nationale de prévention et de réponse aux VBG, abus et exploitations sexuelles (2024-2028), ainsi qu’une stratégie nationale de lutte contre le mariage d’enfants (2024-2028). Grâce au projet Alliance Transformative, 144 mariages de jeunes filles ont pu être retardés ou annulés, des capacités locales ont été renforcées et plusieurs collectivités territoriales mobilisées. Le projet a également permis l’installation de rampes d’accès dans des structures de santé, facilitant la mobilité des personnes en situation de handicap, et la promotion de l’éducation des jeunes filles. Défis et résilience La troisième paneliste, Mme Maïga Adam Dicko, directrice exécutive de l’AJICAD au Mali, a mis en avant la synergie d’actions entre les organisations membres de l’ADS, qui a permis d’enregistrer des résultats encourageants. Elle a toutefois relevé plusieurs défis, notamment l’ampleur des phénomènes des VBG et du mariage d’enfants, ainsi que le contexte sécuritaire et l’instabilité politique, qui entravent le déploiement des actions. Malgré ces obstacles, les acteurs poursuivent leurs efforts, notamment en faveur du durcissement de la législation malienne sur les violences basées sur le genre. Un plaidoyer régional porteur de changements Mme Kaya Sy, responsable plaidoyer à Equipop Sénégal et membre du conseil de l’Alliance, est revenue sur les actions menées au niveau régional. Elle a indiqué que les efforts conjoints de l’ADS ont contribué à influencer l’adoption par l’Union africaine d’une stratégie régionale de lutte contre les violences basées sur le genre. Au Sénégal, le projet mis en œuvre par le Réseau Siggil Jiggen, Jeunesse et Développement (JED), Equipop et le RAES a permis de mobiliser des ressources en faveur des organisations de jeunes dans la région nord, notamment à Saint-Louis. Un centre adolescents fonctionnel a également été ouvert à Diamaguène, avec l’appui du projet, par l’organisation Takhawou Ndaw yi (« soutenir les jeunes »). Poursuivre la dynamique À l’issue des échanges, les participants ont unanimement reconnu la nécessité de poursuivre et renforcer la dynamique collective pour une lutte efficace et durable contre les violences basées sur le genre, et pour le respect des droits des femmes et des filles. Pour rappel, le Réseau Alliance Droits et Santé, créé en 2013, regroupe 22 associations issues de six pays d’Afrique de l’Ouest. Il œuvre à l’amélioration du statut et de la santé des femmes et des filles à travers le plaidoyer, les campagnes de communication et les événements mobilisateurs impliquant leaders politiques, religieux et communautaires. REMAPSEN

Afrique de l’Ouest : 13 ans d’impact de l’Alliance Droits et Santé dans la lutte contre les VBG

