Maladies Tropicales Négligées : coup d’envoi de la croisade médiatique africaine

Le 4ème Forum des Médias Africains sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN) a officiellement ouvert ses portes le 25 Novembre 2025.  Il s’agit d’un moment crucial dans la lutte contre ces affections qui affectent des millions de personnes sur le continent. Organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), l’événement a pour thème central : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ». La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée en ligne ;  a été l’occasion pour les différentes parties prenantes de souligner l’impératif d’une mobilisation de tous les secteurs de la société pour relever ce défi de santé publique. Le REMAPSEN, un acteur engagé Le Fondateur et Président du Conseil d’Administration du REMAPSEN ; Bamba Youssouf ;  a rappelé l’engagement de son Réseau depuis sa création en 2020. Face aux défis de santé en Afrique, le REMAPSEN a mis en place plusieurs initiatives, dont les « Rendez-vous du REMAPSEN » et les « Webinaires du REMAPSEN » ; pour favoriser les échanges entre journalistes et experts. Le Forum des Médias Africains, rendu à sa quatrième édition, s’inscrit dans cette dynamique, après avoir abordé le VIH/sida en 2022, les maladies infantiles et néonatales en 2023, et les violences faites aux femmes et aux filles en 2024. L’objectif de cette édition est clair : mettre l’accent sur l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation, le plaidoyer et la mobilisation communautaire pour l’élimination des MTN. Le forum se clôturera les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, à la faveur de la Journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées. Pr Awa Marie Coll Seck : Un plaidoyer vibrant pour la souveraineté sanitaire Le Professeur Awa Marie Coll Seck, Présidente de Galien Africa, a prononcé une allocution inspirante, faisant un vibrant plaidoyer pour l’intégration de la lutte contre les MTN au cœur de la souveraineté sanitaire africaine et du développement durable. Elle a rappelé que les MTN touchent plus de 600 millions d’Africains, principalement les plus pauvres et isolés, et qu’elles réduisent la productivité, compromettent l’éducation et enferment des familles entières dans la pauvreté. « Accepter la persistance des MTN, c’est accepter que l’Afrique vive en dessous de son potentiel », a-t-elle affirmé. Le Professeur Coll Seck a également insisté sur la dimension genre, soulignant que les femmes et les filles sont plus exposées lorsqu’elles accomplissent des tâches domestiques dans des environnements contaminés, et qu’elles subissent des conséquences sociales plus lourdes, notamment la stigmatisation. L’élimination des MTN est donc aussi un agenda d’équité de genre et un levier majeur d’autonomisation. Elle a enfin salué les succès déjà obtenus en Afrique, comme l’élimination du trachome au Ghana, au Togo et au Malawi, et l’éradication presque complète de la dracunculose, preuve que l’élimination est possible. Le forum bénéficie du soutien de partenaires clés, dont le gouvernement béninois, l’OMS Bénin, Speak Up Africa, et la Fondation Raoul Follereau. Tous ces acteurs ont eu les prises de paroles remarquables à l’ouverture des travaux à travaux discours et exposés ayant édifié les membres du REMAPSEN sur la problématique au cœur de ce Forum. En marge des travaux du Forum ; il est prévu la cérémonie des awards qui permettra de récompenser les meilleures productions radio ; télé ; presse écrite ; presse écrite dans les domaines de la Santé et de l’environnement.  L’innovation de ces awards se situe au niveau des prix qui vont connaitre une amélioration significative avec la remise du matériel de travail aux lauréats ; en plus des enveloppes et trophées qui constituaient jusqu’ici l’essentiel des prix.  Des innovations apportées par Michel Sidibé ; parrain de ces awards. Prince Mpondo    

16 jours d’activisme : entre espoir d’avancées législatives et défis persistants au Cameroun

Yaoundé, Cameroun – Le lancement de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, axée sur la cyberviolence, suscite des réactions mêlées d’espoir quant à une prise de conscience accrue, mais aussi de frustration face aux défis structurels qui persistent dans la lutte contre ces abus au Cameroun. Un thème salué, des actions concrètes attendues Le choix du thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles » a été largement salué par les acteurs de la société civile et les partenaires des Nations Unies, qui y voient une reconnaissance d’une forme de violence en pleine expansion. Nadine Perault ; Représentante Residente de l’UNICEF au Cameroun, et  Représentante  à l’occasion ; du  représentant du système des Nations Unies, a souligné la nécessité urgente d’incriminer la violence numérique et de renforcer le soutien aux victimes, rappelant que la sécurité en ligne est un élément essentiel de l’égalité des sexes. Les associations, à l’instar d’AGESPRO (Association Un geste pour mon prochain), ont immédiatement décliné des initiatives de terrain pour sensibiliser la population, dans des  marchés  et  lieux de culte, en passant par les réseaux sociaux. Ces actions de proximité sont jugées cruciales pour toucher directement les communautés et les leaders d’opinion. Le défi de la mise en œuvre et du cadre légal Malgré les annonces gouvernementales sur l’existence d’une stratégie nationale (2022-2026) et l’adoption de la loi sur la protection des données personnelles, des voix s’élèvent pour réclamer une volonté politique plus forte et des ressources suffisantes pour l’application effective de ces mesures. Un point d’achoppement majeur demeure le projet de loi spécifique contre les violences à l’égard des femmes et des filles, qui est toujours en cours d’élaboration au niveau du ministère de la Justice. Les organisations de défense des droits humains appellent à un plaidoyer accru pour l’aboutissement de ce texte, essentiel pour combler les lacunes juridiques et offrir une meilleure protection aux victimes. La question de la prise en charge des survivantes est également au cœur des préoccupations. Si la mise en place d’outils harmonisés de collecte de données est une avancée, il y a encore la nécessité de garantir un accès continu aux services essentiels pour les victimes. En somme, la campagne 2025 est perçue comme un moment clé pour sensibiliser et mobiliser. Si le discours est porteur d’espoir, la société civile et les partenaires internationaux restent vigilants quant à la traduction concrète des engagements en actions efficaces et durables pour mettre fin à toutes les formes de violences, en ligne comme hors ligne. Prince Mpondo  

