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ANALYSE : Le Manifeste des filles, un miroir critique des inégalités au Cameroun

Le « Manifeste des filles du Cameroun » n’est pas un simple document de revendications ; c’est un diagnostic social détaillé, établi à partir de la base, qui met en lumière les failles persistantes de la société camerounaise en matière de droits de l’enfant et de genre. Ce texte, nourri par les témoignages de milliers d’adolescentes, transforme l’expérience vécue en un appel politique structuré.

Une approche holistique de l’inégalité

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L’aspect le plus frappant du manifeste est son approche holistique. Il ne se limite pas aux violences physiques, mais englobe les violences structurelles et culturelles. En dénonçant les mariages précoces au nom de la tradition, l’inégalité d’accès à la technologie ou les tâches ménagères non partagées, les filles identifient avec précision les mécanismes qui freinent leur plein épanouissement. Elles comprennent intuitivement que l’égalité se joue aussi bien dans la salle de classe que dans la sphère domestique.

De la survie à l’épanouissement : Le changement de paradigme

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La phrase « où elle ne va pas seulement survivre, mais vivre et s’épanouir » résume l’ambition du manifeste. Il s’agit de passer d’une vision minimaliste de la protection des filles (éviter le pire) à une vision ambitieuse d’autonomisation (permettre le meilleur). Elles revendiquent le droit d’être considérées comme des « partenaires à part entière » et des « actrices d’aujourd’hui », remettant en cause l’idée que le leadership féminin serait une affaire de « demain » seulement.

 

La redevabilité comme exigence

Le manifeste excelle dans l’allocation des responsabilités. Il ne se contente pas d’une plainte abstraite, mais interpelle nommément chaque maillon de la chaîne sociale : parents, frères, enseignants, gouvernement, Nations Unies. Cette interpellation directe vise à briser le silence complice que la déclaration dénonce explicitement. Le fait de cibler les frères comme « leviers du changement » est une stratégie intelligente pour transformer les dynamiques de genre au sein même de la cellule familiale.

L’application des textes : Le nœud du problème

Le manifeste, remis au gouvernement en présence de la Représentante du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et de la Représentante Résidente de l’UNICEF au Cameroun, pose la question cruciale de l’application effective des lois existantes. Le Cameroun est signataire de conventions importantes (Convention relative aux droits de l’enfant, Protocole de Maputo), mais l’écart d’application est notoire. Le manifeste est un plaidoyer pour que le gouvernement passe des promesses aux « mesures décisives » et alloue des ressources pour créer des environnements sûrs et inclusifs.

En conclusion, ce manifeste est un acte politique majeur de la jeunesse camerounaise. Il offre une feuille de route claire pour une société plus juste, rappelant aux décideurs que l’investissement dans les droits des filles n’est pas une option, mais un impératif pour le développement durable de la nation tout entière.

 Prince Mpondo

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