À l’occasion d’un webinaire de haut niveau organisé par le REMAPSEN ce 10 décembre 2025, le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS) a dressé le bilan de treize années d’engagement. Entre victoires législatives et actions de terrain, le réseau s’impose comme un pilier de la protection des femmes et des filles dans six pays de la sous-région. Abidjan, le 10 décembre 2025 – Treize ans après sa création à Ouagadougou, quel est l’héritage de l’Alliance Droits et Santé (ADS) ? C’est la question au cœur de la rencontre virtuelle organisée mercredi par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN). Sous la présidence de Mme Caroline Tapsoba, le Réseau a démontré que malgré un contexte sécuritaire complexe, la mobilisation pour les droits des femmes porte ses fruits au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal. Un rempart contre le mariage des enfants Le Niger, pays membre de l’Alliance, illustre parfaitement cette dynamique de changement. Alors que les violences basées sur le genre (VBG) y touchent encore 38,2 % des femmes, le projet « Alliance Transformative » a permis de remporter des victoires concrètes. M. Amadou Lawali, coordinateur national, a révélé que 144 mariages de jeunes filles ont pu être retardés ou annulés grâce aux interventions du réseau. Au-delà des chiffres, c’est une transformation structurelle qui s’opère avec l’installation de rampes d’accès dans les centres de santé pour les femmes en situation de handicap et l’appui à la Stratégie nationale de lutte contre le mariage d’enfants (2024-2028). Une résilience face à l’instabilité Au Mali, la lutte prend une forme de résistance. Mme Maïga Adam Dicko, directrice exécutive de l’AJICAD, a souligné la difficulté d’agir dans un contexte d’instabilité politique et d’insécurité. Pourtant, la synergie entre les 22 associations membres de l’ADS permet de maintenir la pression pour un durcissement de la législation malienne sur les VBG. Cette solidarité dépasse les frontières : au Sénégal, le plaidoyer a favorisé l’ouverture de centres pour adolescents à Diamaguène et la mobilisation de ressources accrues pour la jeunesse de la région de Saint-Louis. Un plaidoyer qui atteint l’Union Africaine L’un des succès les plus marquants de ces treize années reste l’influence de l’ADS au niveau continental. Mme Kaya Sy, membre du Conseil  de l’Alliance Droits  et Santé;  responsable plaidoyer à Equipop Sénégal, a rappelé que les actions conjointes du réseau ont contribué à l’adoption d’une stratégie régionale de lutte contre les VBG par l’Union Africaine. Les défis de demain Si le bilan est jugé « probant », les défis restent immenses pour 2026 et au-delà. La pauvreté, les normes sociales persistantes et les crises sécuritaires exigent une intensification de la dynamique collective. Comme l’a rappelé la présidente Caroline Tapsoba en clôture, l’Alliance Droits et Santé ne compte pas s’arrêter là. Le réseau entend renforcer son approche inclusive pour que chaque femme et chaque fille, quel que soit son milieu ou son handicap, puisse jouir pleinement de ses droits et de sa santé. Les chiffres clés de l’ADS en 2025 : 6 paysd’intervention en Afrique de l’Ouest. 22 associations 144 mariages annulés ou retardés au Niger grâce au projet Alliance Transformative. 13 ans d’existence et de plaidoyer ininterrompu.   REMAPSEN

Décès d’Anicet Ekane en détention : Le MDP salue la mémoire d’un « homme d’engagement » et exige la transparence

Dans un communiqué officiel, le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP) pleure la disparition du Président du Manidem, survenue dans un contexte de tensions post-électorales, et appelle les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances du drame.   Le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP) a fait part, dans un communiqué daté du 2 décembre 2025, de sa « profonde tristesse et vive consternation » suite à l’annonce du décès de Monsieur Anicet Ekane, Président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem). La disparition est survenue alors qu’Anicet Ekane était placé en détention, un contexte que le MDP lie directement aux « tensions post-électorales consécutives au scrutin présidentiel du 12 octobre dernier ». Un vibrant hommage à un leader de conviction Par la voix de son Président national, Paul-Alain Eboua, le MDP a tenu à rendre un « vibrant hommage à cet homme d’engagement, de conviction et de courage ». Le communiqué insiste sur la camaraderie politique qui liait les deux entités dans la défense des valeurs démocratiques : « Bien que n’ayant pas appartenu à la même famille politique, Anicet Ekane fut un compagnon de route dans de nombreux combats menés pour la défense de la démocratie, de l’État de droit et de l’intérêt supérieur de notre nation », précise le texte. Sa forte implication lors du dernier scrutin, aux côtés des autres forces de progrès, est saluée comme la preuve de sa volonté inébranlable d’œuvrer pour un « changement pacifique, constructif et patriotique ».   Appel à la dignité humaine et au dialogue politique Le MDP considère que la disparition d’Anicet Ekane représente une « perte immense » pour sa famille, ses camarades du Manidem, l’opposition républicaine et tous ceux qui aspirent à une démocratie pluraliste et authentique. Face aux interrogations que suscite ce décès en détention, le MDP lance un appel solennel : Le MDP appelle au respect de la dignité humaine, à la transparence dans les circonstances entourant ce décès, et à la poursuite du dialogue politique pour préserver la paix sociale et restaurer la confiance dans les institutions. Le Président Paul-Alain Eboua a présenté ses condoléances les plus attristées à la famille biologique du défunt, ainsi qu’aux responsables, militants et sympathisants du Manidem, formulant le vœu que sa mémoire inspire la persévérance, l’intégrité et l’amour de la patrie. Prince MPONDO

