Santé publique et lobbying : Mobilisation contre la fumée de l’interférence de l’industrie du tabac.

La lutte contre le tabac au Cameroun reste confrontée à de puissants intérêts économiques. C’est le principal enseignement de l’atelier de vulgarisation du rapport 2025 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac au Cameroun, organisé mardi 26 mai 2026 à Yaoundé par la Coalition Camerounaise Contre le Tabac (C3T) et le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE). Les travaux organisés avec l’accompagnement technique de l’alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ACTA) et l’appui technique et financier du Centre Mondial pour la Bonne Gouvernance sur le Contrôle du Tabac (GGTC), ont été présidés par le Pr Joseph Marie Mendimi Nkodo, Conseiller technique N°2 au ministère de la Santé publique.  Outre le renforcement des capacités des membres de la commission multisectorielle de lutte contre le tabac sur les dispositions de l’article 5.3 de la Convention cadre de l’Oms pour la Lutte antitabac (CCLAT), la rencontre a également permis a permis de présenter au public les conclusions d’un rapport qui dresse un tableau préoccupant de l’influence exercée par les industriels du tabac sur les politiques de santé publique au Cameroun. Selon Judith Chekumo, Secrétaire exécutive de la C3T, le Cameroun affiche certes une légère amélioration de son score d’ingérence, passé de 81 en 2023 à 76 en 2025. Mais ce progrès reste insuffisant, car plus le score demeure élevé, plus l’influence de l’industrie du tabac sur les décisions publiques est importante. Le rapport dénonce surtout les multiples stratégies de pression et de blocage exercées par l’industrie du tabac sur les réformes sanitaires engagées par l’État camerounais, en contradiction avec l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, ratifiée par le pays en 2006. Le rapport rappelle que la protection des politiques de santé publique en matière de lutte antitabac de l’Industrie du Tabac est un principe consacré par l’Article 5.3 de la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti- Tabac (CCLAT). Cet article dispose que « les parties, en appliquant leurs politiques de santé publique en matière de lutte antitabac doivent veiller à ce que celles-ci « politiques » ne soient pas influencées par les intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac conformément à la législation nationale. Cette disposition trouve pleinement sa place au Cameroun dans la mesure où depuis quelques années déjà, les politiques de contrôle du tabac sont systématiquement scrutées et sapées par les industriels du tabac exerçant au Cameroun. De l’avant-projet de Loi nationale sur le contrôle du tabac en passant par le Décret d’application de la Loi de 2006 (Loi 2006/018 du 29 Décembre 2006 régissant la Publicité au Cameroun) interdisant la publicité en faveur du tabac de la promotion et du parrainage pour aboutir en 2018 à l’Arrêté conjoint sur le marquage sanitaire graphique des emballages des produits du tabac commercialisé au Cameroun,  l’Industrie n’a ménagé aucun effort pour bloquer systématiquement le processus d’adoption desdites mesures et l’application effective pour d’autres. Les faisceaux d’interférence dénoncés La mise en œuvre de la réglementation sur le marquage sanitaire graphique (en particulier l’Article 21 de l’Arrêté conjoint MINSANTE/MINCOMMERCE du 03 Janvier 2018 fixant les modalités de conditionnement et d’étiquetage des emballages des produits du tabac commercialisé au Cameroun) est toujours fortement influencée par l’industrie du tabac qui impose ses délais aux autorités, perturbant ainsi le cycle de rotation des images prévu par la réglementation. Suite à une correspondance de l’Industrie du tabac au Ministre de la Santé Publique en Décembre 2022, sollicitant la reconduction des images adoptées en 2021 pour une période de deux (2) ans, la 3ème série d’images sur le marquage sanitaire graphique n’est pas toujours apposée sur les emballages depuis le 12 juin 2023. De même, la proposition de l’industrie du tabac d’accompagner le gouvernement dans l’analyse des produits à base de nicotine (VELO et VUSE de BAT) pour montrer leur innocuité, avait été acceptée par les responsables du Ministère de la Santé Publique au cours d’une réunion au mois de mars 2023. Même si la mesure n’a pas encore été mise en œuvre, le principe avait été acquis. Il convient de noter également que le comité CT 47 de l’Agence des Normes et de la Qualité (Anor) dédié aux questions de tabac et produits du tabac est présidé par un représentant de l’industrie du tabac. Certaines normes sur le tabac et les produits à base de la nicotine ont eu comme base de travail les avants projets de normes proposés par l’Industrie du tabac. La réglementation sur la Publicité en faveur du tabac, promotion et parrainage (article 13 de la CCLAT) est aussi toujours plombée par l’industrie du tabac. Après l’échec du projet de texte proposé au gouvernement par l’industrie et qui était contraire aux dispositions de la CCLAT, le processus d’adoption du texte d’application de la loi de 2006 régissant la Publicité au Cameroun stagne depuis 17 ans. Le nouveau texte élaboré à l’initiative de la Coalition Camerounaise Contre le Tabac avec les autres parties prenantes n’a jamais été adopté. Il en est de même pour l’avant-projet de loi sur le contrôle du tabac élaboré par les parties prenantes et transmises à la Présidence depuis 2011 qui jusqu’à date n’a toujours pas été examiné et adopté par le parlement.  Des mesures à envisager Face à la forte interférence de l’industrie du tabac, plusieurs mesures sont à préconiser. Entre autres : Le Renforcement des capacités  des parties prenantes de la lutte  antitabac  sur les dispositions de l’Article 5.3 de la CCLAT et des Directives de mise en œuvre;  la relecture par les parties prenantes de l’avant-projet de Loi nationale sur le contrôle du tabac et la relance du processus  de son adoption, le respect par les autorités  et la mise en œuvre adéquate des dispositions de la réglementation du 03 janvier 2018 portant sur le marquage sanitaire graphique; l’adoption  d’un code de conduite pour réguler les interactions entre les administrations  en charge du contrôle du tabac et l’industrie et  la mise en place au sein de la Commission Multisectorielle antitabac d’un mécanisme de veille et de  suivi des activités  règlementaires

Santé des femmes en Afrique : nouveau moteur de la croissance économique ?

