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« Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles »

Martin Luther Amahata Adibita, Co-fondateur Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC), explique l’importance de la santé mentale pour les parents d’enfants à besoins spécifiques.

Qu’est ce qui justifie l’organisation depuis quatre ans déjà, du séminaire des familles d’enfants à besoins spécifiques ?

Vous savez que le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) est une organisation non gouvernementale qui lutte pour la promotion et la protection des personnes handicapées en général, et des personnes aveugles en particulier. Pour cela, nous ne cessons jamais de mettre sur notre programme la sensibilisation, la formation et l’éducation des enfants à besoins spéciaux. C’est pour cela que nous avons bien voulu que, cette année, nous puissions une fois de plus inviter les familles qui ont des enfants à besoins spéciaux pour qu’ensemble nous puissions partager ce que la nature a bien voulu que ces enfants puissent endurer. Et qu’ils ne se sentent pas seuls, qu’ils se sentent aussi accompagnés. Pendant ce séminaire, beaucoup de choses vont se faire découvrir. Nous allons apprendre de ces familles, et ces familles aussi vont apprendre avec les techniciens que nous avons. Donc nous partons gagnant-gagnant. Et pour cela, personne ne rentrera sans toutefois avoir quelque chose de nouveau dans ses connaissances, dans l’encadrement de ces personnes handicapées que nous avons dans nos familles.

Pourquoi avoir choisi la santé mentale pour cette édition ?

​ Les familles et la société ne comprennent pas déjà le problème. C’est pour cela que les techniciens, les psychologues et puis les techniciens d’encadrement des personnes à besoins spéciaux, les spécialistes, vont nous enseigner que ce n’est pas une fatalité. C’est une situation qui est arrivée au cours de la vie et pour cela, on doit comprendre que c’est déjà quelque chose qu’il faut vivre avec, et on peut y trouver son compte. Je prends l’exemple : mon ami Coco Bertin est déficient visuel comme moi. Nos parents n’avaient aucune connaissance de l’encadrement des personnes à besoins spéciaux, des enfants handicapés que nous étions. Nous nous sommes forgés dans la société et dans les écoles, et ça a permis à ce qu’actuellement nous sommes des piliers de nos familles. Nos familles comptent sur nous. C’est pour cela que chaque famille qui est là maintenant avec son enfant, il doit compter sur son enfant, que c’est un jour cet enfant qui va faire décoller la famille. Et il ne doit pas être mis de côté. C’est pour cela que nous encourageons vraiment les familles d’être ensemble, d’échanger entre nous. »

Quel message pour ces parents qui gardent encore les enfants à la maison, souvent dans l’ignorance et aussi par crainte du coût financier élevé de la prise en charge des enfants à besoins spécifiques ?

​Pour les familles qui ne sont pas encore au courant ou bien qui ont honte de leur handicap, je voudrais les appeler une fois de plus, leur dire que vraiment ils ne doivent pas se soucier de la charge que Dieu donne à chacun. Quand Dieu te donne une charge, il te donne aussi les moyens pour pouvoir supporter cette charge. Et pour cela, il ne faut jamais se décourager parce qu’il y a un obstacle dans la vie. Il faut sortir et chercher les autres, être ensemble. C’est ensemble que nous nous encourageons. Et pour cela, que les familles fassent sortir les enfants. Ils ne doivent pas les laisser de côté, ils ne doivent pas les laisser dans la maison. Ils doivent sortir et vivre comme tout le monde car le Cameroun, l’Afrique et le monde entier ont besoin de tout le monde. Chacun apporte sa contribution pour le développement de ce monde. C’est pour cela qu’il ne faut jamais rester derrière. »

 

« Nous nous sommes forgés dans la

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