Cameroun : Le droit à l’inclusion, un chantier inachevé pour les personnes handicapées

Exif_JPEG_420 Entre avancées législatives et réalités de terrain, l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux infrastructures publiques demeure un défi majeur. La Commission des Droits de l’Homme appelle à une application effective des engagements de l’État. ANALYSE — La Journée internationale des personnes vivant avec un handicap (JIPH), célébrée le 3 décembre, offre chaque année l’occasion de mesurer les progrès réalisés vers une société pleinement inclusive. Au Cameroun, si la volonté politique s’est traduite par l’adoption de lois (telle que la Loi n°2010/002 du 13 avril 2010 sur la protection et la promotion des personnes handicapées) et la ratification d’instruments internationaux, l’analyse de la situation révèle une persistance de défis structurels et sociétaux profonds. La récente déclaration de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) en est une illustration frappante, soulignant l’écart béant entre la théorie juridique et la pratique quotidienne. L’accessibilité : Une promesse non tenue Le premier obstacle, et le plus visible, est l’inaccessibilité de l’environnement physique et de l’information. La CDHC déplore que de nombreuses infrastructures publiques — hôpitaux, écoles, bâtiments administratifs, transports — ne soient pas conçues pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Le manque de rampes d’accès, d’ascenseurs fonctionnels ou de toilettes adaptées crée une frustration palpable et un sentiment d’exclusion, forçant de nombreuses personnes à renoncer à fréquenter certains espaces publics. À cela s’ajoute l’accès insuffisant à l’information. L’indisponibilité fréquente de l’interprétation en langue des signes, des documents en braille ou de formats numériques lisibles pour les malvoyants marginalise une part importante de la population, rendant difficile l’accès aux services essentiels et à la vie démocratique. Discrimination dans l’éducation et l’emploi L’analyse de la situation éducative est tout aussi préoccupante. Si le concept d’éducation inclusive fait son chemin, sa mise en œuvre bute sur le manque de personnel enseignant spécialisé et sur la rareté des manuels scolaires en braille. Le handicap sévère, en particulier, réduit considérablement le nombre d’années d’études achevées par les enfants concernés, limitant d’emblée leurs perspectives d’avenir. Sur le marché du travail, la situation ne s’améliore guère. Des études suggèrent que l’écart d’emploi entre individus avec et sans handicap n’est pas dû à des différences de compétences, mais plutôt à une discrimination manifeste à l’embauche et au manque d’ »aménagements raisonnables » de la part des employeurs. Les stéréotypes négatifs et la stigmatisation persistent, reléguant souvent les personnes handicapées à des emplois précaires ou à l’inactivité. Le défi de la gouvernance et de la redevabilité La CDHC a également mis l’accent sur des défis liés à la gouvernance. La faible application du cadre normatif existant, due en partie à un manque de volonté politique dans l’application des lois, est un obstacle majeur. Un autre point crucial soulevé par la commission est le risque de mauvaise affectation des fonds publics destinés aux programmes d’accessibilité. L’absence de traçabilité des ressources compromet l’efficacité des actions prévues et retarde l’amélioration des conditions de vie. La faible représentation des personnes handicapées dans les instances locales de décision et de gouvernance est, en soi, une forme d’exclusion qui empêche la prise en compte réelle de leurs besoins spécifiques dans l’élaboration des politiques publiques. Perspectives et engagements Face à ce tableau, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun ne se contente pas d’un état des lieux. Elle réitère ses recommandations formulées en 2024, notamment l’accroissement de l’effort budgétaire en faveur des structures chargées du bien-être des personnes handicapées et la facilitation de leur accès à l’emploi décent. L’analyse de la situation camerounaise montre que la pleine inclusion des personnes handicapées ne se décrète pas par une simple loi ; elle nécessite une transformation profonde des mentalités, une application rigoureuse des normes existantes et une transparence totale dans l’utilisation des ressources. La CDHC s’engage à poursuivre son action de plaidoyer et de veille juridique, rappelant que les droits des personnes handicapées ne sont pas des droits nouveaux, mais des droits humains fondamentaux qui doivent être garantis pour tous. Prince Mpondo

