Coopération Cameroun-ONU Femmes : Vers une gestion « zéro faute » des projets pour l’horizon 2026

Au lendemain de sa revue annuelle tenue les 27 et 28 Avril dans la capitale économique camerounaise, ONU Femmes Cameroun a ouvert le mercredi 29 avril 2026 à Douala, un atelier de renforcement des capacités de ses partenaires. Organisée sous l’égide du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), cette rencontre réunit Administrations Publiques, personnel d’ONU Femmes, Collectivités Territoriales Décentralisées et Organisations de la Société Civile (OSC). L’objectif affiché est d’armer les partenaires gouvernementaux et la société civile pour une exécution technique et financière irréprochable du Programme Pays. Un investissement dans la performance Cette session ne se veut pas une simple formalité. Pour Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante Résidente d’ONU Femmes au Cameroun, il s’agit d’un « investissement stratégique dans la qualité de l’exécution programmatique ». En ouvrant les travaux, Jerry Kemta Tchoffon, représentant du MINEPAT a salué le leadership du gouvernement camerounais dans la promotion de l’égalité des chances. Un engagement partagé par ONU Femmes, qui place la qualité du partenariat au centre de son modèle d’intervention. « En renforçant nos capacités aujourd’hui, nous renforçons notre impact demain », a martelé la cheffe de mission. Standards élevés et redevabilité L’enjeu de cet atelier est de mettre tous les acteurs au même niveau d’exigence concernant les procédures de l’organisation. Les modules de formation mettent un accent particulier sur la rigueur de gestion.  Il s’agit notamment de la maîtrise des procédures (Gestion administrative, financière et respect des calendriers de rapportage), de l’Éthique et de la transparence avec le renforcement des politiques de lutte contre la fraude et de prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PSEA).  La Culture de résultat est aussi au menu des échanges de cet atelier qui planche aussi sur l’harmonisation des outils de suivi-évaluation pour garantir un impact mesurable sur le terrain. Cap sur les priorités de 2026 Cet atelier intervient à un moment charnière, juste après la clôture de la revue annuelle 2025. Les participants sont désormais tournés vers les priorités de 2026, dernière année du cycle actuel, articulées autour de quatre axes : la gouvernance et participation politique, l’autonomisation économique, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et l’agenda Femmes-Paix-Sécurité. L’annonce majeure de cette session reste la signature imminente de nouveaux accords de partenariat (Partner Agreements). En s’adressant aux OSC, Mme Marie Pierre Raky Chaupin a rappelé qu’elles ne sont pas de simples « exécutants », mais des « acteurs de changement et des relais institutionnels » indispensables pour atteindre l’objectif « zéro faute ». Les travaux s’achèveront le vendredi 1er mai, posant les jalons d’une collaboration plus fluide, rapide et surtout plus redevable envers les bénéficiaires finales que sont les femmes et les filles du Cameroun. Michèle Carèle MAGNE

« La montée des violences faites aux femmes et aux filles pose pour nous énormément de défis, parce que nous sommes aussi des acteurs pour répondre à cette montée »

Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante ONUFemmes Cameroun, répondant aux questions des journalistes, à l’issue de l’atelier de de revue annuelle du Programme Pays d’ONU Femmes, ouvert ce lundi 27 avril 2026 à Douala. A lire ci-dessous l’intégralité de son interview. L’ONU Femmes, nous le savons tous, est l’entité du système des Nations Unies en charge de l’égalité hommes-femmes, mais aussi de l’autonomisation des femmes et des filles. Au Cameroun, nous sommes présents depuis 2011. Nous travaillons dans quatre domaines prioritaires thématiques, notamment l’accompagnement de l’accès des femmes aux instances décisionnelles, la prévention et l’accès des femmes victimes de violence aux services, sur les survivantes, notamment l’autonomisation économique des femmes et des filles, y compris en milieu rural, mais aussi l’accès des femmes à la réponse humanitaire et leur protection en temps de conflit. Dans ces quatre domaines, nous avons pu travailler en partenariat avec les institutions du Gouvernement, que je remercie ici au passage pour leur présence. Nous remercions le MINEPAT ici, qui est là avec nous pour faire ce bilan, mais également le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, qui est un de nos partenaires stratégiques au Cameroun, avec qui nous partageons le DEDC, mais également l’ensemble des ministères. Dans tous ces domaines thématiques dont j’ai parlé, nous avons travaillé avec les institutions du gouvernement. Quand je prends la promotion de l’accès des femmes aux instances décisionnelles, nous avons travaillé avec ELECAM, nous avons travaillé avec le MINDDEVEL, notamment le développement local, nous avons travaillé avec l’association des femmes maires, nous avons également travaillé avec le MINPROFF.  Dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes, nous avons beaucoup travaillé avec le MINADER sur le terrain, le MINEPAT le MINTP dans le cas des projets routiers. Dans le domaine de la prévention et de l’accès des femmes, de la prévention des violences faites aux femmes, nous travaillons beaucoup avec le MINPROFF également, nous travaillons avec les réseaux de femmes, notamment la CAFEH qui est ici présent, l’association de lutte contre les violences faites aux femmes. Donc, beaucoup de partenariats sur le terrain qui incluent la société civile, les institutions de recherche comme les universités de Yaoundé 1, Yaoundé 2, nous travaillons beaucoup aussi avec toutes les institutions gouvernementales, puisque les questions de genre sont des questions transversales. Donner l’espace au Dialogue Il est donc question aujourd’hui, avant les priorités, de nous asseoir, de faire le bilan, mais d’écouter aussi nos partenaires, parce que rien n’est parfait. Il faut donner de l’espace au dialogue, mais aussi nous assurer que nous avons bien écouté le feedback venant de nos partenaires, pour voir qu’est-ce que nous avons fait de bon, qu’est-ce que nous avons fait de moins bon et comment nous tirons les leçons de tout ce que nous avons appris sur le terrain pour bien faire en 2026 et mieux planifier notre prochain plan stratégique. Et pour 2026, nous restons dans la même lancée, puisque nous jugeons que le contexte global est le même que 2025, les priorités n’ont pas beaucoup changé, malgré les nouvelles données au niveau international. Nous faisons face à quelques contraintes liées à la rareté des ressources, évidemment, la rareté, notamment les ressources financières. Parmi les contraintes et les défis, nous avons aussi, la montée des violences faites aux femmes et aux filles qui pose pour nous énormément de défis parce que nous sommes aussi des acteurs pour répondre à cette montée. L’objectif de nos travaux, c’est de tirer toutes ces leçons et de voir comment faire plus avec moins. Comment pouvons-nous adresser tous ces défis en tenant compte du potentiel de tous nos partenaires, du Gouvernement, des ONG, des Réseaux de femmes, des institutions de recherche. Nous devons voir comment tirer profit de leur présence, de leur expertise pour faire plus de résultats avec moins de ressources.

Coopération Cameroun-ONU Femmes : Le bilan 2025 et les perspectives 2026 au cœur d’une revue stratégique à Douala

