Cameroun : Le CJARC lance un plaidoyer historique pour l’emploi des personnes handicapées visuelles
Cameroun : Le CJARC lance un plaidoyer historique pour l’emploi des personnes handicapées visuelles
YAOUNDÉ – Ce 16 décembre 2025, le Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) a franchi une étape décisive dans la lutte pour l’égalité des chances. En présentant officiellement son plaidoyer pour le recrutement des personnes handicapées visuelles (PHV) dans les secteurs public et privé, l’organisation appelle à passer des textes de loi à une inclusion réelle et concrète.
Au Cameroun, malgré un arsenal juridique existant, le monde du travail reste encore largement fermé aux personnes handicapées visuelles. C’est pour briser ce « plafond de verre » que le CJARC, en partenariat avec la Mission Évangélique Braille (MEB), a réuni ce jour à Yaoundé les décideurs politiques, les chefs d’entreprises et la société civile.
Un cadre légal solide, mais une application timide
Depuis la ratification en 2021 de la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées et la loi nationale de 2010, le droit au travail est pourtant garanti. L’article 16 du décret de 2018 prévoit même des « emplois protégés ».
Pourtant, le constat sur le terrain est amer : préjugés, absence d’aménagements des postes et manque de quotas contraignants maintiennent les PHV dans la précarité. « Le handicap ne signifie pas l’incapacité », rappelle le plaidoyer du CJARC, qui souligne que ces citoyens possèdent des compétences précieuses pour le développement national.

Les piliers du plaidoyer : Emploi et Mobilité
L’activité de ce 16 décembre s’est articulée autour de deux axes majeurs :
- Le Recrutement Inclusif :Demander aux administrations (MINFOPRA, MINAS, MINEFOP) et aux entreprises (via le GICAM) d’ouvrir leurs procédures de recrutement et d’adapter les postes de travail.
- « Canne blanche : un code pour tous » :Une campagne complémentaire visant à rappeler que l’inclusion commence dans la rue. La mobilité et la sécurité des PHV sont les conditions préalables à leur ponctualité et à leur efficacité professionnelle.
Vers des engagements concrets
La rencontre a mobilisé une cinquantaine de participants, dont des représentants de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) et du Fonds National de l’Emploi (FNE). L’objectif est clair : obtenir des promesses fermes de recrutement et la mise en place de cadres de collaboration permanents.
Pour les responsables du CJARC, l’enjeu de 2025 est la visibilité. En montrant que les PHV peuvent être des cadres, des techniciens ou des agents administratifs performants, le Club espère transformer durablement le regard des employeurs camerounais.
Ce qu’il faut retenir du plaidoyer :

- Accessibilité :Rendre les concours publics accessibles aux malvoyants.
- Aménagement :Installer des logiciels de lecture d’écran et du matériel adapté en entreprise.
- Quotas :Appliquer strictement les mesures de réservation de postes.
L’inclusion n’est plus une option de charité, mais une obligation de droit. Le CJARC et ses partenaires ont aujourd’hui tracé la feuille de route pour un Cameroun où le talent prime sur le handicap.


























































