Violences numériques à l’égard des femmes et des filles : Le Cameroun lance une croisade pour des espaces en ligne plus sûrs

Yaoundé, Cameroun – Le Cameroun s’est officiellement lancé dans la 19e édition de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, avec un accent particulier mis cette année sur le fléau croissant de la cyberviolence. Lancée le 25 novembre 2025 à Yaoundé par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Catherine Abena, la campagne s’articule autour du thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles ». La cérémonie de lancement, qui a mobilisé autorités gouvernementales, agences du système des Nations Unies, société civile et médias, marque le début d’une série d’activités prévues jusqu’au 10 décembre 2025, Journée internationale des droits de l’Homme. Ce lien n’est pas fortuit, a souligné la Ministre, car il démontre que les violences à l’égard des femmes et des filles constituent une violation fondamentale des droits humains. Un fléau aux conséquences dévastatrices Le développement rapide du numérique a transformé nos vies, offrant des espaces d’innovation et d’expression, mais il a malheureusement aussi créé un terrain fertile pour de nouvelles formes d’abus. Le cyberharcèlement, le traçage, l’utilisation non consensuelle d’images, les menaces, l’usurpation d’identité et les discours de haine sont devenus monnaie courante, avec des conséquences bien réelles sur la vie des victimes. Selon Nadine Perault ; Représentante Residente de l’UNICEF au Cameroun, et  Représentante  à l’occasion ; du  représentant du système des Nations Unies; à l’échelle mondiale, une femme sur trois continue de subir des violences au cours de sa vie. Au Cameroun, la situation reste préoccupante : au moins 66 féminicides ont été signalés depuis le début de l’année 2025. La violence numérique, bien que souvent perçue comme virtuelle, détruit des carrières, isole les victimes et met parfois des vies en danger. Réponse du gouvernement et des partenaires Face à cette urgence, le gouvernement camerounais a réaffirmé son engagement à travers plusieurs actions concrètes : Cadre législatif :Le Cameroun a ratifié la quasi-totalité des instruments juridiques relatifs aux droits des femmes. L’arsenal juridique a été renforcé par l’adoption de la Loi N° 2024/017 du 23 décembre 2024 relative à la protection des données à caractère personnel. Un projet de loi spécifique contre les violences faites aux femmes et aux filles, qui prend en compte la dimension numérique, suit actuellement son cours au niveau du ministère de la Justice. Stratégie nationale :Une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) pour la période 2022-2026 a été élaborée, offrant un cadre de référence pour la prévention, la protection et la prise en charge holistique des survivantes. Veille et assistance :La veille numérique est assurée par l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), et une ligne d’assistance (le 116) est dédiée aux enfants victimes d’abus. Outils harmonisés :En collaboration avec les partenaires des Nations Unies, une fiche harmonisée de collecte de données sur les cas de VBG a été conçue et est en cours de pilotage dans plusieurs sites, permettant une meilleure prise de décision. La Ministre Abena a lancé un appel à l’action collective, soulignant que la création d’un environnement numérique sûr et viable pour tous relève de la responsabilité de l’ensemble de la société : gouvernement, leaders communautaires, organisations de la société civile et usagers des communications électroniques. Prince Mpondo

Catastrophes : 2 à 5% de pertes économiques en Afrique sont dues au changement climatique