En marge des Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’UNFPA et l’institution financière ont scellé une alliance stratégique. Objectif affiché, transformer la santé maternelle pour débloquer le potentiel économique du continent. C’est un changement de paradigme majeur dans les stratégies de développement en Afrique. Le 26 mai 2026, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et la Banque Africaine de Développement (BAD) ont signé un protocole d’accord historique. Désormais, la santé des mères et la résilience démographique ne sont plus de simples variables de santé publique. Elles deviennent les piliers centraux de la transformation économique africaine. L’idée force de cet accord est simple : investir dans le capital humain, et particulièrement dans la santé des femmes, est le moyen le plus sûr de doper la productivité globale et de capter le très convoité « dividende démographique ». Malgré des avancées notables ces dernières années, le continent africain bute encore sur des taux de mortalité maternelle élevés. En cause, un manque criant de financements, un accès inégal aux soins de qualité et des structures sanitaires souvent fragiles. Pour Diene Keita, Directrice exécutive de l’UNFPA, l’équation est limpide : « L’Afrique dispose d’une immense opportunité si nous réalisons des investissements stratégiques en faveur des femmes et des jeunes. Le progrès économique du continent ne sera possible que si nous faisons de la santé des femmes une priorité et relevons l’un des défis de développement les plus urgents de l’Afrique : les décès maternels évitables. » Financements innovants et virage technologique Dans le cadre de ce partenariat, l’UNFPA et la Banque Africaine de Développement exploreront des mécanismes innovants de financement et de mise en œuvre afin d’aider les pays à mobiliser des investissements en faveur des femmes et des jeunes, considérés comme des moteurs de la croissance de l’Afrique. Les priorités incluent notamment des investissements visant à moderniser les ressources humaines en santé grâce à la formation digitalisée; à renforcer les systèmes d’approvisionnement locaux ; à améliorer les infrastructures sanitaires résilientes au changement climatique ; ainsi qu’à soutenir la numérisation des systèmes d’information sanitaire. Ces actions constituent le prolongement d’une collaboration entamée depuis plus de deux décennies.  Depuis 1992, l’UNFPA et la BAD travaillent ensemble pour renforcer les systèmes de santé et promouvoir un développement fondé sur les données à travers l’Afrique. Parmi les nombreuses réalisations issues de cette collaboration figure en bonne place la modernisation des données démographiques en Côte d’Ivoire, notamment à travers le récent recensement de la population, permettant d’établir des projections fiables sur la fécondité, la mortalité, les migrations et d’autres indicateurs clés. L’autre action majeure est l’amélioration de l’accès aux services de soins obstétricaux et néonatals d’urgence dans 11 districts sanitaires du Cameroun, portant la « couverture des soins prénatals à 90 % dans les zones ciblées et augmentant le taux de prévalence contraceptive moderne bien au-delà de la moyenne nationale. A ceci, s’ajoutent des activités de sensibilisation et de changement de comportement reliant l’eau, l’assainissement et l’hygiène à la santé reproductive et au genre dans huit régions rurales de Madagascar. Il y a enfin l’intégration des questions d’égalité des sexes, de santé sexuelle et reproductive et de protection dans les plans d’adaptation au changement climatique dans 10 pays d’Afrique de l’Est et australe. L’UNFPA travaillera avec la BAD afin de veiller à ce que les feuilles de route relatives à la transition démographique soient placées au cœur des stratégies nationales de financement, garantissant ainsi que les investissements dans la santé et les droits soient reconnus comme des investissements stratégiques pour l’avenir de l’Afrique. Avec ce nouvel accord, les deux institutions veulent passer à la vitesse supérieure. Elles prévoient d’intégrer directement les feuilles de route de la transition démographique au cœur des budgets et des stratégies de financement des États africains. Une manière de graver dans le marbre que l’avenir financier de l’Afrique se joue, d’abord, à la maternité. À propos de l’UNFPA L’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, est l’agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive. Elle œuvre pour la défense des droits et des choix des femmes, des filles et des jeunes dans plus de 150 pays et territoires. L’UNFPA permet à des millions de femmes, de filles et de jeunes d’accéder à des services de santé essentiels, à une protection contre les violences, ainsi qu’à des informations vitales sur leur corps et leurs droits. L’organisation aide également les gouvernements à anticiper l’évolution des dynamiques démographiques afin de permettre aux populations de s’épanouir aujourd’hui comme demain, quelles que soient les tendances de la fécondité. Prince Mpondo    

