Droits des personnes handicapées : La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun tire la sonnette d’alarme et presse le gouvernement d’agir

À l’occasion de la Journée internationale du 3 décembre 2025, la CDHC dénonce la persistance des barrières physiques et de la discrimination, et exige des mesures concrètes pour une réelle inclusion.
YAOUNDÉ, CAMEROUN — À l’occasion de la Journée internationale des personnes vivant avec un handicap (JIPH) célébrée ce 3 décembre 2025 sous le thème mondial « Promouvoir des sociétés inclusives pour faire progresser le progrès social », la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration ferme, exprimant sa vive préoccupation face aux nombreux obstacles qui persistent dans le pays.
Malgré un cadre normatif existant et des engagements internationaux, la Commission déplore un écart important entre les textes législatifs et la réalité vécue par les personnes en situation de handicap.
Des barrières omniprésentes

La CDHC a mis l’accent sur plusieurs points de blocage majeurs qui entravent l’autonomie et la pleine participation des personnes handicapées à la vie publique :
Barrières physiques persistantes : De nombreuses infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, bâtiments administratifs, centres de vote) restent inaccessibles aux personnes à mobilité réduite.

Accès insuffisant à l’information : L’absence d’interprétation en langue des signes, de documents en braille ou de formats numériques lisibles pour les malvoyants limite sévèrement l’accès à l’information et aux services essentiels.
Discrimination et exclusion : Des discriminations dans l’accès à l’éducation (rareté des manuels en braille), à l’emploi et aux soins de santé affectent de manière disproportionnée les enfants en situation de handicap, particulièrement en milieu rural.
La Commission s’est également dite interpellée par la faible représentation des personnes en situation de handicap dans les instances locales de décision et de gouvernance, un frein majeur à l’intégration sociale et politique.
Application des lois et gestion des fonds en question
Un point d’achoppement soulevé par la CDHC est la faible application du cadre normatif existant, notamment en ce qui concerne les « aménagements raisonnables » et les sanctions de la discrimination. Elle relève également le faible intérêt des personnes concernées et de leurs familles à s’approprier le contenu de ces textes, ce qui limite leur capacité à faire valoir leurs droits.
Plus inquiétant, la Commission exprime sa préoccupation face au risque de détournement ou de mauvaise allocation des ressources publiques et des financements destinés aux programmes d’accessibilité et d’inclusion, compromettant l’efficacité des actions prévues.
Rappel des recommandations gouvernementales
S’appuyant sur les 220 recommandations acceptées par l’État lors du 4ᵉ cycle de l’Examen périodique universel (EPU) en mars 2024, dont six sont en consonnance avec la thématique de l’édition 2025 de la JIPH, la CDHC réitère ses demandes formulées en 2024 :Généraliser l’accès aux moyens de communication adaptés aux différents types de handicap, Prendre des mesures concrètes pour faciliter l’accès à un emploi décent, accroître l’effort budgétaire en faveur des administrations et structures publiques chargées du bien-être, de l’éducation, de la santé et du développement social des personnes handicapées.
La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a réaffirmé son engagement « ferme, constant et irréversible » à poursuivre ses efforts pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations, promettant des interventions en amicus curiae (ami de la cour), des missions d’enquête, et des actions de plaidoyer continues.
Prince Mpondo

























































