  L’information est de Fanny Langella, Responsable de l’unité contenu de réseaux sociaux au bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR). Elle répondait aux questions des journalistes, à l’occasion du Webinaire organisé le mercredi 3 septembre 2025, à l’initiative du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et l’Environnement (REMAPSEN). Les échanges très riches et denses se sont déroulés sous la Co-modération de Bamba Youssouf, Journaliste et Président du REMAPSEN, Line Renée Batongué, Journaliste à la CRTV au Cameroun et vice-présidente du REMAPSEN chargée de l’Environnement, Hector Namanngué, Journaliste et directeur de publication du site d’information vert Togo, et coordonnateur régional du REMAPSEN chargé de la lutte contre le changement climatique. A lire ci-dessous, les questions majeures et les éléments de réponse de Fanny Langella autour du thème central à savoir : Comprendre les enjeux économiques de la Réduction des risques de catastrophes. Mme Fanny Langella, quels sont les impacts économiques les plus immédiats des catastrophes sur les économies africaines ? Les catastrophes en Afrique ont des impacts dévastateurs sur les vies humaines, le bétail, les récoltes et les infrastructures. Elles détruisent les moyens de subsistance, aggravent la pauvreté, la malnutrition et les problèmes de santé. Il faut note que 2 à 5% de pertes économiques en Afrique sont dues au changement climatique.  L’un des défis qui interpellent les pays africains est celui de la collecte des données. Le problème des données est très important mais malheureusement on constate qu’il y a une absence des données en Afrique. Comment protéger les secteurs clés, comme l’agriculture et l’énergie, contre les pertes liées aux catastrophes ? Il faut une meilleure connaissance et une bonne analyse des risques.  Il faut avoir les données sur le passé pour pouvoir modéliser les risques du futur. Il est important d’intégrer cette analyse du risque avant tout investissement. Il faut considérer les impacts en cascade car l’Afrique a besoin entre 130 et 170 milliards de dollar par an pour combler ses lacunes infrastructurelles. Il faut des infrastructures résilientes, un réseau énergétique qui soit résiliant, des réseaux de télécommunications, de transports qui peuvent permettre de faire face à l’absence d’électricité en cas de catastrophe. Il est nécessaire de penser à d’autres sources d’Energie et privilégier les pratiques agricoles durables et adaptées au climat. Il faut également penser aux nouvelles techniques d’irrigation et s’appuyer sur les données des prévisions météorologiques.  Il est important de noter qu’il n’existe pas de catastrophe naturelle, ce sont les modes de vie et les choix des politiques qui accroissent ou diminuent les risques de catastrophes. Quelles solutions de financement innovantes permettent de renforcer la résilience face aux risques en Afrique ? Au rang des solutions l’on peut envisager l’assurance paramétrique dont le paiement est déclenché lorsque la catastrophe a atteint un certain seuil. Ce paiement doit se fait par l’Etat et au niveau des communautés. Il faut mettre en place des financements anticipatifs avant le déclanchement de la catastrophe pour permettre aux populations d’évacuer leurs troupeaux et de protéger leurs récoltes. La solution passe aussi par les micro assurances agricoles pour les communautés et le développement de l’agriculture durable.  De quelle manière le secteur privé peut-il contribuer à limiter les coûts économiques des catastrophes ? Comme je l’ai précédemment souligné, les catastrophes ne sont pas naturelles.  Ce sont les choix politiques et les activités humaines qui peuvent accroitre ou réduire les risques. Le secteur privé a un rôle à jouer surtout lorsqu’il faut construire les usines dans les zones à risque de catastrophe. Il y a lieu de faire une bonne analyse des risques avant d’investir, faire une analyse des systèmes d’approvisionnement. Il faut une résilience dans les chaines d’approvisionnement, les moyens de transport ou d’échange et éviter la surexploitation des ressources notamment la dégradation des ressources dans les zones côtières et humides. Il faut développer des partenariats bénéfiques public-privé avec les secteurs des télécommunications et des médias afin de donner des alertes précoces par divers canaux. Quelles actions locales sont les plus efficaces pour réduire la vulnérabilité économique des communautés ? Le soutien technique du gouvernement doit pouvoir lutter contre la pauvreté et développer des systèmes de protection sociale, réduire au maximum des inégalités car, la pauvreté est un facteur aggravant des risques. Il faut inclure les communautés dans la prise de décision cas par exemple des personnes handicapées qui sont généralement laissées de côté lors des catastrophes qui concerne pourtant toute la société. Il faut pour ce faire, instituer un dialogue social inclusif, question d’inclure tous les membres de la communauté dans la prise de décision. Il faut aussi mettre intégrer la dimension stratégique de la communication sur les risques et susciter l’engagement communautaire. Les populations ont des connaissances locales à prendre en compte pour prévenir ou gérer une catastrophe. Il est important de s’appuyer sur les différentes sources et les innovations technologiques. Selon vous, les médias peuvent-ils jouer un rôle dans la réduction des risques de catastrophes en Afrique, si oui, lequel ? Les médias doivent donner les informations scientifiques de façon claire et simplifiée avec les voix des personnes crédibles. Ils doivent questionner les projets de développement et leur niveau de résilience, amener les populations à mieux comprendre et gérer les risques.  Ils ne doivent pas seulement diffuser les alertes, mais ils doivent aller au-delà en expliquant ce qu’il faut faire en cas de survenue d’une catastrophe, parler des risques de catastrophe en temps de paix, ouvrir des débats sur des choix des politiques qu’on met en place lors des reconstructions, pendant les élections ou pendant les sessions parlementaires de vote de budget.  Il incombe aussi aux médias de mettre en avant les solutions, les bonnes pratiques à promouvoir, faire des comparaisons avec ce qui est fait ailleurs, animer les échanges publics sur les risques à travers plusieurs angles de traitement à explorer.  

