Violences numériques à l’égard des femmes et des filles : Le Cameroun lance une croisade pour des espaces en ligne plus sûrs

Yaoundé, Cameroun – Le Cameroun s’est officiellement lancé dans la 19e édition de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, avec un accent particulier mis cette année sur le fléau croissant de la cyberviolence. Lancée le 25 novembre 2025 à Yaoundé par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Catherine Abena, la campagne s’articule autour du thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles ».
La cérémonie de lancement, qui a mobilisé autorités gouvernementales, agences du système des Nations Unies, société civile et médias, marque le début d’une série d’activités prévues jusqu’au 10 décembre 2025, Journée internationale des droits de l’Homme. Ce lien n’est pas fortuit, a souligné la Ministre, car il démontre que les violences à l’égard des femmes et des filles constituent une violation fondamentale des droits humains.
Un fléau aux conséquences dévastatrices
Le développement rapide du numérique a transformé nos vies, offrant des espaces d’innovation et d’expression, mais il a malheureusement aussi créé un terrain fertile pour de nouvelles formes d’abus. Le cyberharcèlement, le traçage, l’utilisation non consensuelle d’images, les menaces, l’usurpation d’identité et les discours de haine sont devenus monnaie courante, avec des conséquences bien réelles sur la vie des victimes.

Selon Nadine Perault ; Représentante Residente de l’UNICEF au Cameroun, et Représentante à l’occasion ; du représentant du système des Nations Unies; à l’échelle mondiale, une femme sur trois continue de subir des violences au cours de sa vie. Au Cameroun, la situation reste préoccupante : au moins 66 féminicides ont été signalés depuis le début de l’année 2025. La violence numérique, bien que souvent perçue comme virtuelle, détruit des carrières, isole les victimes et met parfois des vies en danger.
Réponse du gouvernement et des partenaires

Face à cette urgence, le gouvernement camerounais a réaffirmé son engagement à travers plusieurs actions concrètes :
- Cadre législatif :Le Cameroun a ratifié la quasi-totalité des instruments juridiques relatifs aux droits des femmes. L’arsenal juridique a été renforcé par l’adoption de la Loi N° 2024/017 du 23 décembre 2024 relative à la protection des données à caractère personnel. Un projet de loi spécifique contre les violences faites aux femmes et aux filles, qui prend en compte la dimension numérique, suit actuellement son cours au niveau du ministère de la Justice.
- Stratégie nationale :Une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) pour la période 2022-2026 a été élaborée, offrant un cadre de référence pour la prévention, la protection et la prise en charge holistique des survivantes.
- Veille et assistance :La veille numérique est assurée par l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), et une ligne d’assistance (le 116) est dédiée aux enfants victimes d’abus.
- Outils harmonisés :En collaboration avec les partenaires des Nations Unies, une fiche harmonisée de collecte de données sur les cas de VBG a été conçue et est en cours de pilotage dans plusieurs sites, permettant une meilleure prise de décision.
La Ministre Abena a lancé un appel à l’action collective, soulignant que la création d’un environnement numérique sûr et viable pour tous relève de la responsabilité de l’ensemble de la société : gouvernement, leaders communautaires, organisations de la société civile et usagers des communications électroniques.
Prince Mpondo


























































































