VIH/SIDA : l’hommage du RECAP+ aux personnes décédées
le Cameroun se souvient, s’engage et agit pour l’élimination du VIH. Le 25 mars 2025, le pays a célébré la Journée internationale de commémoration des personnes décédées du Sida. Instituée depuis 1983 sous le nom de Candlelight mémory day, cette journée se célèbre chaque année le 3ème dimanche du mois de mai. Il s’agit d’un moment fort dédié à la mémoire des personnes disparues du sida, mais aussi à la solidarité envers les personnes vivant avec le VIH, à la mobilisation et à l’engagement des communautés pour l’élimination du VIH. À travers des gestes symboliques et des échanges stratégiques, cet évènement a été organisé par le Réseau Camerounais des Associations des Personnes vivant avec le VIH/SIDA (RECAP+) en collaboration avec le Comité National de Lutte Contre e Sida (CNLS) avec le soutien du bureau pays de l’Onusida. Il a réuni acteurs institutionnels, communautaires et partenaires au Développement autour d’une vision commune : “se souvenir, vivre, s’engager”
Candlelight : une mémoire vivante, un moteur d’action
Chaque année, Candlelight rassemble les communautés touchées par le VIH pour honorer les vies perdues, célébrer celles qui continuent malgré la maladie, et raviver l’engagement envers l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien.

Le 25 mai 2025, la cérémonie organisée à Yaoundé, capitale du Cameroun, s’est inscrite dans cette triple mission. La journée a débuté par une marche sportive inclusive, suivie d’une conférence de presse, d’un recueillement silencieux, de l’allumage de bougies et d’un lâcher de ballons en hommage aux victimes. Un livre d’or a permis aux participants de consigner leurs souvenirs et leur engagement personnels et collectifs.


Lucie Zambou, présidente du conseil d’administration du RéCAP+, a rappelé avec émotion la symbolique de cette journée : « Cette commémoration nous rappelle nos leaders, nos communautaires que nous avons perdus. Elle nous rappelle aussi la douleur liée à l’ignorance, qui a parfois conduit à des situations désastreuses. Cette journée nous motive à continuer de lutter, pour que ceux qui sont encore dans l’isolement aient accès à la bonne information, et sachent qu’on peut vivre avec le VIH sans honte ni peur ».
Un état des lieux stratégique : entre progrès et défis
La conférence de presse organisée dans le cadre de cette commémoration a permis de faire le point sur la situation du VIH au Cameroun.

Taoufik Bakkali, Directeur pays de l’ONUSIDA, a salué les avancées notables du pays. « Le Cameroun n’est pas loin des objectifs 95-95-95. On est à environ 93 %. Mais ce sont les derniers pourcentages qui sont les plus difficiles, car il s’agit souvent de personnes qui ignorent leur statut », a-t-il déclaré. « Heureusement, la disponibilité des traitements n’est pas affectée par la crise financière liée au financement américain. Nous devons continuer à améliorer nos stratégies, notamment pour les groupes les plus marginalisés. » a-t-il souligné à l’occasion, le rôle clé des organisations communautaires pour aller vers les populations vulnérables, briser les barrières de la stigmatisation et de l’accès aux soins, et permettre un diagnostic et un traitement rapides.
Une vision structurée pour l’avenir

Dr Joseph Fokam, Secrétaire permanent du CNLS, a présenté les dix priorités nationales dans la riposte au VIH, parmi lesquelles l’élimination de la transmission mère-enfant, la Recherche active des enfants séropositifs dans les communautés, la triple élimination VIH/syphilis/hépatite B et un meilleur dépistage par trois tests de confirmation. D’autres priorités sont la prévention des maladies avancées, l’accès à la PrEP pour les populations clés, le renforcement de la pharmacovigilance, l’optimisation des stocks de médicaments, l’anticipation du retrait des bailleurs et la coordination renforcée avec les partenaires. Dr Fokam a surtout salué les avancées jusqu’ici obtenues grâce à la participation des parties prenantes. Cet engagement permet au pays d’avancer vers l’atteinte des trois 95, les objectifs mondiaux qui visent l’élimination du Sida en 2030. On note à ce propos que 92% de personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 96% des personnes qui en ont besoin sont sous traitement ARV, 93% de personnes qui observent le traitement ont une charge virale indétectable. Des avancées à consolider à travers des efforts qui méritent encore d’être effectuer pour atteindre l’objectif escompté de Zéro décès lié au VIH/SIDA et Zéro nouvelle infection. Le Gouvernement souhaite à cet effet que au moins 30% des bénéficiaires des prestations soient pris en charge au niveau de la communauté où la recherche active des enfants vivant avec le VIH doit s’accentuer. Une récente action de cette nature menée en 3 et 5 mois a permis de détecter 1000 enfants qui sont pris désormais en charge, soit un gain de 16 points pour le pays.
Candlelight : au cœur de la riposte communautaire


Au-delà des chiffres, Candlelight rappelle que chaque vie compte, et que les communautés restent le pilier de la réponse. Le Cameroun a renouvelé son engagement non seulement à atteindre les cibles 95-95-95, mais aussi à mettre fin à la transmission du VIH d’ici 2030, en ne laissant personne de côté.
Prince Mpondo


























































