L’école au rythme des règles : le calvaire silencieux des jeunes Camerounaises

Entre manque de toilettes adaptées et peur de la stigmatisation, nombreux sont les facteurs qui favorisent la précarité menstruelle. Un problème qui éloigne chaque mois, des milliers d’adolescentes des bancs de l’école au Cameroun, constituant ainsi un frein majeur à l’éducation qui sacrifie l’avenir de la jeune fille dans l’indifférence générale.  Fortement préoccupée par la question, l’association CHERREL de Klove Diana Kamdem, experte en santé publique a décidé d’interpeler la conscience collective à travers un concours national ouvert du 13 au 27 Mai 2026.  Une contribution significative à la promotion de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents qui mérite d’être placée au cœur des priorités nationales. Projecteur sur une réalité quotidienne mais silencieuse et méconnue de la majorité.  Arrêt dans un établissement scolaire de la ville de Yaoundé.  Nous sommes dans les couloirs du lycée Bilingue d’Ekounou à Yaoundé ce mardi 26 mai 2026, Florence, jeune fille âgée de 15 ans, baisse la tête. Ce matin, ses règles sont arrivées sans prévenir. Faute d’argent pour s’acheter des serviettes hygiéniques jetables, la jeune élève de la classe de troisième a dû improviser avec des mouchoirs jetables.  Sa hantise est qu’une tache de sang n’apparaisse sur son uniforme, l’exposant aux moqueries cruelles de ses camarades. « Quand j’ai mes règles, je préfère souvent rester à la maison », confie-t-elle à voix basse. « Ici au lycée, il n’y a pas toujours d’eau dans les toilettes pour se laver, et les verrous des portes sont cassés. C’est impossible de se changer dignement. ». Cette déclaration rejoint la situation clairement décrite par Dr Jeannette B. Afounde, experte en santé sexuelle et reproductive.  Intervenant au cours d’un webinaire organisé le 19 mai 2026 par l’association CHERREL en collaboration avec le Réseau des médias pour la promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), elle soutenait en effet que : « Pour beaucoup de filles, la peur n’est pas seulement d’avoir leurs règles. La peur est que cela arrive à l’école, la peur de la tache sur l’uniforme, la peur des moqueries, la peur de devoir quitter la classe plus tôt, la peur d’être humiliée dans un environnement qui ne comprend ni leur corps, ni leur réalité.  Dans certaines écoles, des adolescentes apprennent déjà à disparaître socialement quelques jours par mois avant même d’avoir appris à croire pleinement en elles-mêmes ». Comme Florence, elles sont des milliers au Cameroun à vivre ce calvaire mensuel. Selon l’UNESCO, une fille en Afrique subsaharienne manque l’école en moyenne quatre jours par mois à cause de ses menstruations. Mis bout à bout, ce fléau invisible représente près de 40 jours de cours perdus par an, provoquant retards scolaires, décrochages et parfois abandons définitifs. Cette problématique est aujourd’hui abordée à travers les approches de Menstrual Health and Hygiene (MHH) ou Menstrual Hygiene Management (MHM), qui reconnaissent que la santé menstruelle ne relève pas uniquement de l’hygiène, mais également de la dignité, de l’éducation, de la santé mentale et des droits humains. Le coût exorbitant de la dignité La racine du problème est d’abord économique. Avec l’inflation galopante, le prix d’un paquet de serviettes hygiéniques de qualité oscille entre 600 et 1 200 FCFA. Pour une famille vivant sous le seuil de pauvreté, le calcul est vite fait : la priorité va à la marmite, pas à l’hygiène intime. Les filles se tournent alors vers des solutions de fortune : vieux journaux, morceaux de matelas en mousse ou chiffons sales. Ces pratiques de système D augmentent drastiquement les risques d’infections de l’appareil reproducteur. Au-delà de la barrière financière, le tabou culturel pèse lourd. Dans de nombreuses communautés, les règles restent synonymes d’impureté ou de honte. L’absence d’éducation sexuelle et reproductive prépare mal les jeunes filles à ce changement biologique, transformant un processus naturel en un traumatisme récurrent. Des écoles non adaptées L’autre nœud de la crise se trouve au cœur même des établissements scolaires. Le manque d’infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) est criant. Comment exiger l’assiduité des filles lorsque les latrines des établissements ne garantissent ni intimité, ni eau courante, ni poubelles pour jeter les protections usagées ? L’école, censée être un lieu d’émancipation, devient un espace d’exclusion temporaire pour la population féminine. Face à cette urgence, la société civile camerounaise tente de colmater les brèches. Des associations locales multiplient les distributions de kits menstruels et promeuvent l’usage de serviettes lavables et réutilisables, plus écologiques et économiques. Mais ces initiatives de bénévoles restent une goutte d’eau dans un océan de besoins. Pour Dr Afoundé, ces mesures demeurent insuffisantes : « Le débat public réduit souvent cette problématique à la distribution de serviettes hygiéniques. Cette approche, bien qu’utile, demeure insuffisante. La précarité menstruelle est un phénomène multidimensionnel qui affecte directement les conditions d’apprentissage, la participation scolaire, le bien-être psychosocial et l’égalité des chances des jeunes filles » Vers une politique publique de l’intimité Pour que les règles cessent de dicter l’avenir académique des jeunes filles, une réponse institutionnelle forte est indispensable. Plusieurs pays africains ont déjà tracé la voie en supprimant les taxes sur les produits hygiéniques ou en les distribuant gratuitement dans les écoles. Le Cameroun doit emboîter le pas. Investir dans la santé menstruelle à l’école, ce n’est pas seulement distribuer des serviettes ; c’est garantir le droit à l’éducation, briser les tabous et offrir les mêmes chances de réussite aux filles qu’aux garçons. La jeune élève Florence suggère que les parents éduquent leurs enfants sur la question et que le gouvernement voit à la baisse les prix des serviettes hygiéniques. Elle évoque aussi la construction des toilettes adaptées dans les établissements scolaires. Pour sa part, Dr Jeannette Afoundé soutient que face à cette réalité, les réponses doivent être structurées, multisectorielles et concrètes : « Premièrement, il devient indispensable d’intégrer pleinement la santé menstruelle dans les politiques nationales d’éducation, de santé scolaire et de santé reproductive. Deuxièmement, un audit national des infrastructures scolaires sensibles au genre devrait être réalisé afin d’évaluer l’accès à l’eau ; l’état des toilettes ; la sécurité des espaces sanitaires et les conditions réelles de gestion menstruelle dans les écoles ».

