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Adoption d’une majorité sanitaire au Cameroun : Un impératif pour protéger la jeunesse

« Nous, les jeunes, sommes vulnérables, exposés aux relations sexuelles à risque, aux liaisons intergénérationnelles, au phénomène des Suger daddies, aux drogues et aux autres substances, et souvent privés de la bonne information. Pourtant nous sommes sexuellement actifs et nos parents continuent de l’ignorer. C’est pourquoi il est urgent d’instaurer une majorité sanitaire », plaide Laure Lontsi, chargée des programmes du Recaj+ (Réseau camerounais des adolescents et jeunes positifs). Elle a fait entendre la voix des jeunes lors du Café média organisé le 20 Août 2025 au siège de l’Onusida à Yaoundé. C’était à l’initiative de la Coordination Nationale -Cameroun du Réseau des Média Africain pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).  Cette organisation professionnelle des médias sous la conduite de son Coordonnateur pays, Prince Mpondo accompagne le RECAJ+ et l’Onusida dans la mise en œuvre des activités de communication médiatique des différents projets.

Une jeunesse fragile face aux défis de Santé

Les adolescents et les jeunes traversent une période de transformation physique et psychologique qui les rend particulièrement exposés. Leur immaturité et leur manque de repères en matière de Santé, notamment sexuelle et reproductive les placent dans une position de grande vulnérabilité.

La santé reproductive qui englobe la santé maternelle, la planification familiale, la fertilité, la prévention des infections sexuellement transmissibles et le bien -être des adolescents, est au cœur du droit à la santé. Elle est reconnue par des textes internationaux et régionaux que le Cameroun a ratifiés notamment le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

 Le VIH/SIDA : Un défi toujours présent

Malgré les progrès réalisés, le VIH/Sida reste une menace sanitaire majeure. En 2022, le Cameroun comptait près de 480.000 personnes vivant avec le virus, dont 9mille 905 nouveaux cas enregistrés la même année. Chez les adolescents de 15 à 19 ans, la prévalence se situe entre 2,5 et 3,8%.  Face à ce constat, le Gouvernement s’est engagé dans l’atteinte des objectifs de la stratégie 95-95-95 de l’Onusida et a mobilisé divers organes spécialisés comme le Comité National de Lutte contre le Sida ou la Direction de la Santé familiale. La société civile avec des associations RECAJ+, AFASO, ou encore ICWEA, joue également un rôle essentiel sur le terrain

Des obstacles persistants

Cependant, les jeunes continuent de rencontrer de nombreux freins à l’exercice effectif de leur droit à la santé. Des barrières juridiques, liées à l’absence d’une majorité sanitaire clairement définie.  Des contraintes économiques et financières, des pesanteurs socioculturelles et des tabous, une insuffisance d’infrastructures et services adaptés. Ces obstacles les maintiennent dans une situation d’impuissance face à des risques réels croissants.

Pour une reforme audacieuse

La mise en place de la majorité sanitaire apparait comme une réponse concrète et nécessaire. Elle permettrait d’offrir aux jeunes l’accès à des services de santé adaptés, une éducation complète à la sexualité et une meilleure protection face aux dangers qui les guettent. Adopter une majorité sanitaire, c’est responsabiliser les jeunes et leur donner les outils pour rester en bonne santé. C’est aussi renforcer la cohérence des politiques publiques et mobiliser davantage des ressources budgétaires dans un contexte où l’appui des bailleurs traditionnels tend à diminuer.

Une approche inclusive

La protection des droits sexuels et reproductifs des jeunes doit reposer sur une synergie entre l’Etat, les Collectivités locales, le secteur privé et la société civile. Il s’agit non seulement d’un enjeu sanitaire, mais aussi d’un investissement pour l’avenir. Car une jeunesse en bonne santé est une jeunesse capable d’assumer son rôle de fer de lance de la nation.

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