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Catastrophes : 2 à 5% de pertes économiques en Afrique sont dues au changement climatique

 

L’information est de Fanny Langella, Responsable de l’unité contenu de réseaux sociaux au bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR). Elle répondait aux questions des journalistes, à l’occasion du Webinaire organisé le mercredi 3 septembre 2025, à l’initiative du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et l’Environnement (REMAPSEN). Les échanges très riches et denses se sont déroulés sous la Co-modération de Bamba Youssouf, Journaliste et Président du REMAPSEN, Line Renée Batongué, Journaliste à la CRTV au Cameroun et vice-présidente du REMAPSEN chargée de l’Environnement, Hector Namanngué, Journaliste et directeur de publication du site d’information vert Togo, et coordonnateur régional du REMAPSEN chargé de la lutte contre le changement climatique. A lire ci-dessous, les questions majeures et les éléments de réponse de Fanny Langella autour du thème central à savoir : Comprendre les enjeux économiques de la Réduction des risques de catastrophes.

Mme Fanny Langella, quels sont les impacts économiques les plus immédiats des catastrophes sur les économies africaines ?

Les catastrophes en Afrique ont des impacts dévastateurs sur les vies humaines, le bétail, les récoltes et les infrastructures. Elles détruisent les moyens de subsistance, aggravent la pauvreté, la malnutrition et les problèmes de santé. Il faut note que 2 à 5% de pertes économiques en Afrique sont dues au changement climatique.  L’un des défis qui interpellent les pays africains est celui de la collecte des données. Le problème des données est très important mais malheureusement on constate qu’il y a une absence des données en Afrique.

Comment protéger les secteurs clés, comme l’agriculture et l’énergie, contre les pertes liées aux catastrophes ?

Il faut une meilleure connaissance et une bonne analyse des risques.  Il faut avoir les données sur le passé pour pouvoir modéliser les risques du futur. Il est important d’intégrer cette analyse du risque avant tout investissement. Il faut considérer les impacts en cascade car l’Afrique a besoin entre 130 et 170 milliards de dollar par an pour combler ses lacunes infrastructurelles. Il faut des infrastructures résilientes, un réseau énergétique qui soit résiliant, des réseaux de télécommunications, de transports qui peuvent permettre de faire face à l’absence d’électricité en cas de catastrophe. Il est nécessaire de penser à d’autres sources d’Energie et privilégier les pratiques agricoles durables et adaptées au climat. Il faut également penser aux nouvelles techniques d’irrigation et s’appuyer sur les données des prévisions météorologiques.  Il est important de noter qu’il n’existe pas de catastrophe naturelle, ce sont les modes de vie et les choix des politiques qui accroissent ou diminuent les risques de catastrophes.

Quelles solutions de financement innovantes permettent de renforcer la résilience face aux risques en Afrique ?

Au rang des solutions l’on peut envisager l’assurance paramétrique dont le paiement est déclenché lorsque la catastrophe a atteint un certain seuil. Ce paiement doit se fait par l’Etat et au niveau des communautés. Il faut mettre en place des financements anticipatifs avant le déclanchement de la catastrophe pour permettre aux populations d’évacuer leurs troupeaux et de protéger leurs récoltes. La solution passe aussi par les micro assurances agricoles pour les communautés et le développement de l’agriculture durable.

 De quelle manière le secteur privé peut-il contribuer à limiter les coûts économiques des catastrophes ?

Comme je l’ai précédemment souligné, les catastrophes ne sont pas naturelles.  Ce sont les choix politiques et les activités humaines qui peuvent accroitre ou réduire les risques. Le secteur privé a un rôle à jouer surtout lorsqu’il faut construire les usines dans les zones à risque de catastrophe. Il y a lieu de faire une bonne analyse des risques avant d’investir, faire une analyse des systèmes d’approvisionnement. Il faut une résilience dans les chaines d’approvisionnement, les moyens de transport ou d’échange et éviter la surexploitation des ressources notamment la dégradation des ressources dans les zones côtières et humides. Il faut développer des partenariats bénéfiques public-privé avec les secteurs des télécommunications et des médias afin de donner des alertes précoces par divers canaux.

Quelles actions locales sont les plus efficaces pour réduire la vulnérabilité économique des communautés ?

Le soutien technique du gouvernement doit pouvoir lutter contre la pauvreté et développer des systèmes de protection sociale, réduire au maximum des inégalités car, la pauvreté est un facteur aggravant des risques. Il faut inclure les communautés dans la prise de décision cas par exemple des personnes handicapées qui sont généralement laissées de côté lors des catastrophes qui concerne pourtant toute la société. Il faut pour ce faire, instituer un dialogue social inclusif, question d’inclure tous les membres de la communauté dans la prise de décision. Il faut aussi mettre intégrer la dimension stratégique de la communication sur les risques et susciter l’engagement communautaire. Les populations ont des connaissances locales à prendre en compte pour prévenir ou gérer une catastrophe. Il est important de s’appuyer sur les différentes sources et les innovations technologiques.

Selon vous, les médias peuvent-ils jouer un rôle dans la réduction des risques de catastrophes en Afrique, si oui, lequel ?

Les médias doivent donner les informations scientifiques de façon claire et simplifiée avec les voix des personnes crédibles. Ils doivent questionner les projets de développement et leur niveau de résilience, amener les populations à mieux comprendre et gérer les risques.  Ils ne doivent pas seulement diffuser les alertes, mais ils doivent aller au-delà en expliquant ce qu’il faut faire en cas de survenue d’une catastrophe, parler des risques de catastrophe en temps de paix, ouvrir des débats sur des choix des politiques qu’on met en place lors des reconstructions, pendant les élections ou pendant les sessions parlementaires de vote de budget.  Il incombe aussi aux médias de mettre en avant les solutions, les bonnes pratiques à promouvoir, faire des comparaisons avec ce qui est fait ailleurs, animer les échanges publics sur les risques à travers plusieurs angles de traitement à explorer.

 

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