L’atelier de revue annuelle du Programme Pays d’ONU Femmes s’est ouvert ce lundi 27 avril 2026 à Douala. Sous l’égide du MINEPAT, les parties prenantes évaluent les progrès de l’année écoulée pour affiner les actions en faveur de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes au Cameroun. C’est à l’hôtel La Falaise de Bonanjo que les travaux de la revue annuelle 2025 de la coopération Cameroun-ONU Femmes ont débuté. Cet atelier de deux jours réunit le Gouvernement, les Agences du Système des Nations Unies (SNU), la Société civile et les partenaires techniques et financiers. Un partenariat au service du développement inclusif Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Smith Enow Arrey, Conseiller Technique n° 4, a souligné que la promotion de l’égalité de genre est « en parfaite cohérence avec les politiques publiques du Gouvernement camerounais et l’Objectif de Développement Durable (ODD) 5 ». Pour le représentant du MINEPAT, cet exercice est un « moment privilégié de dialogue stratégique » pour identifier les défis persistants, notamment l’accès des femmes aux ressources productives et leur participation aux instances décisionnelles. Il a réaffirmé l’engagement de l’État à intégrer davantage le genre dans la planification budgétaire et le suivi des performances. 2025 : Une année de résilience et de progrès De son côté, la Représentante Résidente d’ONU Femmes au Cameroun, Marie Pierre Raky Chaupin, a salué la solidité du partenariat avec les institutions camerounaises. Elle a dressé un bilan encourageant de l’année 2025, marquée par des avancées significatives malgré un contexte sécuritaire et humanitaire complexe. « Nous avons continué à renforcer les capacités institutionnelles, à soutenir les femmes entrepreneures et à répondre aux violences basées sur le genre », a-t-elle déclaré. Cependant, elle a invité les participants à un « regard lucide » sur les contraintes actuelles, telles que la rareté des ressources financières internationales et les besoins croissants sur le terrain. Les priorités de 2026 en ligne de mire Conformément à la Note Stratégique 2022–2026, les échanges de cet atelier se structurent autour de quatre piliers majeurs : l’accès des femmes aux instances de décision, l’autonomisation économique, la lutte contre les violences faites aux femmes, l’action humanitaire et la protection des femmes en situation de crise. L’objectif final de ces deux jours de travaux est de formuler des recommandations concrètes pour que l’année 2026 soit celle d’une performance accrue. Comme l’a rappelé Raky Chaupin, cet atelier est avant tout un « levier d’amélioration continue » pour s’assurer que les interventions d’ONU Femmes restent en phase avec la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 (SND30) du Cameroun. Les conclusions de cette revue, attendues dès demain, serviront de boussole pour les interventions prioritaires de l’année à venir.  Prince Mpondo

Leadership Féminin : « Women Elevate » insuffle une nouvelle dynamique à Yaoundé

Sous l’impulsion de Susy Thérèse Atangana et avec l’accompagnement de Samuel Ervé Mandeng, la première édition de la conférence « Women Elevate » s’est tenue ce samedi 25 avril 2026 à Yaoundé. Un rendez-vous stratégique qui appelle la femme camerounaise à briser les plafonds de verre par l’identité et l’action. Yaoundé a vibré ce week-end au rythme de l’empowerment. Dans une salle comble réunissant des femmes du terroir et de la diaspora, la conférence Women Elevate a officiellement lancé ses travaux. Plus qu’une simple causerie, l’événement s’est positionné comme un véritable incubateur de leadership communautaire.  Ce qu’un homme fait, la femme le peut aussi, et mieux Le ton a été donné par la promotrice, Susy Thérèse Atangana. Pour la présidente fondatrice de Kids Cries in Africa Foundation, le constat est sans appel. Le potentiel féminin reste sous-exploité faute de confiance des investisseurs et de la société. « Les chances et les opportunités sont amenuisantes parce que peu de personnes croient aux projets portés par des femmes », a-t-elle déploré, tout en exhortant ses paires à structurer leurs initiatives pour forcer l’admiration et le respect. L’événement a bénéficié de l’expertise de Samuel Ervé Mandeng, promoteur du mouvement Give Back to Mama. Pour ce développeur en Modelship, l’initiative s’inscrit dans une temporalité précise, celle de la promotion de la jeunesse et de la femme, chère au Chef de l’État pour son actuel septennat. « Nous travaillons pour la relève », a-t-il affirmé, soulignant que l’entrée de figures comme Susy Thérèse Atangana dans la politique communautaire est une chance pour le Cameroun. Son intervention sur l’Identité a été l’un des moments forts, permettant aux participantes de comprendre que la réussite commence par la connaissance de soi. Structurée autour de trois piliers Identité, Pouvoir et Réussite, la conférence a alterné entre analyses théoriques et outils pratiques. Un mélange qui a porté ses fruits, si l’on en croit les témoignages des participantes. Carole Kamgnia, présidente de l’association Together to Support Vulnerable People, repart avec une feuille de route claire : « J’ai beaucoup appris sur l’identité de la femme. Je vais tout de suite transmettre cela aux membres de mon association pour qu’elles sortent de la précarité. » En réussissant le pari de la mobilisation et de la pertinence thématique, « Women Elevate » pose ainsi les jalons d’un mouvement qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le message est passé. Celui selon lequel le potentiel féminin est prêt à émerger, et qu’il ne demande qu’à être structuré et soutenu. Prince Mpondo

WorkUP Cameroun 2026 : Le grand virage vers la professionnalisation et le mérite.