An 37 du CJARC : 36 moments forts pour de nouvelles perspectives

Le club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a soufflé sa 37ème bougie le 04 Août 2025 au siège de l’organisation à Yaoundé. Responsables de l’organisations, pensionnaires, personnels, partenaires et acteurs de médias ce sont mobilisés pour vivre l’évènement. Entre témoignages des partenaires et bénéficiaires des services du CJARC,  présentation du guide de suggestion des boites à plaintes ,  consultations médicales buccodentaires à moindre coût,  prestation musicale, plusieurs activités ont entouré la coupure du gâteau anniversaire. un moment teinté de beaucoup d’émotion et de souvenirs dans cette marche longue de 37 ans déjà et qui inspire admiration avec à la clé des résultats encouragéants. Ceux-ci traduisent la vision, la détermination et surtout l’engagement des fondateurs qui ont réussi au fil des années à féderer de nouvelles energies positives autour de leur vision. Des rencontres positives Le moment était indiqué pour revisiter la longue marche de 37 ans, fruit de la rencontre historique d’octobre 1984, entre coco Bertin et Martin Luther, à la Réhabilitation Institut for the Blind (RIB)de Buea sud-ouest Cameroun. Ces deux jeunes vont par la suite souligner la nécessité en 1986, de créer une association d’encadrement des aveugles. L’idée sera maturée lors de la rencontre le 19 Juin 1986 du philosophe et écrivain René PHILOMBE pour la création d’une association à Yaoundé. À la sortie de cet échange, le nom coopératif des jeunes aveugles réhabilités de Yaoundé (COJARY) est trouvé. Le 04 Août 1988, l’Assemblée Générale du COJARY convoquée qui devient CJARC dans le bureau de Monsieur OKO MENGUE à la CNPS à Yaoundé, va aboutir à changement de la dénomination du COJARY qui devient CJARC. Le 20 septembre 1990, le CJARC est légalisé sous le numéro 001263/20 par le ministère de l’administration territoriale. Selon COCO Bertin, Directeur général du CJARC qui présentait ces temps forts, la vie de cette organisation en 37 ans a connu des succès remarquables. Dans la foulée l’on note la construction de l’immeuble siège, l’obtention du statut D’OSP (œuvre sociale privée) du ministère des affaires sociales, la transcription des bulletins de vote en braille pour les élections présidentielles, en collaboration avec Elecam, la construction des écoles maternelles et primaires inclusives. L’on n’oublie de nombreux projets initiés en vue de la promotion et la protection des droits des personnes handicapées au Cameroun. Un impact social remarquable Tous ces projets ont retenu l’attention de nombreux acteurs. Yawef pensionnaire du Cjarc depuis 2022 a pu obtenir son BEPC la même année et son baccalauréat en 2025 grâce au soutien du CJARC. Géraldine Marcelle ASSE, victime d’un glaucome en 2013 et qui lui a fait perdre la vue en 2014, est aujourd’hui enseignante au Cjarc. Elle a su surmonter son handicap visuel et se sent très épanouie. Son intégration dans la grande famille du Cjarc a eu un très grand impact dans sa vie. « Je découvre le Cjarc à travers la télé le 22 septembre 2020, lors d’une intervention de son Directeur Général Coco Bertin. L’arrivée dans cette organisation a été pour moi une renaissance. Elle m’a permis de comprendre que ce que tu sais tu le sauras toujours malgré ton handicap. Ce n’est pas parce que tu as perdu ta vue que ta vie va s’arrêter », témoigne-t-elle. Arrivée au Cameroun en 2020 dans un contexte de Covid-19, Elodie Gaudier, une partenaire du Cjarc résidant en France se dit très émerveillée par l’esprit d’innovation de cette organisation pour apporter des solutions aux personnes nécessiteuses. « Je suis aussi fascinée par l’esprit du promoteur Coco Bertin qui a la capacité de faire plusieurs choses à la fois malgré son handicap » a-t-elle déclaré le 0’ Août 2025 à Yaoundé. Juliette Ngono, Directrice des écoles maternelle et primaire bilingues et inclusives s’est faite le devoir de présenter le volet éducatif du Cjarc avec des résultats encourageants. Caroline Directrice de l’Enieg privée Louis Braille va aller dans le même sens, de même que Lionel Joel Tchuinté,le responsable du centre multimédia crée et inauguré en 2020 par le Ministre des Postes et télécommunications. Des faits marquants à haut impact qui résument donc les 37 ans d’existence du Cjarc. Selon son principal responsable, les résultats enregistrés jusqu’ici ouvrent plutôt de nouvelles perspectives avec notamment la création du tout premier collège inclusif du Cameroun qui ouvrir bientôt les portes. La formation aux petits métiers diplômants connait elle aussi des améliorations significatives afin d’adapter l’offre de formation aux réalités du monde professionnel. Prince Mpondo   Après 37 ans d’activités, le CJARC est tourné vers de nouvelles perspectives,