Droits des personnes handicapées : La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun tire la sonnette d’alarme et presse le gouvernement d’agir

À l’occasion de la Journée internationale du 3 décembre 2025, la CDHC dénonce la persistance des barrières physiques et de la discrimination, et exige des mesures concrètes pour une réelle inclusion. YAOUNDÉ, CAMEROUN — À l’occasion de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap (JIPH) célébrée ce 3 décembre 2025 sous le thème mondial « Promouvoir des sociétés inclusives pour faire progresser le progrès social », la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration ferme, exprimant sa vive préoccupation face aux nombreux obstacles qui persistent dans le pays. Malgré un cadre normatif existant et des engagements internationaux, la Commission déplore un écart important entre les textes législatifs et la réalité vécue par les personnes en situation de handicap. Des barrières omniprésentes La CDHC a mis l’accent sur plusieurs points de blocage majeurs qui entravent l’autonomie et la pleine participation des personnes handicapées à la vie publique : Barrières physiques persistantes : De nombreuses infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, bâtiments administratifs, centres de vote) restent inaccessibles aux personnes à mobilité réduite. Accès insuffisant à l’information : L’absence d’interprétation en langue des signes, de documents en braille ou de formats numériques lisibles pour les malvoyants limite sévèrement l’accès à l’information et aux services essentiels. Discrimination et exclusion : Des discriminations dans l’accès à l’éducation (rareté des manuels en braille), à l’emploi et aux soins de santé affectent de manière disproportionnée les enfants en situation de handicap, particulièrement en milieu rural. La Commission s’est également dite interpellée par la faible représentation des personnes en situation de handicap dans les instances locales de décision et de gouvernance, un frein majeur à l’intégration sociale et politique. Application des lois et gestion des fonds en question Un point d’achoppement soulevé par la CDHC est la faible application du cadre normatif existant, notamment en ce qui concerne les « aménagements raisonnables » et les sanctions de la discrimination. Elle relève également le faible intérêt des personnes concernées et de leurs familles à s’approprier le contenu de ces textes, ce qui limite leur capacité à faire valoir leurs droits. Plus inquiétant, la Commission exprime sa préoccupation face au risque de détournement ou de mauvaise allocation des ressources publiques et des financements destinés aux programmes d’accessibilité et d’inclusion, compromettant l’efficacité des actions prévues. Rappel des recommandations gouvernementales S’appuyant sur les 220 recommandations acceptées par l’État lors du 4ᵉ cycle de l’Examen périodique universel (EPU) en mars 2024, dont six sont en consonnance avec la thématique de l’édition 2025 de la JIPH, la CDHC réitère ses demandes formulées  en 2024 :Généraliser l’accès aux moyens de communication adaptés aux différents types de handicap, Prendre des mesures concrètes pour faciliter l’accès à un emploi décent, accroître l’effort budgétaire en faveur des administrations et structures publiques chargées du bien-être, de l’éducation, de la santé et du développement social des personnes handicapées. La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a réaffirmé son engagement « ferme, constant et irréversible » à poursuivre ses efforts pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations, promettant des interventions en amicus curiae (ami de la cour), des missions d’enquête, et des actions de plaidoyer continues.   Prince Mpondo  

Le REFELACAM lance un appel à l’action : Combattre les violences structurelles pour libérer le leadership féminin au Cameroun