La 5ème édition de WorkUP Cameroun s’est ouverte ce 27 avril à Yaoundé. Entre foire, opportunités d’emploi et innovations sociales, l’événement transforme la reconnaissance des travailleurs en un véritable levier de performance économique. ​L’esplanade du Conseil Régional du Centre a servi de cadre, ce lundi, au lancement de la 5ème édition de WorkUP Cameroun. Porté par l’Agence Camerounaise de Communication et la Mutuelle des Journalistes Associés du Cameroun, cet événement marque une rupture avec le passé pour devenir une plateforme d’action concrète en faveur de l’emploi. ​De la célébration à l’incubation de talents ​anciennement connue sous le nom de « La Grande Nuit des Travailleurs », l’initiative a mué. Pour Zephirin Koloko, promoteur de WorkUP Cameroun, cette 5ème édition est l’aboutissement d’une réflexion profonde. « Nous avons voulu aller au-delà de la simple célébration pour créer un marché de l’emploi et une foire où les jeunes peuvent s’outiller et rencontrer les décideurs », a-t-il expliqué. ​Cette ambition a reçu l’onction du sommet de l’État. L’événement, placé sous le Haut Parrainage du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, a été officiellement ouvert par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona. Ce dernier, représentant personnel du PM, a souligné que ce rendez-vous s’inscrit en parfaite harmonie avec les réflexions de la 140ème fête internationale du travail, axées sur le dialogue social et le travail décent comme facteurs de paix et de développement. ​Un impact social immédiat Au-delà des discours, WorkUP Cameroun se veut pragmatique. Le Grand Marché de l’Emploi permet déjà des rencontres directes entre entreprises et chercheurs d’emploi. L’innovation majeure de cette année réside également dans le volet santé : grâce à un partenariat avec l’Hôpital Général de Yaoundé et Cameroon-Bac-Sis-Combation, les travailleurs et les jeunes bénéficient de consultations et de soins gratuits sur le site. ​Le Ministre Grégoire Owona n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction face à la mobilisation des entreprises nationales et internationales, à l’instar de Cocoa Valley Suisse, dont le CEO Serge Ngassa est l’ambassadeur de cette édition. ​Des récompenses exceptionnelles pour l’excellence ​Le clou de l’événement sera la Grande Nuit des Travailleurs, prévue le 29 avril à l’hôtel Djeuga. Ce sera le moment de récompenser ceux qui font la richesse du pays. Le barème des prix cette année est particulièrement impressionnant : parcelles de terrain titrées, ordinateurs, bourses d’études de 300 000 FCFA et primes en espèces (allant jusqu’à 250 000 FCFA). ​« Il n’y avait pas de cadre formel pour évaluer et célébrer le mérite des travailleurs au quotidien ; nous l’avons créé avec WorkUP Cameroun », conclut Zephirin Koloko. En attendant la soirée de gala, la foire continue de battre son plein, prouvant que le talent camerounais n’attend que de telles vitrines pour briller. Carole MAFOTSING

ANALYSE : L’inclusion des PHV au Cameroun, du droit formel au droit réel : le défi de l’opérationnalisation