Après 37 ans d’activités, le CJARC est tourné vers de nouvelles perspectives,

A l’ORIGINE Octobre 1984, rencontre de coco Bertin et de Martin Luther à la Réhabilitation Institut for the Blind (RIB) DE Buea sud-ouest Cameroun Avril 1986 naissance d’une idée de création d’une association d’encadrement des aveugles entre Coco Bertin et Martin Luther Juin 1986, Coco Bertin et Martin Luther rencontrent le philosophe et écrivain René PHILOMBE pour la création d’une association à Yaoundé. À la sortie de cet échange, le nom coopératif des jeunes aveugles réhabilités de Yaoundé (COJARY) est trouvé. 04 Août 1988, assemblée Générale du COJARY qui devient CJARC dans le bureau de Monsieur OKO MENGUE à la CNPS à Yaoundé. Le 20 septembre 1990, le CJARC est légalisé sous le numéro 001263/20 par le ministère de l’administration territoriale.   LES PREMIERS PAS 1994, le CJARC construit son tout premier siège en bois dans l’enceinte des services des affaires sociales à ESSOS-Yaoundé. 1995, création des deux premières antennes du CJARC à NDJOMBE et à DOUALA dans le littoral Cameroun. 1997, le CJARC initie le projet de création de l’association sportive des aveugles et mal voyants du Cameroun (ASAMC), grâce à une idée de René MINKONG. Martin Luther est le président et Coco Bertin le premier secrétaire. 1998, le CJARC accueille ses tous premiers bénévoles, qu’il appelle les bénévoles de l’espoir, de nationalité française. Il s’agit de Carole DECODIN et Jacky LEMOING.   L’ENVOL 05 juillet 2001, lancement des travaux de construction de l’immeuble siège du CJARC à EKIE, à Yaoundé 15 juillet 2002, le CJARC aménage dans son nouveau siège. 05 septembre 2003, autorisation de création de l’école inclusive Louis Braille du CJARC par le ministre de l’éducation nationale. 30 décembre 2003, S.E. Madame Chantal BIYA inaugure l’immeuble siège du CJARC en présence de Madame Cécile MBOMBA NKOLO, ministre des affaires sociales. 2005, signature de la convention de partenariat entre le CJARC et le ministère de la jeunesse pour le projet d’alphabétisation fonctionnelle des aveugles au Cameroun 2009, la visite de Madame le Ministre de l’éducation de base et Mr l’ambassadeur de suisse pour la présentation de la contribution du CJARC à l’éducation inclusive au Cameroun. 19 février 2013, arrêté du ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation portant agrément du CJARC au statut d’ONG.   UNE ONG EN PLEIN ESSOR 2014, Obtention du statut consultatif de l’ECOSOC. 2015, COCO BERTIN est nommé administrateur de L’UFA en charge de l’Afrique centrale. 2017, le CJARC obtient le statut D’OSP (œuvre sociale privée) du ministère des affaires sociales. 2018, le CJARC, en collaboration avec ELECAM, transcrit les bulletins de vote en braille pour les élections présidentielles. 2019, construction en matériaux définitifs de l’école. 2018-2019, construction du centre nationale de l’inclusion. 2019/2020, première promotion de l’ENIEG privée bilingue inclusive Louis braille. 2019, Signature d’une convention de partenariat avec ICT University, convention par laquelle les bénéficiaires et le personnel du CJARC reçoivent une bourse de formation, A ce jour, 06 personnes en ont bénéficié. 04 en master et 03 en PhD, 2020, le CJARC en collaboration avec ELECAM, transcrit les bulletins de vote en braille pour les élections législatives et municipales. 2020, mise en place du centre multimédia inclusif avec le financement du gouvernement camerounais à travers le Minpostel   AU SERVICE DE LA NATION 2020 mises en place du projet HANDIPROTECT RIPOSTE COVID 19 (2020/2021) Distribution des Kits alimentaires et sanitaires et des moyens de locomotion dans toutes les 10 régions du Cameroun. Financement de 10 microprojets de développement avec le partenariat d’INTERACTION Mise sur pied de la plateforme OPENDATACAM Septembre 2020, mise en place des ateliers d’insertion socioprofessionnelle pour enfants à besoins spéciaux Octobre 2020, Accord de partenariat avec l’ENS de Bertoua Mai 2022, Audit d’accessibilité a GUINNESS CAMEROUN Depuis janvier 2022 projet SUPEH Mars 2022 Renouvellement du statut d’ONG du CJARC par le MINAT Mai 2023 Mise en Œuvre du Projet HANDIKRIBI pour la participation des Personnes Handicapées dans la protection Des écosystèmes et la sécurité alimentaire Mai 2024, lancement de la toute première promotion de l’IFPICB De janvier à octobre 2024 construction et inauguration de 4 nouvelles salles de classe offert par l’ambassade du Japon   SOLLICITATION A L’INTERNATIONAL ACTION A L’INTERNATIONALE (2021-2023) Participation au sommet du numérique de Bruxelles/NAMUR  2021) Décembre 2021 Tournée de distribution des cannes blanches en Afrique centrale. Janvier 2022 formation en transcription braille au CONGO Brazzaville Septembre 2023 Réception de distinction de Doctorat Honorifique Honoris Causa par le DG du CJARC Coco Bertin en Californie aux Etats Unis Avril 2023 visite de la Grace Church de Philadelphie en Pennsylvanie aux Etats unis en remerciement des dons des cannes blanches offertes au CJARC Juillet 2023 participation à la convention Nationale de la Fédération des aveugles des Etats unis au Texas Juin 2025, participation séjour d’été à Oberbronn en France