Hantavirus : le Cameroun renforce sa surveillance et rassure la population

Face au foyer international d’infection à hantavirus de souche Andes signalé à bord du navire de croisière MV Hondius, les autorités camerounaises se veulent rassurantes. Dans une déclaration faite le 15 mai 2026 à Yaoundé, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a indiqué qu’aucun cas n’avait été enregistré au Cameroun, tout en annonçant un renforcement immédiat des mesures de veille et de préparation sanitaire. Selon le ministre, l’alerte a été transmise le 2 mai 2026 par le Royaume-Uni à Organisation mondiale de la Santé après la détection de plusieurs cas de maladies respiratoires sévères à bord du MV Hondius, parti d’Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril dernier. Les analyses menées par l’Institut national des maladies transmissibles d’Afrique du Sud, puis confirmées par les Hôpitaux universitaires de Genève, ont permis d’identifier un hantavirus de souche Andes, une forme rare du virus circulant principalement en Amérique du Sud. À ce jour, seize cas ont été recensés dans le monde, dont neuf confirmés en laboratoire et trois décès. Plus de 150 personnes considérées comme contacts à risque font actuellement l’objet d’un suivi dans quatorze pays répartis sur quatre continents. Le ministre a rappelé que les hantavirus sont généralement transmis par les rongeurs sauvages. Toutefois, la souche Andes présente une particularité préoccupante : elle peut également se transmettre entre humains à la suite de contacts étroits et prolongés. La maladie se manifeste d’abord par une forte fièvre, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires avant d’évoluer, dans les formes sévères, vers un syndrome cardio-pulmonaire nécessitant des soins intensifs. À ce jour, aucun traitement spécifique ni vaccin homologué n’existe contre cette infection. « Le pronostic peut être grave », a reconnu le ministre, évoquant une létalité pouvant atteindre 50 % dans certaines études cliniques, même si le foyer actuel présente un taux de mortalité estimé à 18 %. Malgré cette situation, les autorités sanitaires camerounaises estiment que le risque d’introduction du virus dans le pays reste faible. Le Cameroun ne figure pas parmi les destinations de rapatriement des passagers du navire concerné et aucun réservoir animal du virus Andes n’a été identifié en Afrique. S’appuyant sur l’évaluation de l’OMS, qui écarte tout risque pandémique à ce stade, le ministre a insisté sur la nécessité d’éviter toute panique. « La vie économique et sociale doit se poursuivre normalement », a-t-il déclaré, précisant qu’aucune restriction n’est envisagée concernant les déplacements, les écoles, les marchés ou les lieux de culte. Par mesure de précaution, le ministère de la Santé publique a néanmoins activé plusieurs mécanismes de préparation. Le Centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique (CCOUSP) a renforcé sa veille sanitaire, tandis qu’un plan national de préparation et de riposte est en cours d’élaboration. La surveillance a également été renforcée dans les principaux points d’entrée du territoire, notamment aux aéroports internationaux de Yaoundé-Nsimalen et de Douala ainsi qu’aux ports de Douala, Kribi et Limbé. Dans les hôpitaux de référence, les chambres d’isolement sont progressivement réactivées pour une éventuelle prise en charge des cas sévères. Les autorités sanitaires travaillent également à l’activation du circuit d’acheminement des échantillons vers l’Institut Pasteur de Dakar. Le ministre a par ailleurs invité les voyageurs revenant des zones concernées ou ayant été en contact avec des passagers du MV Hondius à consulter rapidement en cas de forte fièvre, de symptômes respiratoires sévères ou de signes d’atteinte rénale. Aux professionnels de santé, il a rappelé l’importance du strict respect des mesures de prévention des infections respiratoires, notamment le port d’équipements de protection adaptés lors de la prise en charge des cas suspects. Enfin, Manaouda Malachie a appelé les médias et les leaders d’opinion à faire preuve de responsabilité afin d’éviter la propagation de fausses informations susceptibles d’alimenter l’inquiétude au sein des populations Prince Mpondo

Alerte Ebola : l’OMS déclare l’urgence sanitaire Internationale en RDC et en Ouganda