  À l’occasion des 16 jours d’activisme, les femmes élues et leaders communautaires se mobilisent à Yaoundé pour identifier des stratégies locales contre les freins invisibles qui entravent leur épanouissement politique et social. Les assises de deux jours pour échanger sur la question ont été ouvertes par Nathalie Ngemba ; Inspecteur Général au Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille.  Elle a salue la rencontre qui s’inscrit en droite ligne des priorités gouvernementales. Marie Pierre Raky Chaupin ; Représentante Residente d’ONUFemmes au Cameroun a porté la voix du système des Nations-Unies qui accompagne le Gouvernement et les autres parties prenantes.  Marie Angèle Meyanga Epse Noah Présidente du REFELACAM a planté le décor de la rencontre porteuse de beaucoup d’espoir pour l’épanouissement des femmes élues locales. Dans le cadre de la campagne mondiale des « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes » (25 novembre – 10 décembre 2025), le Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique, section Cameroun (REFELACAM), prend le leadership d’une initiative nationale cruciale. L’organisation a réuni 39 femmes maires et 16 femmes leaders communautaires pour une rencontre stratégique, axée sur un thème percutant : « Femmes, pouvoir et paix : combattre les violences structurelles et culturelles pour un leadership féminin transformateur ». Au-delà de la violence physique : Les freins invisibles du leadership   Le Cameroun, bien qu’ayant ratifié la quasi-totalité des instruments juridiques internationaux de protection des femmes (notamment la CEDEF et le Protocole de Maputo), fait face à une réalité complexe où le phénomène de la violence persiste. Le REFELACAM attire l’attention sur les formes de violence souvent négligées : les violences structurelles et culturelles. Ces violences, insidieuses, se manifestent par des stéréotypes profondément enracinés, des normes sociales discriminatoires et un manque de reconnaissance institutionnelle qui entravent l’efficacité et l’épanouissement des femmes dans les sphères de décision. « La violence à l’égard des femmes et des filles entraîne de graves préjudices pour les familles, les communautés et la société dans son ensemble. Si les lois progressent, leur application reste faible face aux résistances sociales. Nos élues locales, par exemple, sont souvent confrontées à des résistances qui minent leur légitimité », a souligné un représentant du réseau. Une stratégie holistique et multisectorielle Cette rencontre s’inscrit en parfaite cohérence avec la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre de 2ᵉ génération (2022-2026), élaborée par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. L’approche du REFELACAM se veut holistique et centrée sur les actrices de terrain. L’objectif général est clair : renforcer les capacités, la solidarité et la visibilité de ces femmes leaders, tout en valorisant leur rôle central comme actrices de paix et de cohésion sociale, un enjeu majeur dans le contexte camerounais. Les participantes s’attèleront à des objectifs spécifiques ambitieux, notamment : Identifier et analyser les formes précises de violences qui minent leur leadership. Valoriser le rôle des femmes comme médiatrices communautaires et promotrices de paix. Renforcer les aptitudes pratiques en communication, plaidoyer et négociation. Des résultats concrets attendus La rencontre nationale ne se limite pas à la sensibilisation. Elle vise l’adoption de stratégies locales et collectives, qui se concrétiseront par un plan d’action REFELACAM 2026 sur la prévention des violences structurelles, et la diffusion d’un communiqué final pour un plaidoyer unifié. Le REFELACAM réaffirme par cette initiative son rôle pivot dans la promotion d’un environnement institutionnel plus équitable, où le leadership féminin peut s’exercer pleinement, transformant ainsi la société camerounaise dans son ensemble.