Le 16 décembre 2025, le CJARC a dévoilé son plaidoyer pour le recrutement des Personnes Handicapées Visuelles (PHV). Au-delà de la simple revendication catégorielle, cette initiative soulève une question centrale pour l’émergence du Cameroun : comment transformer un arsenal juridique exemplaire en une réalité économique tangible ? 1. Le paradoxe de l’ « invisibilité » des diplômés handicapés Le Cameroun dispose de l’un des cadres juridiques les plus protecteurs de la sous-région. Entre la ratification de la CDPH en 2021 et le décret de 2018 sur l’emploi protégé, l’État a théoriquement verrouillé le droit au travail pour tous. Pourtant, une fracture persiste. L’analyse du CJARC révèle un paradoxe : alors que les universités camerounaises forment chaque année des PHV qualifiés, ces derniers disparaissent des radars une fois sur le marché de l’emploi. Ce « gaspillage de capital humain » est dû à une perception erronée du coût de l’aménagement du poste, souvent surestimé par les employeurs (publics comme privés) par rapport au gain de productivité réel de ces travailleurs. 2. Le « Recrutement Inclusif » : un levier de modernisation administrative Le plaidoyer présenté au MINFOPRA et au GICAM ne demande pas la charité, mais la modernisation. Intégrer une PHV aujourd’hui, c’est nécessairement intégrer les technologies numériques (logiciels de revue d’écran, interfaces vocales). En poussant pour l’accessibilité des concours et des postes, le CJARC force indirectement l’administration camerounaise à accélérer sa transformation digitale. L’inclusion devient alors un moteur d’innovation : un environnement de travail accessible à un aveugle est, par définition, un environnement plus ergonomique et numérisé pour tous les employés. 3. La Canne Blanche : le baromètre de la citoyenneté L’originalité de l’approche du CJARC ce 16 décembre réside dans le couplage du plaidoyer « Emploi » avec celui de la « Canne Blanche ». C’est une analyse systémique de l’inclusion : On ne peut pas être productif si l’on ne peut pas accéder au bureau (problème de mobilité urbaine). On ne peut pas être respecté dans son entreprise si l’on est stigmatisé dans la rue. Le plaidoyer « Un code pour tous » rappelle que l’inclusion professionnelle est indissociable d’une politique de la ville inclusive. La canne blanche n’est plus seulement un outil technique, elle devient un symbole de droit de cité. 4. Les verrous à lever : quotas et sanctions L’analyse des résultats attendus montre que le dialogue est amorcé. Cependant, pour que ce plaidoyer de décembre 2025 ne reste pas lettre morte, deux leviers devront être actionnés par les pouvoirs publics : L’incitation fiscale : Encourager le secteur privé (GICAM) via des déductions pour chaque poste aménagé. La contrainte de quota : Passer de la recommandation à l’obligation de résultats dans les recrutements de la Fonction Publique, comme le suggère la Commission des Droits de l’Homme (CDHC). En conclusion; l’initiative du CJARC marque un changement de paradigme : on passe de la protection sociale (fondée sur la vulnérabilité) à l’inclusion économique (fondée sur la compétence). Dans un contexte où le Cameroun vise une croissance inclusive, l’intégration des PHV n’est plus une question de solidarité, mais un impératif de justice sociale et d’efficacité économique. Le message est clair : la société de 2026 se construira avec tous ses talents, ou elle ne se construira pas.