Le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus vient de prendre une décision historique. Face à une épidémie d’Ebola jugée hors de contrôle en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, l’état d’urgence mondiale a été décrété.  L’information a été communiquée aux professionnels des médias membres du REMAPSEN ce 20 mai 2026, au cours d’une conférence de presse hybride. L’ampleur de la situation est traduite par cette mesure d’une particularité inédite : l’alerte a été lancée avant même la réunion officielle du Comité d’urgence.  Une décision prise conformément à l’article 12 du Règlement sanitaire international, après consultation des ministres de la Santé de la RDC et de l’Ouganda, et compte tenu de l’urgence de la situation. « …J’ai déclaré une urgence de santé publique de portée internationale face à l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. C’est la première fois qu’un Directeur général déclare une urgence de santé publique de portée internationale avant la réunion d’un Comité d’urgence », a précisé le Directeur général de l’Oms qui a également déclaré que : « J’ai déterminé que la situation ne constituait pas une pandémie, qui est la nouvelle classification la plus élevée en vertu du Règlement sanitaire international modifié.  Après avoir déclaré l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), j’ai immédiatement convoqué un Comité d’urgence conformément au Règlement sanitaire international (RSI) ». L’OMS évalue le risque épidémique comme élevé au niveau régional, mais rassure sur un risque faible à l’échelle mondiale. L’organisation précise également qu’il ne s’agit pas d’une « pandémie » mais plutôt d’une urgence de santé publique. Le virus progresse rapidement et touche désormais de grandes zones urbaines. À ce jour, 51 cas ont été confirmés en RDC, dans les provinces septentrionales d’Ituri et du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Bunia et de Goma. L’Ouganda a également informé l’OMS de deux cas confirmés dans la capitale, Kampala, dont un décès, parmi deux personnes ayant voyagé de la RDC vers l’Ouganda. Un ressortissant américain travaillant en RDC a également été testé positif et rapatrié en Allemagne. Selon le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, plusieurs facteurs justifient une vive inquiétude quant au risque de propagation accrue et de nouveaux décès. Premièrement, outre les cas confirmés, on dénombre près de 600 cas suspects et 139 décès suspects. Les prévisions indiquent que ces chiffres continueront d’augmenter, compte tenu de la durée de circulation du virus avant la détection de l’épidémie. Deuxièmement, l’épidémie s’est étendue, avec des cas signalés dans plusieurs zones urbaines. Troisièmement, des décès ont été signalés parmi le personnel soignant, ce qui indique une transmission nosocomiale. Quatrièmement, la région connaît d’importants mouvements de population. La province d’Ituri est extrêmement instable. Le conflit s’est intensifié depuis fin 2025 et les combats ont connu une escalade significative au cours des deux derniers mois, avec plus de 100 000 personnes nouvellement déplacées. La région est également une zone minière, ce qui engendre d’importants mouvements de population et accroît le risque de propagation. Enfin, cinquièmement, cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une espèce de virus Ebola pour laquelle il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué.  La riposte : 3,9 millions de dollars débloqués Face à l’absence de traitement médical, la stratégie repose entièrement sur le dépistage et l’isolement. L’OMS injecte 3,4 millions de dollars supplémentaires pour financer les opérations au sol. En Ouganda, le président Museveni a annulé les commémorations de la Journée des martyrs. Cet événement devait rassembler 2 millions de personnes. Un choix salué par l’OMS pour briser la chaîne de transmission. En l’absence de traitement médical direct, l’OMS appelle les pays de la région à appliquer strictement les recommandations temporaires du Comité d’urgence, basées sur le dépistage, l’isolement des cas et le suivi rigoureux des contacts pour briser les chaînes de transmission.  Comment se protéger du virus Ebola ? En l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo, la vigilance et le respect strict des mesures d’hygiène sont vos meilleures armes si vous devez vous déplacer dans les régions concernées. Les gestes barrières essentiels Lavage des mains : Nettoyez-vous fréquemment les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique. Zéro contact physique : Évitez tout contact direct avec le sang, la salive ou tout autre fluide corporel de personnes malades. Objets contaminés : Ne touchez pas à des objets ayant pu être en contact avec un malade (draps, vêtements, matériel médical).  Précautions en zones rurales et forestières Faune sauvage : Évitez tout contact avec des animaux sauvages (vivants ou morts), en particulier les chauves-souris et les singes. Viande de brousse : Ne consommez pas et ne manipulez pas de viande sauvage. Assurez-vous que toute viande soit extrêmement bien cuite.  Que faire en cas de symptômes ? Si vous développez de la fièvre, des maux de tête intenses, des vomissements ou des diarrhées pendant ou après votre voyage (jusqu’à 21 jours après le retour) : Isolez-vous immédiatement et contactez les autorités sanitaires par téléphone (ne vous rendez pas directement aux urgences). Prince Mpondo