Allaitement maternel : le Cameroun peut mieux faire

  Le pays est encore en deçà des objectifs mondiaux fixés pour l’année 2025. La célébration de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (Smam) qui s’est étalée du 1er au 7 août 2025 a permis de passer en revue la situation de l’allaitement maternel au Cameroun et les principaux défis. L’évènement a également été une opportunité stratégique pour sensibiliser les médias sur l’importance de l’allaitement maternel pour la survie, la croissance et le développement sain des enfants. Le café média organisé par l’Unicef à cet effet a été un cadre d’échanges entre les la vingtaine de journalistes mobilisés et les spécialités nutrition et communication de l’Unicef, les responsables du Ministère de la Santé Publique et les représentants des organisations de la sociétés civile.  Lesdits échanges ont tourné autour du thème de la Smam 2025 à savoir : « Prioriser l’allaitement : créer des systèmes de soutien durables ». De cette rencontre, il ressort qu’au Cameroun, bien que plus de 90 % des femmes allaitent leurs bébés, la pratique de l’allaitement maternel exclusif reste insuffisante. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 2018, seulement 39,7 % des enfants de moins de six mois sont allaités exclusivement. Ce chiffre est en deçà des objectifs fixés par l’Assemblée mondiale de la santé, qui visent 50 % d’ici 2025 et 60 % d’ici 2030. Par ailleurs, la mise au sein immédiate après la naissance est encore faible : 43,1 % dans les formations sanitaires et 35 % à domicile. De plus, seulement 23 % des femmes poursuivent l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans.  Des défis persistants Les défis majeurs incluent entre autres le manque de soutien dans les établissements de santé, l’’absence de politiques favorables à l’allaitement sur les lieux de travail, la persistance de pratiques culturelles et sociales qui nuisent à l’allaitement exclusif. Et la commercialisation agressive des substituts de lait maternel. Pour répondre à ces défis, le Plan Multisectoriel de Développement de la nutrition 2024–2030 prévoit des actions pour améliorer les taux d’allaitement, notamment à travers la formation du personnel de santé, la sensibilisation communautaire, et le renforcement des politiques publiques. Créer des systèmes de soutien durable Selon Nadine Perrault, Représentante de l’Unicef au Cameroun, l’allaitement maternel est une affaire de tous.  Les hommes doivent s’impliquer au même titre que les autres membres des communautés.  Au rang des mesures, il y a l’amélioration des politiques nationales et du cadre juridique. Le gouvernement doit encadrer les congés de maternité pour les femmes qui travaillent, promouvoir l’égalité du genre, mettre en place des politiques qui visent la création dans les entreprises les espaces où les femmes peuvent allaiter leurs bébés. Il faut revoir les dispositions du code de travail, appliquer le code international de commercialisation des substituts du lait maternel, interpeller le secteur privé et le ministère en charge du commerce. Le deuxième système repose sur l’amélioration des infrastructures de santé. Il faut à cet effet créer des structures de santé adaptées où la promotion de l’allaitement maternel est présente dès l’accueil, les maternités et les services de vaccination et de consultation prénatales. Il faut encourager les hôpitaux amis des bébés, institutionaliser l’allaitement maternel dans tous les services. Le troisième pilier d’un système durable de l’allaitement maternel est celui du renforcement du système communautaire et familial. Il faut engager les membres de familles et de la communauté à soutenir la femme et mettre en place des groupes de soutien.  La Protection sociale est aussi essentielle à travers la création des filets de protection sociale des familles vulnérables telles que les réfugiés et les déplacés internes. Il y a un nécessité de faire des changements dans la législation et le soutien. Il y a également lieu de sanctionner les infractions, sensibiliser les personnels de santé au conflit d’intérêt, surtaxer les substituts du lait maternel afin d’amener les mamans à privilégier l’allaitement au sein. Allaiter c’est aimer, protéger et nourrir. L’allaitement maternel est reconnu comme une pratique essentielle pour la santé du nourrisson et de la mère, contribuant à la réduction de la mortalité infantile, à la prévention des maladies et à la prospérité des communautés. Chaque dollar investi dans l’allaitement génère jusqu’à 35 dollars de retombées économiques.   Selon le Pr Anne Esther Njom Nlend, pédiatre, représentante régionale du Centre de l’Ordre National des médecins du Cameroun, « il s’agit de la lutte contre la survie de la maman et du nouveau-né ».  Elle soutient par ailleurs que le Vih/Sida n’est pas un problème pour l’allaitement maternel. Les évolutions scientifiques ont permis de mettre en place une solution à travers un vaccin qui doit être administré en salle d’accouchement, plus précisément dans les 24h après l’accouchement. C’est la raison pour laquelle il faut bâtir des environnements favorables à l’allaitement, à travers des politiques, des financements et des services adaptés.  Les Média doivent se mobiliser autour de ces enjeux pour renforcer la couverture médiatique et le plaidoyer en faveur de l’allaitement maternel. Ils doivent par conséquent rapporter régulièrement et de manière efficiente sur les droits de l’enfants et de faire un meilleur traitement des faits d’actualité liés aux droits de l’enfant.                                                                               Prince Mpondo  

Adoption d’une majorité sanitaire au Cameroun : Un impératif pour protéger la jeunesse

