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16 jours d’activisme : entre espoir d’avancées législatives et défis persistants au Cameroun

Yaoundé, Cameroun – Le lancement de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, axée sur la cyberviolence, suscite des réactions mêlées d’espoir quant à une prise de conscience accrue, mais aussi de frustration face aux défis structurels qui persistent dans la lutte contre ces abus au Cameroun.

Un thème salué, des actions concrètes attendues

Le choix du thème « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles » a été largement salué par les acteurs de la société civile et les partenaires des Nations Unies, qui y voient une reconnaissance d’une forme de violence en pleine expansion. Nadine Perault ; Représentante Residente de l’UNICEF au Cameroun, et  Représentante  à l’occasion ; du  représentant du système des Nations Unies, a souligné la nécessité urgente d’incriminer la violence numérique et de renforcer le soutien aux victimes, rappelant que la sécurité en ligne est un élément essentiel de l’égalité des sexes.

Les associations, à l’instar d’AGESPRO (Association Un geste pour mon prochain), ont immédiatement décliné des initiatives de terrain pour sensibiliser la population, dans des  marchés  et  lieux de culte, en passant par les réseaux sociaux. Ces actions de proximité sont jugées cruciales pour toucher directement les communautés et les leaders d’opinion.

Le défi de la mise en œuvre et du cadre légal

Malgré les annonces gouvernementales sur l’existence d’une stratégie nationale (2022-2026) et l’adoption de la loi sur la protection des données personnelles, des voix s’élèvent pour réclamer une volonté politique plus forte et des ressources suffisantes pour l’application effective de ces mesures.

Un point d’achoppement majeur demeure le projet de loi spécifique contre les violences à l’égard des femmes et des filles, qui est toujours en cours d’élaboration au niveau du ministère de la Justice. Les organisations de défense des droits humains appellent à un plaidoyer accru pour l’aboutissement de ce texte, essentiel pour combler les lacunes juridiques et offrir une meilleure protection aux victimes.

La question de la prise en charge des survivantes est également au cœur des préoccupations. Si la mise en place d’outils harmonisés de collecte de données est une avancée, il y a encore la nécessité de garantir un accès continu aux services essentiels pour les victimes.

En somme, la campagne 2025 est perçue comme un moment clé pour sensibiliser et mobiliser. Si le discours est porteur d’espoir, la société civile et les partenaires internationaux restent vigilants quant à la traduction concrète des engagements en actions efficaces et durables pour mettre fin à toutes les formes de violences, en ligne comme hors ligne.

Prince Mpondo

 

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