Accidents de la circulation routière : le Cnrph sensibilise sur les conséquences dévastatrices
La conférence organisée sur la question le 17 avril 2025 à la salle de conférence du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile Leger (Cnrph) a mobilisé plusieurs parties prenantes. Sous la houlette de la sous-direction de l’action sociale et la supervision du Directeur général du Centre, les représentants des Ministères des affaires sociales et des transports, les leaders des syndicats du secteur des transports routiers et les représentants des organisations de la société civile se sont fortement mobilisés aux côtés du personnel et des pensionnaires du Cnrph pour soutenir une cause qui concerne tout le monde, les accidents de la Circulation routière. Un problème dont les causes sont clairement identifiées.

Le représentant du Ministère des transports à la rencontre a souligné les comportements humains (70%), le mauvais état de l’infrastructure routière (20%), l’état des véhicules (10%). Les causes environnementales telles que le brouillard, les pluies, les chutes d’arbres sont elles aussi responsables de nombreux accidents de la route qui engendrent les pertes économiques et en vies humaines. Les victimes qui ont un peu de chance s’en tirent avec un handicap parfois irréversible. Car par exemple de Patrick Talom, consultant sur la thématique accident et handicap, et président de l’association Rayon du sourire. Sa présence et celle de tous les autres participants ont été appréciées par le Dr Alexandre Manga, Directeur Général du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile Leger. « Votre soutien témoigne d’une conscience collective grandissante, face à une réalité trop souvent ignorée ou banalisée ; il s’agit des conséquences dévastatrices des accidents de la route sur la vie et l’intégrité physique de nos concitoyens« , a-t-il déclaré dans son discours d’ouverture des échanges qui cadrent avec les missions du Cnrph et qui s’inspirent du contexte national qui appelle à l’action. Dr manga a en effet souligné que : « Dans une publication de Cameroon Tribune du 12 juin 2023, on peut lire que, (… D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, chaque année, environ 1,3 million de personnes perdent la vie dans un accident de la route. On recense en plus 20 à 50 millions de blessés, nombre d’entre eux gardant une invalidité à la suite de leurs blessures)« .
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Au plan national, le bilan des accidents de la circulation au cours du premier semestre de 2024 est très effrayant, à en croire le Ministre de l’Administration Territoriale (Minat), Paul Atanga Nji. Citant les différentes données obtenues de diverses unités de police et de gendarmerie, il a, au cours de la première conférence semestrielle des gouverneurs de région du 04 juillet 2024, affirmé que le Cameroun a enregistré 3 400 accidents de la route, ayant fait 256 morts et 254 blessés. « En effet, chaque année, un nombre incalculable de personnes est victime d’accidents de la route, laissant derrière elles des vies brisées, des familles endeuillées et, trop souvent, des handicaps permanents. Ces handicaps ne sont pas seulement des limitations physiques ; ils sont aussi des défis sociaux, économiques et psychologiques considérables pour les personnes concernées et leurs proches« , soutient le patron du Cnrph avant de poursuivre: » Faut-il le rappeler, par son Décret N°2019/145 du 20 Mars 2019, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA a réorganisé le Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées Cardinal Paul Emile LEGER, initialement Etablissement Public Administratif (EPA) en 2009, il en fait un Établissement Public à caractère Social. En lui reconnaissant un statut social, cet acte présidentiel a relevé l’importance de la dimension sociale de la réhabilitation des personnes handicapées, tout en rappelant la nécessité de la prévention sociale du handicap qui, aux termes de l’article 12 de la Loi N°2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées, l’entend des mesures de sécurité ayant pour objet d’éviter les accidents dans différents milieux ». L’article 15 de la même Loi invite à l’action pour des résultats tangibles en ces termes : « l’État et les collectivités territoriales décentralisées prennent toutes les mesures nécessaires pour prévenir les handicaps résultant des violences domestiques ; du fait des édifices publics ; de la pollution de l’environnement ; des catastrophes naturelles ; de la circulation ferroviaire, routière, aérienne et maritime ; des conflits armés ; des violences de toute autre nature ». Pour faire passer le message de prévention et réduire les conséquences des faits ci-dessus, la loi en son article 13 engage l’État et les collectivités territoriales décentralisées à organiser des campagnes d’information, d’éducation et de communication en vue de la prévention des maladies invalidantes.
En droite ligne de cette importante interpellation, « le CNRPH aligne son budget-programme sur la protection sociale des personnes handicapées qui constitue une priorité du Gouvernement et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’inclusion sociale prescrite par le Chef de l’État. Aussi l’inscription dans notre Plan de Travail Annuel de cette activité se justifie-t-elle, d’autant plus que de nombreuses victimes d’accidents de la route s’en sortent avec des handicaps permanents », a tenu à expliquer Alexandre Manga.

L’institution qu’il dirige est quotidiennement témoin des difficultés rencontrées par les personnes handicapées, dont un nombre significatif a vu leur vie basculer à la suite d’un accident de la route. « Nous voyons leur courage face à l’adversité, leur détermination à reconstruire leur vie ; mais nous sommes aussi profondément conscients du coût humain et sociétal de ces tragédies évitables », a-t-il ajouté pour interpeller la conscience collective en ces termes: « Parce que chaque vie compte, chaque handicap évité est une victoire pour l’individu, sa famille et la société dans son ensemble, et parce qu’il s’agit d’une question de responsabilité collective, nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette problématique. Oui, nous sommes tous concernés : autorités publiques, forces de l’ordre, professionnels de la santé, éducateurs, médias, organisations de la société civile, entreprises et chaque citoyen. Ensemble, nous pouvons faire la différence. La prise de conscience par tous des impératifs liés à la prévention routière permettra de prévenir ces handicaps consécutifs aux accidents de la route, qui impactent des vies à jamais« .

En droite ligne de cette interpellation, Patrick Talom, une victime de l’accident de circulation routière a partagé son expérience à travers un récit de vie qui a ému l’assistance : » C’est le 31 août 2005 à Bafang que j’ai été victime d’un accident qui m’a projeté dans un ravin. C’est un militaire qui m’a aidé à sortir de cet endroit et j’ai curieusement pardonné le chauffeur qui n’avait pas d’assurance en plus. J’ai été soutenu par les membres de ma famille qui ont payé les frais médicaux pour ma prise en charge qui nécessitait beaucoup de ressources »
Le Président de l’association Il a surtout édifié les participants sur les dix étapes de la reconstruction d’une personne après un traumatisme médullaire causé par un accident de la route. Il s’agit notamment de la phase du choc au moment où survient l’accident, suivie d’une incompréhension de la situation et la phase de déni après la stabilisation médicale. La réhabilitation physique correspondant à la phase de colère suivie par celle de la négociation. La dépression, l’acceptation et la reconstruction (redécouverte des capacités et incapacités) sont d’autres phases qui interviennent avant celle de l’élévation spirituelle.

Pour encourager le Cnrph, Patrick Talom a offert un important don en matériel dans lequel figuraient des poches à urine pour soulager les malades souffrant d’incontinence urinaire.
Le Pr Ngo Yamben du Cnrph a aussi entretenu l’assistance sur les traumatismes dus aux accidents de la circulation. Les échanges conduits par Louise Ndengue Conseiller technique n° 1 auprès du Directeur général du Cnrph se sont achevés par un appel à l’action.

D’autres rencontres de cette nature sont annoncées dans le cadre de l’action sociale du Centre à travers sa sous-direction ayant à sa tête Mme Makeng, l’une des chevilles ouvrières de l’activité du 17 avril 2025.
Prince Mpondo

























































































