Afrique de l’Ouest : 13 ans d’impact de l’Alliance Droits et Santé dans la lutte contre les VBG
À l’occasion d’un webinaire de haut niveau organisé par le REMAPSEN ce 10 décembre 2025, le Réseau Alliance Droits et Santé (ADS) a dressé le bilan de treize années d’engagement. Entre victoires législatives et actions de terrain, le réseau s’impose comme un pilier de la protection des femmes et des filles dans six pays de la sous-région.
Abidjan, le 10 décembre 2025 – Treize ans après sa création à Ouagadougou, quel est l’héritage de l’Alliance Droits et Santé (ADS) ? C’est la question au cœur de la rencontre virtuelle organisée mercredi par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).
Sous la présidence de Mme Caroline Tapsoba, le Réseau a démontré que malgré un contexte sécuritaire complexe, la mobilisation pour les droits des femmes porte ses fruits au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal.
Un rempart contre le mariage des enfants
Le Niger, pays membre de l’Alliance, illustre parfaitement cette dynamique de changement. Alors que les violences basées sur le genre (VBG) y touchent encore 38,2 % des femmes, le projet « Alliance Transformative » a permis de remporter des victoires concrètes. M. Amadou Lawali, coordinateur national, a révélé que 144 mariages de jeunes filles ont pu être retardés ou annulés grâce aux interventions du réseau.
Au-delà des chiffres, c’est une transformation structurelle qui s’opère avec l’installation de rampes d’accès dans les centres de santé pour les femmes en situation de handicap et l’appui à la Stratégie nationale de lutte contre le mariage d’enfants (2024-2028).
Une résilience face à l’instabilité
Au Mali, la lutte prend une forme de résistance. Mme Maïga Adam Dicko, directrice exécutive de l’AJICAD, a souligné la difficulté d’agir dans un contexte d’instabilité politique et d’insécurité. Pourtant, la synergie entre les 22 associations membres de l’ADS permet de maintenir la pression pour un durcissement de la législation malienne sur les VBG.
Cette solidarité dépasse les frontières : au Sénégal, le plaidoyer a favorisé l’ouverture de centres pour adolescents à Diamaguène et la mobilisation de ressources accrues pour la jeunesse de la région de Saint-Louis.
Un plaidoyer qui atteint l’Union Africaine

L’un des succès les plus marquants de ces treize années reste l’influence de l’ADS au niveau continental. Mme Kaya Sy, membre du Conseil de l’Alliance Droits et Santé; responsable plaidoyer à Equipop Sénégal, a rappelé que les actions conjointes du réseau ont contribué à l’adoption d’une stratégie régionale de lutte contre les VBG par l’Union Africaine.
Les défis de demain
Si le bilan est jugé « probant », les défis restent immenses pour 2026 et au-delà. La pauvreté, les normes sociales persistantes et les crises sécuritaires exigent une intensification de la dynamique collective.

Comme l’a rappelé la présidente Caroline Tapsoba en clôture, l’Alliance Droits et Santé ne compte pas s’arrêter là. Le réseau entend renforcer son approche inclusive pour que chaque femme et chaque fille, quel que soit son milieu ou son handicap, puisse jouir pleinement de ses droits et de sa santé.
Les chiffres clés de l’ADS en 2025 :
- 6 paysd’intervention en Afrique de l’Ouest.
- 22 associations
- 144 mariages annulés ou retardés au Niger grâce au projet Alliance Transformative.
- 13 ans d’existence et de plaidoyer ininterrompu.
REMAPSEN


























































