ANALYSE : Le Manifeste des filles, un miroir critique des inégalités au Cameroun

Le « Manifeste des filles du Cameroun » n’est pas un simple document de revendications ; c’est un diagnostic social détaillé, établi à partir de la base, qui met en lumière les failles persistantes de la société camerounaise en matière de droits de l’enfant et de genre. Ce texte, nourri par les témoignages de milliers d’adolescentes, transforme l’expérience vécue en un appel politique structuré. Une approche holistique de l’inégalité L’aspect le plus frappant du manifeste est son approche holistique. Il ne se limite pas aux violences physiques, mais englobe les violences structurelles et culturelles. En dénonçant les mariages précoces au nom de la tradition, l’inégalité d’accès à la technologie ou les tâches ménagères non partagées, les filles identifient avec précision les mécanismes qui freinent leur plein épanouissement. Elles comprennent intuitivement que l’égalité se joue aussi bien dans la salle de classe que dans la sphère domestique. De la survie à l’épanouissement : Le changement de paradigme La phrase « où elle ne va pas seulement survivre, mais vivre et s’épanouir » résume l’ambition du manifeste. Il s’agit de passer d’une vision minimaliste de la protection des filles (éviter le pire) à une vision ambitieuse d’autonomisation (permettre le meilleur). Elles revendiquent le droit d’être considérées comme des « partenaires à part entière » et des « actrices d’aujourd’hui », remettant en cause l’idée que le leadership féminin serait une affaire de « demain » seulement.   La redevabilité comme exigence Le manifeste excelle dans l’allocation des responsabilités. Il ne se contente pas d’une plainte abstraite, mais interpelle nommément chaque maillon de la chaîne sociale : parents, frères, enseignants, gouvernement, Nations Unies. Cette interpellation directe vise à briser le silence complice que la déclaration dénonce explicitement. Le fait de cibler les frères comme « leviers du changement » est une stratégie intelligente pour transformer les dynamiques de genre au sein même de la cellule familiale. L’application des textes : Le nœud du problème Le manifeste, remis au gouvernement en présence de la Représentante du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et de la Représentante Résidente de l’UNICEF au Cameroun, pose la question cruciale de l’application effective des lois existantes. Le Cameroun est signataire de conventions importantes (Convention relative aux droits de l’enfant, Protocole de Maputo), mais l’écart d’application est notoire. Le manifeste est un plaidoyer pour que le gouvernement passe des promesses aux « mesures décisives » et alloue des ressources pour créer des environnements sûrs et inclusifs. En conclusion, ce manifeste est un acte politique majeur de la jeunesse camerounaise. Il offre une feuille de route claire pour une société plus juste, rappelant aux décideurs que l’investissement dans les droits des filles n’est pas une option, mais un impératif pour le développement durable de la nation tout entière.  Prince Mpondo