« Nous, les jeunes, sommes vulnérables, exposés aux relations sexuelles à risque, aux liaisons intergénérationnelles, au phénomène des Suger daddies, aux drogues et aux autres substances, et souvent privés de la bonne information. Pourtant nous sommes sexuellement actifs et nos parents continuent de l’ignorer. C’est pourquoi il est urgent d’instaurer une majorité sanitaire », plaide Laure Lontsi, chargée des programmes du Recaj+ (Réseau camerounais des adolescents et jeunes positifs). Elle a fait entendre la voix des jeunes lors du Café média organisé le 20 Août 2025 au siège de l’Onusida à Yaoundé. C’était à l’initiative de la Coordination Nationale -Cameroun du Réseau des Média Africain pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).  Cette organisation professionnelle des médias sous la conduite de son Coordonnateur pays, Prince Mpondo accompagne le RECAJ+ et l’Onusida dans la mise en œuvre des activités de communication médiatique des différents projets. Une jeunesse fragile face aux défis de Santé Les adolescents et les jeunes traversent une période de transformation physique et psychologique qui les rend particulièrement exposés. Leur immaturité et leur manque de repères en matière de Santé, notamment sexuelle et reproductive les placent dans une position de grande vulnérabilité. La santé reproductive qui englobe la santé maternelle, la planification familiale, la fertilité, la prévention des infections sexuellement transmissibles et le bien -être des adolescents, est au cœur du droit à la santé. Elle est reconnue par des textes internationaux et régionaux que le Cameroun a ratifiés notamment le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.  Le VIH/SIDA : Un défi toujours présent Malgré les progrès réalisés, le VIH/Sida reste une menace sanitaire majeure. En 2022, le Cameroun comptait près de 480.000 personnes vivant avec le virus, dont 9mille 905 nouveaux cas enregistrés la même année. Chez les adolescents de 15 à 19 ans, la prévalence se situe entre 2,5 et 3,8%.  Face à ce constat, le Gouvernement s’est engagé dans l’atteinte des objectifs de la stratégie 95-95-95 de l’Onusida et a mobilisé divers organes spécialisés comme le Comité National de Lutte contre le Sida ou la Direction de la Santé familiale. La société civile avec des associations RECAJ+, AFASO, ou encore ICWEA, joue également un rôle essentiel sur le terrain Des obstacles persistants Cependant, les jeunes continuent de rencontrer de nombreux freins à l’exercice effectif de leur droit à la santé. Des barrières juridiques, liées à l’absence d’une majorité sanitaire clairement définie.  Des contraintes économiques et financières, des pesanteurs socioculturelles et des tabous, une insuffisance d’infrastructures et services adaptés. Ces obstacles les maintiennent dans une situation d’impuissance face à des risques réels croissants. Pour une reforme audacieuse La mise en place de la majorité sanitaire apparait comme une réponse concrète et nécessaire. Elle permettrait d’offrir aux jeunes l’accès à des services de santé adaptés, une éducation complète à la sexualité et une meilleure protection face aux dangers qui les guettent. Adopter une majorité sanitaire, c’est responsabiliser les jeunes et leur donner les outils pour rester en bonne santé. C’est aussi renforcer la cohérence des politiques publiques et mobiliser davantage des ressources budgétaires dans un contexte où l’appui des bailleurs traditionnels tend à diminuer. Une approche inclusive La protection des droits sexuels et reproductifs des jeunes doit reposer sur une synergie entre l’Etat, les Collectivités locales, le secteur privé et la société civile. Il s’agit non seulement d’un enjeu sanitaire, mais aussi d’un investissement pour l’avenir. Car une jeunesse en bonne santé est une jeunesse capable d’assumer son rôle de fer de lance de la nation.

Allaitement maternel se raconte et se révèle protecteur à vie

  « Tant que l’enfant est au sein il ne connait ni la faim ni la maladie ».  La phrase lancée avec un sourire par le Dr Siméon Nanama, résonne comme une évidence et un proverbe de sagesse africaine. Ce mercredi 6 Août 2025, derrière les écrans, une soixantaine de journalistes Africains écoutent attentivement. Le Webinaire du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) en collaboration avec le Bureau régional l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est lancé. Le thème du Jour : « et si l’allaitement maternel m’était conté ? ».  L’allaitement maternel : Un héritage culturel avant d’être une recommandation.   « Contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’allaitement maternel ne serait pas une invention des organisations internationales. C’est une tradition que nos arrières-grands -parents pratiquaient, un lien profond entre les ancêtres et l’enfant », affirme le Dr Badarou, medecin en santé publique et spécialiste de la Santé maternelle et infantile. A l’écran, il diffuse une vidéo de contes Yoruba, où la voix chaude d’un narrateur raconte la force et la vitalité contenues dans le lait maternel. Un bouclier protecteur dès les premiers instants C’est le Dr Siméon Nanama, Conseiller régional en nutrition pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui a détaillé la dimension de « bouclier protecteur » de l’allaitement maternel. Il a expliqué qu’un allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois constitue une protection sur tous les plans. Sur le plan nutritionnel, il apporte 100% des besoins en protéines, matières grasses, vitamines, minéraux et eau, dans des proportions idéales pour le système digestif encore immature du bébé. Sur le plan immunitaire, le colostrum. Ce premier lait jaune et épais agit comme le premier vaccin naturel, prévenant les infections respiratoires et les diarrhées, causes majeures de mortalité infantile. Mais la protection va bien au-delà.  « Des évidences scientifiques montrent que l’allaitement réduit, à long terme le risque de diabète, d’obésité, d’hypertension et contribue à former des générations en meilleure santé », a souligné Dr Nanama avant d’ajouter que : « Chez la mère, il diminue les risques de cancers du sein et de l’utérus, facilite la récupération après l’accouchement et peut même contribuer à l’espacement des naissances ». Un geste qui nourrit aussi le cœur Le webinaire a aussi mis en avant le rôle affectif de l’allaitement qui tisse un lien émotionnel fort entre la mère et l’enfant, créant une sécurité mutuelle. « Les six premiers mois sont la priorité où le cerveau se développe le plus vite », a rappelé Dr Nanama, en soulignant que le lait maternel contient les acides gras essentiels nécessaires à ce processus et qu’il améliore la concentration et les capacités d’apprentissage. Des obstacles à lever Malgré ses bienfaits, l’allaitement maternel fait face à des freins. Il s’agit de la promotion agressive des laits artificiels, parfois jusque dans les maternités, semant le doute chez les mères.  Il y a aussi le manque de soutien en structures de santé, avec la séparation mère-enfant ou l’absence de mise au sein précoce.  L’autre obstacle et pas le moindre est le déficit de personnel formé pour accompagner et rassurer les nouvelles mamans.  Echanges riches avec les journalistes A l’issue des présentations, Dr Nanama et Dr Badarou ont répondu aux nombreuses questions des journalistes, revenant sur les aspects pratiques, culturels et scientifiques de l’allaitement. Les échanges ont permis de renforcer la compréhension du rôle vital de cette pratique, au croisement de la Santé Publique et de l’héritage culturel.                                                                           Prince Mpondo