Cameroun : Le CJARC lance un plaidoyer historique pour l’emploi des personnes handicapées visuelles

Cameroun : Le CJARC lance un plaidoyer historique pour l’emploi des personnes handicapées visuelles YAOUNDÉ – Ce 16 décembre 2025, le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a franchi une étape décisive dans la lutte pour l’égalité des chances. En présentant officiellement son plaidoyer pour le recrutement des personnes handicapées visuelles (PHV) dans les secteurs public et privé, l’organisation appelle à passer des textes de loi à une inclusion réelle et concrète. Au Cameroun, malgré un arsenal juridique existant, le monde du travail reste encore largement fermé aux personnes handicapées visuelles. C’est pour briser ce « plafond de verre » que le CJARC, en partenariat avec la Mission Évangélique Braille (MEB), a réuni ce jour à Yaoundé les décideurs politiques, les chefs d’entreprises et la société civile. Un cadre légal solide, mais une application timide Depuis la ratification en 2021 de la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées et la loi nationale de 2010, le droit au travail est pourtant garanti. L’article 16 du décret de 2018 prévoit même des « emplois protégés ». Pourtant, le constat sur le terrain est amer : préjugés, absence d’aménagements des postes et manque de quotas contraignants maintiennent les PHV dans la précarité. « Le handicap ne signifie pas l’incapacité », rappelle le plaidoyer du CJARC, qui souligne que ces citoyens possèdent des compétences précieuses pour le développement national. Les piliers du plaidoyer : Emploi et Mobilité L’activité de ce 16 décembre s’est articulée autour de deux axes majeurs : Le Recrutement Inclusif :Demander aux administrations (MINFOPRA, MINAS, MINEFOP) et aux entreprises (via le GICAM) d’ouvrir leurs procédures de recrutement et d’adapter les postes de travail. « Canne blanche : un code pour tous » :Une campagne complémentaire visant à rappeler que l’inclusion commence dans la rue. La mobilité et la sécurité des PHV sont les conditions préalables à leur ponctualité et à leur efficacité professionnelle. Vers des engagements concrets La rencontre a mobilisé une cinquantaine de participants, dont des représentants de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) et du Fonds National de l’Emploi (FNE). L’objectif est clair : obtenir des promesses fermes de recrutement et la mise en place de cadres de collaboration permanents. Pour les responsables du CJARC, l’enjeu de 2025 est la visibilité. En montrant que les PHV peuvent être des cadres, des techniciens ou des agents administratifs performants, le Club espère transformer durablement le regard des employeurs camerounais. Ce qu’il faut retenir du plaidoyer : Accessibilité :Rendre les concours publics accessibles aux malvoyants. Aménagement :Installer des logiciels de lecture d’écran et du matériel adapté en entreprise. Quotas :Appliquer strictement les mesures de réservation de postes. L’inclusion n’est plus une option de charité, mais une obligation de droit. Le CJARC et ses partenaires ont aujourd’hui tracé la feuille de route pour un Cameroun où le talent prime sur le handicap.