Un manifeste courageux pour l’avenir des filles du Cameroun

« Nos droits ne sont pas négociables ! » : Les filles du Cameroun interpellent le gouvernement et la société civile. Issu d’une vaste consultation nationale, un manifeste audacieux exige l’abolition des pratiques néfastes, un accès égalitaire à l’éducation et une tolérance zéro face aux violences. Un appel vibrant à conjuguer les droits au féminin, maintenant. Une conférence de presse de présentation dudit manifeste a été organisée le 3 décembre au siège de l’UNICEF à Yaoundé. La cause des filles camerounaises est urgente, et elles l’ont fait savoir haut et fort. Réuni lors du Forum national du Mouvement des filles, un groupe de travail, fruit d’une caravane ayant traversé les dix régions du pays en juillet 2025 pour recueillir les témoignages de plus de 5 600 adolescentes, a présenté un manifeste. Ce document, une déclaration d’engagement indéfectible envers leurs droits et leur dignité, a été officiellement remis à Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille le 28 novembre 2025. Le message est clair : il est temps que le Cameroun devienne un pays où chaque fille « ne va pas seulement survivre, mais vivre et s’épanouir ». Les piliers d’une révolution des droits Le manifeste s’articule autour de revendications phares, exigeant des actions concrètes de la part de l’ensemble de la société : Éducation inclusive et de qualité : L’éducation est présentée comme la clé pour briser les cycles de pauvreté et d’inégalités. Les filles réclament des investissements soutenus, une formation des enseignants à la sensibilité au genre et la suppression des obstacles financiers ou culturels qui les empêchent d’apprendre. Tolérance zéro pour la violence : Le manifeste appelle à l’abolition immédiate des pratiques néfastes telles que les mariages précoces et les grossesses adolescentes. Elles exigent des lois intransigeantes et des sanctions sévères pour les auteurs, sans aucune excuse ni exception. Autonomisation et égalité des chances Les filles revendiquent leur statut d’actrices d’aujourd’hui, capables de faire leurs propres choix concernant leur corps, leur éducation et leur avenir. Elles demandent un accès égal à la formation professionnelle, à la technologie, aux sports et au leadership. Un appel à l’action collectif Le manifeste ne s’adresse pas uniquement au gouvernement. Il interpelle chaque acteur de la société : Aux parents et tuteurs, il demande de bannir les châtiments corporels et de privilégier le dialogue bienveillant. Aux frères, il est demandé de devenir des alliés, de dénoncer la violence et de partager les tâches domestiques. Aux enseignants et dirigeants communautaires, il en appelle à leur obligation morale de signaler les abus et de créer des espaces sûrs. Au Gouvernement, il réclame des mesures décisives, l’allocation de ressources adéquates et l’application sans complaisance des lois. Soutenu par des agences des Nations Unies (ONU Femmes, UNFPA, UNHCR, PAM), ce manifeste marque un tournant dans la lutte pour l’égalité des sexes au Cameroun. Les filles du Cameroun rappellent à tous qu’elles représentent la moitié de l’avenir du pays et méritent de se forger un avenir sans violence ni oppression.   Le Manifeste des filles du Cameroun est disponible pour signature et soutien sur la plateforme change.org.

Maladies Tropicales Négligées : coup d’envoi de la croisade médiatique africaine

Le 4ème Forum des Médias Africains sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN) a officiellement ouvert ses portes le 25 Novembre 2025.  Il s’agit d’un moment crucial dans la lutte contre ces affections qui affectent des millions de personnes sur le continent. Organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), l’événement a pour thème central : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ». La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée en ligne ;  a été l’occasion pour les différentes parties prenantes de souligner l’impératif d’une mobilisation de tous les secteurs de la société pour relever ce défi de santé publique. Le REMAPSEN, un acteur engagé Le Fondateur et Président du Conseil d’Administration du REMAPSEN ; Bamba Youssouf ;  a rappelé l’engagement de son Réseau depuis sa création en 2020. Face aux défis de santé en Afrique, le REMAPSEN a mis en place plusieurs initiatives, dont les « Rendez-vous du REMAPSEN » et les « Webinaires du REMAPSEN » ; pour favoriser les échanges entre journalistes et experts. Le Forum des Médias Africains, rendu à sa quatrième édition, s’inscrit dans cette dynamique, après avoir abordé le VIH/sida en 2022, les maladies infantiles et néonatales en 2023, et les violences faites aux femmes et aux filles en 2024. L’objectif de cette édition est clair : mettre l’accent sur l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation, le plaidoyer et la mobilisation communautaire pour l’élimination des MTN. Le forum se clôturera les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, à la faveur de la Journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées. Pr Awa Marie Coll Seck : Un plaidoyer vibrant pour la souveraineté sanitaire Le Professeur Awa Marie Coll Seck, Présidente de Galien Africa, a prononcé une allocution inspirante, faisant un vibrant plaidoyer pour l’intégration de la lutte contre les MTN au cœur de la souveraineté sanitaire africaine et du développement durable. Elle a rappelé que les MTN touchent plus de 600 millions d’Africains, principalement les plus pauvres et isolés, et qu’elles réduisent la productivité, compromettent l’éducation et enferment des familles entières dans la pauvreté. « Accepter la persistance des MTN, c’est accepter que l’Afrique vive en dessous de son potentiel », a-t-elle affirmé. Le Professeur Coll Seck a également insisté sur la dimension genre, soulignant que les femmes et les filles sont plus exposées lorsqu’elles accomplissent des tâches domestiques dans des environnements contaminés, et qu’elles subissent des conséquences sociales plus lourdes, notamment la stigmatisation. L’élimination des MTN est donc aussi un agenda d’équité de genre et un levier majeur d’autonomisation. Elle a enfin salué les succès déjà obtenus en Afrique, comme l’élimination du trachome au Ghana, au Togo et au Malawi, et l’éradication presque complète de la dracunculose, preuve que l’élimination est possible. Le forum bénéficie du soutien de partenaires clés, dont le gouvernement béninois, l’OMS Bénin, Speak Up Africa, et la Fondation Raoul Follereau. Tous ces acteurs ont eu les prises de paroles remarquables à l’ouverture des travaux à travaux discours et exposés ayant édifié les membres du REMAPSEN sur la problématique au cœur de ce Forum. En marge des travaux du Forum ; il est prévu la cérémonie des awards qui permettra de récompenser les meilleures productions radio ; télé ; presse écrite ; presse écrite dans les domaines de la Santé et de l’environnement.  L’innovation de ces awards se situe au niveau des prix qui vont connaitre une amélioration significative avec la remise du matériel de travail aux lauréats ; en plus des enveloppes et trophées qui constituaient jusqu’ici l’essentiel des prix.  Des innovations apportées par Michel Sidibé ; parrain de ces awards. Prince Mpondo    