Génonique : L’Afrique prend en main son destin médical

En marge de la réunion régionale du Sommet mondial de la santé à Nairobi, un investissement historique de 3,5 millions de dollars vient d’être annoncé pour structurer la médecine de précision sur le continent et acquérir une plateforme de séquençage NovaSeq X Plus. Portée par un partenariat Sud-Sud entre le Kenya et la Côte d’Ivoire, cette initiative vise à corriger un biais scientifique majeur : l’absence quasi totale des génomes africains dans la médecine moderne. C’est un paradoxe que les scientifiques africains dénoncent depuis des décennies. L’Afrique abrite la plus grande diversité génétique humaine au monde. Pourtant, ses populations restent les grandes oubliées des études génomiques mondiales et des bases de données de référence. Ce déficit n’est pas qu’une question de statistiques, il a des conséquences cliniques concrètes et quotidiennes sur le continent : diagnostics erronés, interprétations médicales incorrectes et administration de traitements standardisés s’avérant moins efficaces pour les patients africains. Pour briser ce plafond de verre, les structures Biolinx Africa, la YTO Foundation et Nextgen Molecular Lab ont officialisé une alliance stratégique lors d’une table ronde de haut niveau à huis clos. Baptisée « Du dialogue à la mise en œuvre : construire l’avenir de l’Afrique en génomique et en médecine de précision », cette rencontre a réuni chercheurs, régulateurs gouvernementaux et investisseurs pour tracer une feuille de route opérationnelle sur 24 mois. L’arme technologique : le séquençage à très grande échelle Le cœur de cet investissement de 3,5 millions de dollars repose sur l’acquisition d’une plateforme technologique de pointe : le séquenceur NovaSeq X Plus (développé par Illumina). Cette machine de dernière génération permet des applications de séquençage intensif à grande échelle. Installée entre le Kenya et la Côte d’Ivoire, elle servira de pilier pour la production et l’analyse de données génomiques endogènes. L’objectif à court terme est d’intégrer la pharmacogénomique, l’étude de l’influence des gènes sur la réponse aux médicaments dans les décisions cliniques de routine, avec une priorité accordée aux protocoles thérapeutiques en oncologie (cancer). « La génomique en Afrique doit passer de la conversation à la capacité opérationnelle. Ce partenariat consiste à mettre l’infrastructure, l’investissement et le leadership scientifique africain au service d’un agenda de mise en œuvre concret », insiste le Dr Robert Karanja, Fondateur et Directeur Exécutif de Biolinx Africa. L’alignement politique et le pouvoir des réseaux Cette initiative privée ne naît pas dans un vide institutionnel. Elle s’inscrit au contraire dans un alignement politique continental sans précédent. L’AUDA-NEPAD (l’Agence de développement de l’Union africaine) a récemment classé la génomique parmi ses priorités scientifiques absolues. Selon Africa CDC, six pays ont déjà déployé des stratégies nationales dédiées, et onze autres s’apprêtent à franchir le pas. À l’échelle internationale, le Conseil exécutif de l’OMS a formellement adopté en février 2026 une résolution appelant à soutenir les infrastructures de bioinformatique et les banques de données génétiques en médecine de précision. Ce rapprochement transfrontalier est également le produit direct du réseautage scientifique africain. Le Dr Karanja et le Professeur David Téa Okou (fondateur de la YTO Foundation) se sont rencontrés au sein d’African Voices of Science (AVoS), une plateforme lancée en 2020 par l’ONG Speak Up Africa pour amplifier la voix des experts du continent et contribuer à orienter les politiques et les investissements vers des solutions de santé portées par l’Afrique. Pour Fara Ndiaye, Co-Fondatrice et Directrice Adjointe de Speak Up Africa, ce projet valide la stratégie du réseau : « L’Afrique ne peut pas construire des systèmes de santé équitables à partir de données qui ne représentent pas ses populations. Ce partenariat est la preuve de ce qui devient possible lorsque les experts africains disposent de l’espace nécessaire pour diriger. À présent, nous avons besoin d’investissements et d’une volonté politique à la hauteur de leur ambition. » Ancré initialement en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest, ce réseau technologique affiche déjà une ambition claire : s’étendre progressivement à l’ensemble du continent pour que la médecine de précision ne soit plus un luxe importé, mais un standard de soin local. Prince Mpondo

Yaoundé : le CJARC et l’UNESCO renforcent l’accès des personnes déficientes visuelles aux outils de connaissance

Le 13 mai 2026, le siège du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), à Yaoundé, a servi de cadre à un important atelier de vulgarisation des outils de connaissances destinés aux Personnes Handicapées Visuelles (PHV). Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au renforcement des droits des personnes vivant avec un handicap, de l’accessibilité, des services inclusifs et de la non-discrimination au Cameroun. L’atelier a réuni plusieurs personnalités et acteurs engagés dans la promotion des droits des personnes handicapées, notamment la représentante du Ministère des Affaires Sociales (MINAS), L’adjointe au Maire de la Commune d’arrondissement de Yaoundé IV, le représentant du Directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, ainsi que les représentants des Organisations des Personnes Handicapées Visuelles (OPHV). Dans son mot de bienvenue, le Directeur Général du CJARC, Coco Bertin, a salué la tenue de cette rencontre qui vise à assurer la transcription, la vulgarisation et la diffusion des outils de connaissances auprès des personnes aveugles et malvoyantes. Il a rappelé que ce projet conjoint est financé par l’UNPRPD et mis en œuvre par l’UNESCO, l’UNFPA et le HCDH, avec l’appui institutionnel du Ministère des Affaires Sociales. Au cours de cet atelier, une quinzaine d’organisations de personnes handicapées visuelles ont reçu des versions en braille, audio et numérique de plusieurs documents stratégiques produits par le CJARC. Parmi ces documents figurent le Guide de renforcement des mécanismes de coordination inter-OPH, le Guide pour le renforcement des capacités des parties prenantes sur l’évaluation et la simplification du système de référencement des personnes handicapées au Cameroun, ainsi que le Guide pour une meilleure prise en compte du handicap dans les projets et programmes des Nations Unies. Afin de faciliter l’appropriation de ces outils par les bénéficiaires, trois experts ont procédé à des présentations détaillées et à des analyses des différents guides avant leur remise solennelle aux organisations bénéficiaires. Le Coordonnateur du projet Mathieu Kana, et représentant du Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, a également pris part à cette activité. Dans une interview accordée à la presse, il a salué l’initiative de l’UNESCO qui a choisi de s’appuyer sur le CJARC pour produire ces documents dans des formats accessibles aux personnes déficientes visuelles. « Des documents ont été produits en braille, en version audio et numérique, puis distribués aux organisations de personnes déficientes visuelles. Ces organisations vont se servir de ces outils pour sensibiliser leurs membres et les amener à connaître leurs droits afin d’être en mesure de les revendiquer », a-t-il expliqué. Le représentant de l’UNESCO a par ailleurs souligné que plusieurs textes et instruments existent déjà pour faciliter l’insertion des personnes handicapées, notamment la loi camerounaise de 2010 relative à la protection et à la promotion des personnes handicapées ainsi que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Toutefois, il a insisté sur le fait que ces outils demeurent peu connus des bénéficiaires lorsqu’ils ne sont pas disponibles dans des formats accessibles. « Tant que ces outils ne sont pas présentés dans un format accessible, les bénéficiaires ne sont même pas au courant des documents mis à leur disposition », a-t-il déploré, avant de saluer « une belle initiative » de l’UNESCO permettant aux personnes concernées de mieux s’approprier leurs droits et de bénéficier des avantages prévus dans ces documents. En clôturant son propos, le Directeur Général du CJARC a exprimé sa profonde gratitude à l’UNESCO pour la confiance accordée au CJARC dans la vulgarisation de ces outils auprès des organisations des personnes handicapées visuelles. Il a également remercié le MINAS et la mairie de Yaoundé IV pour leur accompagnement constant dans les actions en faveur de l’inclusion sociale des personnes handicapées au Cameroun. Prince Mpondo