Alliance Droits et Santé : 13 ans de lutte contre les violences basées sur le genre, des résultats probants dans six pays d’Afrique de l’Ouest

Abidjan, le 10 décembre 2025 – Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a organisé, le mercredi 10 décembre 2025, un webinaire de haut niveau en collaboration avec le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS), autour du thème : « Réseau Alliance Droits et Santé, 13 ans d’existence : acquis, défis et perspectives ». Cette rencontre virtuelle a permis de mettre en lumière les actions menées et les résultats obtenus par l’ADS dans ses six pays membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal, dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et pour la promotion des droits et de la santé des femmes et des filles. Un réseau engagé depuis 2013 Intervenant en ouverture, la présidente du Réseau Alliance Droits et Santé, Mme Caroline Tapsoba, également cheffe du département projets et programmes de l’Association Songui Manégré / Aide au Développement Endogène (ASMADE) au Burkina Faso, a présenté l’historique et les missions de l’ADS ainsi que le projet Alliance Transformative mis en œuvre dans les pays membres. Créé en 2013 à Ouagadougou, le Réseau Alliance Droits et Santé est né de la volonté d’acteurs engagés à défendre les droits des femmes et des filles, en particulier celles issues de milieux vulnérables. Le réseau adopte une approche participative et inclusive, impliquant directement les bénéficiaires dans l’identification des besoins et la définition des axes d’intervention. Ses actions ciblent notamment les jeunes filles, les femmes vulnérables et les personnes en situation de handicap, avec un fort accent sur le plaidoyer aux niveaux national, sous-régional et régional. Des avancées significatives Dans l’ensemble des six pays notamment le Niger, il y a eu des avancées significatives. Le coordonnateur du projet Alliance Transformative au Niger, M. Amadou Lawali, a présenté les actions mises en œuvre dans son pays. Il a souligné que les interventions sont contextualisées selon les réalités de chaque pays membre, chaque État ayant développé sa propre stratégie de plaidoyer. Au Niger, la stratégie repose sur deux axes majeurs : la lutte contre les violences basées sur le genre, le mariage d’enfants et le mariage forcé ; la promotion des droits et de la santé sexuelle et reproductive des femmes et filles en situation de handicap. Selon M. Lawali, les VBG demeurent très répandues au Niger, avec un taux de prévalence national estimé à 29 %, atteignant 38,2 % chez les femmes, contre 16,3 % chez les hommes. Par ailleurs, 63,6 % des femmes ont été en union avant l’âge de 18 ans. Il a salué les efforts du gouvernement nigérien, notamment à travers l’adoption de la Stratégie nationale de prévention et de réponse aux VBG, abus et exploitations sexuelles (2024-2028), ainsi qu’une stratégie nationale de lutte contre le mariage d’enfants (2024-2028). Grâce au projet Alliance Transformative, 144 mariages de jeunes filles ont pu être retardés ou annulés, des capacités locales ont été renforcées et plusieurs collectivités territoriales mobilisées. Le projet a également permis l’installation de rampes d’accès dans des structures de santé, facilitant la mobilité des personnes en situation de handicap, et la promotion de l’éducation des jeunes filles. Défis et résilience La troisième paneliste, Mme Maïga Adam Dicko, directrice exécutive de l’AJICAD au Mali, a mis en avant la synergie d’actions entre les organisations membres de l’ADS, qui a permis d’enregistrer des résultats encourageants. Elle a toutefois relevé plusieurs défis, notamment l’ampleur des phénomènes des VBG et du mariage d’enfants, ainsi que le contexte sécuritaire et l’instabilité politique, qui entravent le déploiement des actions. Malgré ces obstacles, les acteurs poursuivent leurs efforts, notamment en faveur du durcissement de la législation malienne sur les violences basées sur le genre. Un plaidoyer régional porteur de changements Mme Kaya Sy, responsable plaidoyer à Equipop Sénégal et membre du conseil de l’Alliance, est revenue sur les actions menées au niveau régional. Elle a indiqué que les efforts conjoints de l’ADS ont contribué à influencer l’adoption par l’Union africaine d’une stratégie régionale de lutte contre les violences basées sur le genre. Au Sénégal, le projet mis en œuvre par le Réseau Siggil Jiggen, Jeunesse et Développement (JED), Equipop et le RAES a permis de mobiliser des ressources en faveur des organisations de jeunes dans la région nord, notamment à Saint-Louis. Un centre adolescents fonctionnel a également été ouvert à Diamaguène, avec l’appui du projet, par l’organisation Takhawou Ndaw yi (« soutenir les jeunes »). Poursuivre la dynamique À l’issue des échanges, les participants ont unanimement reconnu la nécessité de poursuivre et renforcer la dynamique collective pour une lutte efficace et durable contre les violences basées sur le genre, et pour le respect des droits des femmes et des filles. Pour rappel, le Réseau Alliance Droits et Santé, créé en 2013, regroupe 22 associations issues de six pays d’Afrique de l’Ouest. Il œuvre à l’amélioration du statut et de la santé des femmes et des filles à travers le plaidoyer, les campagnes de communication et les événements mobilisateurs impliquant leaders politiques, religieux et communautaires. REMAPSEN