Santé des adolescents : De grands vides juridiques qui interpellent

L’un des vides soulignés dans le rapport d’évaluation des obstacles juridiques au droit à la santé des adolescents et jeunes au Cameroun, est l’absence d’une définition juridique des notions de jeune etadolescent. Les notions de jeune et d’adolescent ne sont pas réceptionnées en droit positif. Une revue de la législation et de la réglementation fait en effet ressortir trois (03) notions, à savoir : le mineur,  personne âgée de moins de vingt-et-un (21) ans (article 388 du Code civil), le majeur, personne âgée d’au-moins vingt-et-un (21) ans (article 488 du Code civil)  et l’enfant, personne âgée de moins de dix-huit (18) ans (article 3 de la loi n° 2023/009 du 25 juillet 2023 portant Charte de protection des enfants en ligne au Cameroun ; article 3 de la loi n° 2024/016 du 23 décembre 2024 portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil au Cameroun). Bien plus, il n’existe pas une position commune sur ces notions entre les différentes agences des Nations Unies. A cet effet, la notion de jeune est différemment perçue. L’OMS (20-24 ans) ; l’ONUSIDA (15-24 ans), l’UNICEF (20-24 ans). En outre, le discours politique au Cameroun et la stratégie nationale de la jeunesse positionnent la jeunesse dans la tranche d’âge 15-35 ans. L’on évoque également l’absence de fondement juridique de la « majorité sanitaire » appliquée par certains services de santé sexuelle et reproductive.  Suivant le rapport, il a été donné de constater que la plupart des formations sanitaires ont pour barème le seuil de dix-huit (18) ans pour offrir à un adolescent un service de santé sexuelle et reproductive sans autorisation parentale. Ces dernières se fondent sur les Directives du Comité National de Lutte contre le SIDA pour appliquer cette « majorité sanitaire ». Or, la revue de la législation et de la réglementation en vigueur au Cameroun ne consacre pas cette majorité. En effet, il n’existe au Cameroun que trois (03) majorités, à savoir : la majorité pénale, fixée à 18 ans : article 80 de la loi n° 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal, modifiée et complétée par la loi n° 2019/020 du 24 décembre 2019 ; la majorité électorale, fixée à 20 ans : article 45 de la loi n° 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée par la loi n° 2012/017 du 21 décembre 2012 et par la loi n° 2019/005 du 25 avril 2019  et la majorité civile, fixée à 21 ans : article 488 du Code civil et article 4 de la loi n° 1968/LF/3 du 11 juin 1968 portant Code de la nationalité camerounaise. Cette situation expose les Agents de Santé Communautaire qui proposeraient des services de SSR à des jeunes de moins de vingt-et-un (21) ans à des poursuites judiciaires de leurs parents, sur le fondement de certaines dispositions du Code pénal. Il s’agit notamment de l’article 344 dudit Code qui parle de la corruption de la jeunesse : « est puni d’un emprisonnement d’un (01) à cinq (05) ans et d’une amende de vingt mille (20.000) à un million (1.000.000) de francs, celui qui excite, favorise ou facilite la débauche ou la corruption d’une personne mineure de vingt-et-un (21) ans. L’article 347 quant à lui renvoie à l’outrage à la pudeur sur une personne mineure de seize à vingt-et-un an avec une peine d’emprisonnement pouvant aller de douze (12) mois à dix (10) ans. Parlant de la barrière du secret professionnel sur le statut sérologique , le principal problème  posé est le suivant : le personnel médical ayant connaissance du statut sérologique d’un patient est tenu de ne pas divulguer les informations sur l’état de santé de ce dernier, au risque de s’exposer aux sanctions prévues par le décret n° 83/166 du 12 avril 1983 portant Code de déontologie des médecins et l’article 310 du Code pénal : emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans et amende de vingt mille (20.000) à cent mille (100.000) francs CFA. Certes en règle générale, les médecins font appel aux Assistants psychosociaux pour accompagner le patient séropositif à dévoiler son état de santé à son partenaire. Cependant, il peut arriver, dans certains cas, que le partenaire infecté s’obstine à ne pas informer l’autre de son statut sérologique. Dès lors, ce silence (du patient, tout comme celui du médecin), auquel s’ajoute le fait que le partenaire infecté ne suive pas régulièrement son traitement, met en danger la vie du partenaire sain. Ce dernier en vient souvent à être infecté et, ne se doutant aucunement de la nature de sa maladie, ne suit pas le traitement approprié, toute chose qui l’expose à la mort. Il en est de même des parents qui ont transmis le VIH/SIDA à leurs enfants, et se refusent de le leur avouer. Il conviendrait de modifier la législation et la réglementation en vigueur, en autorisant, à titre exceptionnel, le médecin à dévoiler le statut sérologique de son patient infecté, sous la quadruple condition suivante : le patient infecté ne suit pas régulièrement son traitement ; la charge virale du partenaire infecté est encore détectable et donc transmissible ; le partenaire infecté poursuit des rapports sexuels avec le partenaire sain ;  le partenaire infecté refuse de dévoiler son statut sérologique au partenaire sain. Absence de texte national internalisant les clauses du protocole de maputo Le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, en son article 14, paragraphe 2.c, prévoit le droit à « l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ». Toutefois, depuis la ratification dudit Protocole par l’Etat du Cameroun en date du 13 septembre 2012, aucun texte juridique national n’a réceptionné les clauses de ce Protocole, notamment afin de préciser concrètement la procédure administrative, judiciaire ou juridictionnelle permettant de mettre en œuvre cet article. Bien plus, le Code pénal