Prix Galien Afrique : les candidatures de la 6ème édition sont ouvertes

Le coup d’envoi de la 6ème édition du prestigieux Prix Galien Afrique qui récompense l’excellence en santé, est officiellement lancé depuis le 31 mars 2026 à Dakar au sénégal . En partenariat avec la Fondation Galien, Galien Africa a  lancé   l’appel à candidature   et invite les chercheurs, institutions et industries du secteur de la santé à soumettre leurs innovations. La date limite de recevabilité des candidature est fixée au 31 juillet 2026. Véritable « Prix Nobel » de la recherche pharmaceutique et médicale en Afrique, cette distinction célèbre depuis cinq ans déjà, les avancées technologiques et thérapeutiques qui transforment durablement le paysage sanitaire du continent. Le Prix Galien Afrique récompense l’excellence dans quatre domaines clés, qu’ils soient issus du secteur public ou privé.  Les catégories concernées sont les suivantes :  meilleur produit pharmaceutique, meilleur produit de tradithérapie (valorisation de la pharmacopée locale), meilleur produit biotechnologique et meilleure technologie médicale ou solution digitale (e-santé, diagnostic, télémédecine, etc.).  Chaque lauréat recevra une bourse de 20 millions de FCFA (environ 30 000 USD) pour soutenir le développement de son projet. Les candidatures se font exclusivement par voie électronique sur la base du formulaire disponible à l’adresse web : www.prixgalienafrique.com Pour être éligibles, les produits, services ou initiatives doivent avoir été récemment introduits sur le marché africain. Le jury, composé d’experts internationaux, basera ses délibérations sur deux piliers fondamentaux : le degré d’innovation ou la portée de la découverte et l’impact réel sur l’amélioration de la condition humaine, animale ou environnementale en Afrique. Depuis 2018, le Forum Galien Afrique est organisé à Dakar et abritera cette année, la sixième édition du Prix Galien Afrique. La remise des prix sera le point d’orgue de la 9ème édition du Forum Galien Afrique, qui se tiendra à Dakar du 8 au 11 décembre 2026.  Le forum réunira des Prix Nobel, des Leaders politiques, des experts, des chercheurs, des étudiants, des médecins, des socio-anthropologues, des biologistes, des innovateurs, des investisseurs, des organisations internationales, la société civile, le secteur privé autour d’une thématique cruciale : « Santé mentale en Afrique : équité et intégration dans les soins de santé primaires, où en sommes-nous ? ». Les informations complémentaires liées à ce prix peuvent être obtenues à l’adresse mail : communication@forumgalienafrique.com  

« Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles »

Martin Luther Amahata Adibita, Co-fondateur Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), explique l’importance de la santé mentale pour les parents d’enfants à besoins spécifiques. Qu’est ce qui justifie l’organisation depuis quatre ans déjà, du séminaire des familles d’enfants à besoins spécifiques ? Vous savez que le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) est une organisation non gouvernementale qui lutte pour la promotion et la protection des personnes handicapées en général, et des personnes aveugles en particulier. Pour cela, nous ne cessons jamais de mettre sur notre programme la sensibilisation, la formation et l’éducation des enfants à besoins spéciaux. C’est pour cela que nous avons bien voulu que, cette année, nous puissions une fois de plus inviter les familles qui ont des enfants à besoins spéciaux pour qu’ensemble nous puissions partager ce que la nature a bien voulu que ces enfants puissent endurer. Et qu’ils ne se sentent pas seuls, qu’ils se sentent aussi accompagnés. Pendant ce séminaire, beaucoup de choses vont se faire découvrir. Nous allons apprendre de ces familles, et ces familles aussi vont apprendre avec les techniciens que nous avons. Donc nous partons gagnant-gagnant. Et pour cela, personne ne rentrera sans toutefois avoir quelque chose de nouveau dans ses connaissances, dans l’encadrement de ces personnes handicapées que nous avons dans nos familles. Pourquoi avoir choisi la santé mentale pour cette édition ? ​ Les familles et la société ne comprennent pas déjà le problème. C’est pour cela que les techniciens, les psychologues et puis les techniciens d’encadrement des personnes à besoins spéciaux, les spécialistes, vont nous enseigner que ce n’est pas une fatalité. C’est une situation qui est arrivée au cours de la vie et pour cela, on doit comprendre que c’est déjà quelque chose qu’il faut vivre avec, et on peut y trouver son compte. Je prends l’exemple : mon ami Coco Bertin est déficient visuel comme moi. Nos parents n’avaient aucune connaissance de l’encadrement des personnes à besoins spéciaux, des enfants handicapés que nous étions. Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles. Nos familles comptent sur nous. C’est pour cela que chaque famille qui est là maintenant avec son enfant, il doit compter sur son enfant, que c’est un jour cet enfant qui va faire décoller la famille. Et il ne doit pas être mis de côté. C’est pour cela que nous encourageons vraiment les familles d’être ensemble, d’échanger entre nous. » Quel message pour ces parents qui gardent encore les enfants à la maison, souvent dans l’ignorance et aussi par crainte du coût financier élevé de la prise en charge des enfants à besoins spécifiques ? ​Pour les familles qui ne sont pas encore au courant ou bien qui ont honte de leur handicap, je voudrais les appeler une fois de plus, leur dire que vraiment ils ne doivent pas se soucier de la charge que Dieu donne à chacun. Quand Dieu te donne une charge, il te donne aussi les moyens pour pouvoir supporter cette charge. Et pour cela, il ne faut jamais se décourager parce qu’il y a un obstacle dans la vie. Il faut sortir et chercher les autres, être ensemble. C’est ensemble que nous nous encourageons. Et pour cela, que les familles fassent sortir les enfants. Ils ne doivent pas les laisser de côté, ils ne doivent pas les laisser dans la maison. Ils doivent sortir et vivre comme tout le monde car le Cameroun, l’Afrique et le monde entier ont besoin de tout le monde. Chacun apporte sa contribution pour le développement de ce monde. C’est pour cela qu’il ne faut jamais rester derrière. »  

« Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles »

Martin Luther Amahata Adibita, Co-fondateur Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), explique l’importance de la santé mentale pour les parents d’enfants à besoins spécifiques.  Qu’est ce qui justifie l’organisation depuis quatre ans déjà, du séminaire des familles d’enfants à besoins spécifiques ? Vous savez que le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) est une organisation non gouvernementale qui lutte pour la promotion et la protection des personnes handicapées en général, et des personnes aveugles en particulier. Pour cela, nous ne cessons jamais de mettre sur notre programme la sensibilisation, la formation et l’éducation des enfants à besoins spéciaux. C’est pour cela que nous avons bien voulu que, cette année, nous puissions une fois de plus inviter les familles qui ont des enfants à besoins spéciaux pour qu’ensemble nous puissions partager ce que la nature a bien voulu que ces enfants puissent endurer. Et qu’ils ne se sentent pas seuls, qu’ils se sentent aussi accompagnés. Pendant ce séminaire, beaucoup de choses vont se faire découvrir. Nous allons apprendre de ces familles, et ces familles aussi vont apprendre avec les techniciens que nous avons. Donc nous partons gagnant-gagnant. Et pour cela, personne ne rentrera sans toutefois avoir quelque chose de nouveau dans ses connaissances, dans l’encadrement de ces personnes handicapées que nous avons dans nos familles. Pourquoi avoir choisi la santé mentale pour cette édition ? ​ Les familles et la société ne comprennent pas déjà le problème. C’est pour cela que les techniciens, les psychologues et puis les techniciens d’encadrement des personnes à besoins spéciaux, les spécialistes, vont nous enseigner que ce n’est pas une fatalité. C’est une situation qui est arrivée au cours de la vie et pour cela, on doit comprendre que c’est déjà quelque chose qu’il faut vivre avec, et on peut y trouver son compte. Je prends l’exemple : mon ami Coco Bertin est déficient visuel comme moi. Nos parents n’avaient aucune connaissance de l’encadrement des personnes à besoins spéciaux, des enfants handicapés que nous étions. Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles. Nos familles comptent sur nous. C’est pour cela que chaque famille qui est là maintenant avec son enfant, il doit compter sur son enfant, que c’est un jour cet enfant qui va faire décoller la famille. Et il ne doit pas être mis de côté. C’est pour cela que nous encourageons vraiment les familles d’être ensemble, d’échanger entre nous. » ​Quel message pour ces parents qui gardent encore les enfants à la maison, souvent dans l’ignorance et aussi par crainte du coût financier élevé de la prise en charge des enfants à besoins spécifiques ? ​Pour les familles qui ne sont pas encore au courant ou bien qui ont honte de leur handicap, je voudrais les appeler une fois de plus, leur dire que vraiment ils ne doivent pas se soucier de la charge que Dieu donne à chacun. Quand Dieu te donne une charge, il te donne aussi les moyens pour pouvoir supporter cette charge. Et pour cela, il ne faut jamais se décourager parce qu’il y a un obstacle dans la vie. Il faut sortir et chercher les autres, être ensemble. C’est ensemble que nous nous encourageons. Et pour cela, que les familles fassent sortir les enfants. Ils ne doivent pas les laisser de côté, ils ne doivent pas les laisser dans la maison. Ils doivent sortir et vivre comme tout le monde car le Cameroun, l’Afrique et le monde entier ont besoin de tout le monde. Chacun apporte sa contribution pour le développement de ce monde. C’est pour cela qu’il ne faut jamais rester derrière.