16 jours d’activisme : entre espoir d’avancées législatives et défis persistants au Cameroun

Yaoundé, Cameroun – Le lancement de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, axée sur la cyberviolence, suscite des réactions mêlées d’espoir quant à une prise de conscience accrue, mais aussi de frustration face aux défis structurels qui persistent dans la lutte contre ces abus au Cameroun. Un thème salué, des actions concrètes attendues Le choix du thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles » a été largement salué par les acteurs de la société civile et les partenaires des Nations Unies, qui y voient une reconnaissance d’une forme de violence en pleine expansion. Nadine Perault ; Représentante Residente de l’UNICEF au Cameroun, et  Représentante  à l’occasion ; du  représentant du système des Nations Unies, a souligné la nécessité urgente d’incriminer la violence numérique et de renforcer le soutien aux victimes, rappelant que la sécurité en ligne est un élément essentiel de l’égalité des sexes. Les associations, à l’instar d’AGESPRO (Association Un geste pour mon prochain), ont immédiatement décliné des initiatives de terrain pour sensibiliser la population, dans des  marchés  et  lieux de culte, en passant par les réseaux sociaux. Ces actions de proximité sont jugées cruciales pour toucher directement les communautés et les leaders d’opinion. Le défi de la mise en œuvre et du cadre légal Malgré les annonces gouvernementales sur l’existence d’une stratégie nationale (2022-2026) et l’adoption de la loi sur la protection des données personnelles, des voix s’élèvent pour réclamer une volonté politique plus forte et des ressources suffisantes pour l’application effective de ces mesures. Un point d’achoppement majeur demeure le projet de loi spécifique contre les violences à l’égard des femmes et des filles, qui est toujours en cours d’élaboration au niveau du ministère de la Justice. Les organisations de défense des droits humains appellent à un plaidoyer accru pour l’aboutissement de ce texte, essentiel pour combler les lacunes juridiques et offrir une meilleure protection aux victimes. La question de la prise en charge des survivantes est également au cœur des préoccupations. Si la mise en place d’outils harmonisés de collecte de données est une avancée, il y a encore la nécessité de garantir un accès continu aux services essentiels pour les victimes. En somme, la campagne 2025 est perçue comme un moment clé pour sensibiliser et mobiliser. Si le discours est porteur d’espoir, la société civile et les partenaires internationaux restent vigilants quant à la traduction concrète des engagements en actions efficaces et durables pour mettre fin à toutes les formes de violences, en ligne comme hors ligne. Prince Mpondo