Afrique de l’Ouest : 13 ans d’impact de l’Alliance Droits et Santé dans la lutte contre les VBG

À l’occasion d’un webinaire de haut niveau organisé par le REMAPSEN ce 10 décembre 2025, le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS) a dressé le bilan de treize années d’engagement. Entre victoires législatives et actions de terrain, le réseau s’impose comme un pilier de la protection des femmes et des filles dans six pays de la sous-région. Abidjan, le 10 décembre 2025 – Treize ans après sa création à Ouagadougou, quel est l’héritage de l’Alliance Droits et Santé (ADS) ? C’est la question au cœur de la rencontre virtuelle organisée mercredi par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN). Sous la présidence de Mme Caroline Tapsoba, le Réseau a démontré que malgré un contexte sécuritaire complexe, la mobilisation pour les droits des femmes porte ses fruits au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal. Un rempart contre le mariage des enfants Le Niger, pays membre de l’Alliance, illustre parfaitement cette dynamique de changement. Alors que les violences basées sur le genre (VBG) y touchent encore 38,2 % des femmes, le projet « Alliance Transformative » a permis de remporter des victoires concrètes. M. Amadou Lawali, coordinateur national, a révélé que 144 mariages de jeunes filles ont pu être retardés ou annulés grâce aux interventions du réseau. Au-delà des chiffres, c’est une transformation structurelle qui s’opère avec l’installation de rampes d’accès dans les centres de santé pour les femmes en situation de handicap et l’appui à la Stratégie nationale de lutte contre le mariage d’enfants (2024-2028). Une résilience face à l’instabilité Au Mali, la lutte prend une forme de résistance. Mme Maïga Adam Dicko, directrice exécutive de l’AJICAD, a souligné la difficulté d’agir dans un contexte d’instabilité politique et d’insécurité. Pourtant, la synergie entre les 22 associations membres de l’ADS permet de maintenir la pression pour un durcissement de la législation malienne sur les VBG. Cette solidarité dépasse les frontières : au Sénégal, le plaidoyer a favorisé l’ouverture de centres pour adolescents à Diamaguène et la mobilisation de ressources accrues pour la jeunesse de la région de Saint-Louis. Un plaidoyer qui atteint l’Union Africaine L’un des succès les plus marquants de ces treize années reste l’influence de l’ADS au niveau continental. Mme Kaya Sy, membre du Conseil  de l’Alliance Droits  et Santé;  responsable plaidoyer à Equipop Sénégal, a rappelé que les actions conjointes du réseau ont contribué à l’adoption d’une stratégie régionale de lutte contre les VBG par l’Union Africaine. Les défis de demain Si le bilan est jugé « probant », les défis restent immenses pour 2026 et au-delà. La pauvreté, les normes sociales persistantes et les crises sécuritaires exigent une intensification de la dynamique collective. Comme l’a rappelé la présidente Caroline Tapsoba en clôture, l’Alliance Droits et Santé ne compte pas s’arrêter là. Le réseau entend renforcer son approche inclusive pour que chaque femme et chaque fille, quel que soit son milieu ou son handicap, puisse jouir pleinement de ses droits et de sa santé. Les chiffres clés de l’ADS en 2025 : 6 paysd’intervention en Afrique de l’Ouest. 22 associations 144 mariages annulés ou retardés au Niger grâce au projet Alliance Transformative. 13 ans d’existence et de plaidoyer ininterrompu.   REMAPSEN

Décès d’Anicet Ekane en détention : Le MDP salue la mémoire d’un « homme d’engagement » et exige la transparence

Dans un communiqué officiel, le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP) pleure la disparition du Président du Manidem, survenue dans un contexte de tensions post-électorales, et appelle les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances du drame.   Le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès (MDP) a fait part, dans un communiqué daté du 2 décembre 2025, de sa « profonde tristesse et vive consternation » suite à l’annonce du décès de Monsieur Anicet Ekane, Président du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem). La disparition est survenue alors qu’Anicet Ekane était placé en détention, un contexte que le MDP lie directement aux « tensions post-électorales consécutives au scrutin présidentiel du 12 octobre dernier ». Un vibrant hommage à un leader de conviction Par la voix de son Président national, Paul-Alain Eboua, le MDP a tenu à rendre un « vibrant hommage à cet homme d’engagement, de conviction et de courage ». Le communiqué insiste sur la camaraderie politique qui liait les deux entités dans la défense des valeurs démocratiques : « Bien que n’ayant pas appartenu à la même famille politique, Anicet Ekane fut un compagnon de route dans de nombreux combats menés pour la défense de la démocratie, de l’État de droit et de l’intérêt supérieur de notre nation », précise le texte. Sa forte implication lors du dernier scrutin, aux côtés des autres forces de progrès, est saluée comme la preuve de sa volonté inébranlable d’œuvrer pour un « changement pacifique, constructif et patriotique ».   Appel à la dignité humaine et au dialogue politique Le MDP considère que la disparition d’Anicet Ekane représente une « perte immense » pour sa famille, ses camarades du Manidem, l’opposition républicaine et tous ceux qui aspirent à une démocratie pluraliste et authentique. Face aux interrogations que suscite ce décès en détention, le MDP lance un appel solennel : Le MDP appelle au respect de la dignité humaine, à la transparence dans les circonstances entourant ce décès, et à la poursuite du dialogue politique pour préserver la paix sociale et restaurer la confiance dans les institutions. Le Président Paul-Alain Eboua a présenté ses condoléances les plus attristées à la famille biologique du défunt, ainsi qu’aux responsables, militants et sympathisants du Manidem, formulant le vœu que sa mémoire inspire la persévérance, l’intégrité et l’amour de la patrie. Prince MPONDO