Santé mentale des parents d’enfants à besoins spécifiques : Le CJARC appelle à une responsabilité collective
Le siège du Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) à Ékié a servi de cadre, ce 7 mai 2026, à l’ouverture d’un séminaire crucial dédié aux familles d’enfants à besoins spécifiques. Sous l’impulsion de Martin Luther Amahata Adibita, Co-fondateur du Cjarc, l’accent a été mis sur l’urgence de soutenir la santé mentale des parents, un pilier trop souvent oublié de l’inclusion. Le séminaire, qui se tient du 7 au 9 mai, propose des ateliers d’échange, des séances d’écoute et des partages d’expériences visant à : briser le tabou de la détresse psychologique chez les parents, outiller les familles pour une meilleure résilience au quotidien et mobiliser la communauté (voisins, écoles, institutions) pour un soutien actif.



Devant un parterre de personnalités, notamment des représentants du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), du Ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB), des spécialistes en santé mentale ainsi que des parents et de nombreux médias, le ton a été donné. La prise en charge d’un enfant en situation de handicap ne doit plus être le fardeau solitaire d’une famille, mais une cause nationale.
Un cri du cœur pour les parents

Lors de son allocution d’ouverture, Martin Luther Amahata Adibita a rappelé avec émotion que derrière chaque enfant à besoins spécifiques se trouvent des parents souvent épuisés, confrontés au stress chronique et à l’isolement social. « Pour les familles qui ne sont pas encore au courant ou bien qui ont honte de leur handicap, alors je voudrais les appeler une fois de plus, leur dire que vraiment ils ne doivent pas se soucier de la charge que Dieu donne à chacun. Quand Dieu te donne une charge, il te donne aussi les moyens pour pouvoir supporter cette charge. Et pour cela, il ne faut jamais se décourager parce qu’il y a un obstacle dans la vie. Il faut sortir et chercher les autres, être ensemble. C’est ensemble que nous nous encourageons », a-t-il déclaré, justifiant ainsi le thème de cette édition : « Santé mentale et bien-être psychologique des parents d’enfants à besoins spécifiques : une responsabilité collective. »
Une synergie gouvernementale et sociale

La présence des représentants du MINPROFF et du MINEDUB souligne l’aspect transversal de cette problématique. Entre la nécessité d’un accompagnement social de proximité et l’adaptation du système éducatif, les autorités ont réitéré leur engagement à soutenir les initiatives de la société civile comme celles du CJARC.

Dans son mot de circonstance, Mme Olive Nancy Eyango, de la Délégation Régionale du Minproff du Centre a souligné que : « l’initiative qui a été engagée est louable, parce que quand on parle d’inclusion, il ne faut laisser personne derrière. Et c’est exactement ce que le CJARC met en avant : l’inclusion de tout enfant à besoins spécifiques. La problématique est intégrée dans notre ministère en ce sens que nous faisons un accompagnement psychosocial de ces parents-là, parce que nous sommes conscients qu’ils sont confrontés à des angoisses, à un stress, et nous leur apportons de l’accueil, de l’orientation, de l’écoute et des conseils, pour qu’ils ne se sentent pas seuls ».

De son côté, Mme Francoise Atangana, point focal inclusion à la Délégation Régionale du Minedub du Centre a insisté sur le lien intrinsèque entre le bien-être parental et la réussite scolaire de l’enfant : « Le Ministère de l’Éducation de Base loue cette initiative et se félicite du thème autour duquel sont organisés les travaux de ce séminaire de trois jours. Parce que le principal soutien des enfants à besoins spécifiques en termes de scolarité, en termes d’inclusion sociale de façon générale, commence dans la famille. Et soutenir les familles, c’est favoriser une meilleure scolarité, une meilleure inclusion sociale des enfants à besoins spécifiques. C’est pour cela que cela rentre en droite ligne de tout ce qui est prévu dans la politique nationale d’éducation inclusive. Donc c’est bon que ce genre d’initiative soit capitalisée, mise en œuvre et qu’elle soit visible pour qu’on sache que nous pouvons toujours compter sur l’accompagnement des structures comme le CJARC ».

Les parents acteurs majeurs au cœur de ces travaux, saluent eux aussi l’initiative. Mme Elisabeth Modjoto, est parent d’enfant autiste. « Le CJARC a beaucoup fait pour moi, parce que « quand j’arrive au CJARC, j’avais un enfant autiste que je ne savais même pas s’il entend. Donc, il a fait la classe spécialisée de l’âge de 4 ans, aujourd’hui il a 10 ans. Il ne parvenait même pas à manger, il ne parvenait à rien faire. Mais je vous en assure, sans le CJARC je ne suis rien en tant que parent, parce que le CJARC a bagarré pour que mon fils soit là où il est. Puisque pour un parent d’un enfant autiste, avoir un enfant autiste de l’âge de 10 ans qui parvient déjà à être autonome, c’est quelque chose », raconte -t-elle. Elle évoque aussi les difficultés du quotidien et les attentes à l’issue des travaux : « Les difficultés qu’on rencontre au quotidien, d’abord c’est notre entourage, parce que les autres ne voient pas les enfants là comme tout le monde. D’autres vont te dire que tu as un enfant serpent. Si l’enfant peut être passe au carrefour et il arrache une banane, vous allez voir une réaction du genre « Madame, vient payer ! », donc avec un ton de mépris. Les enseignements de ce séminaire devraient nous permettre de mieux encadrer nos enfants et surmonter les obstacles sociaux ».
A titre de rappel, le séminaire ouvert ce 7 mai à Yaoundé est le 4ème du genre qu’organise le Cjarc. Pendant trois jours, les participants vont recevoir les enseignements sur diverses thématiques au programme : impact psychologique et social du handicap d’un enfant sur les parents, stress, anxiété, épuisement et dépression des parents comment en venir en bout, cultiver la résilience parentale et savoir se donner de la motivation, la relation d’aide : rôle du soutien spirituel familial et social ; savoir prendre soin de soi pour mieux accompagner son enfant, clé pour être un bon parent et garder une bonne santé mentale .
Prince Mpondo
































































































